<< TOUS DES HOMMES SONT FAUX... | PERDICAN ET CAMILLE : LA DECLARATION | Mon Père m'a dit un jour... >>
Extrait de on ne badine pas avec l'amour.(encore mais enfin on apprend tellement de chose lorsque l'on lit cette pièce.. )
PERDICAN - Insensés que nous sommes! nous nous aimons. Quel songe avons-nous fait, Camille? Quelles vaines paroles, quelles misérables folies ont passé comme un vent funeste entre nous deux? Lequel de nous a voulu tromper l'autre? Hélas! cette vie est elle-même un si pénible rêve; pourquoi encore y mêler les nôtres? O mon Dieu, le bonheur est une perle si rare dans cet océan d'ici-bas! Tu nous l'avais donné, pêcheur celeste, tu l'avais tiré pour nous des profondeurs de l'abîme, cet inestimable joyau; et nous, comme des enfants gâtés que nous sommes, nous en avons fait un jouet; le vert sentier qui nous amenait l'un vers l'autre avait une pente si douce, il était entouré de buissons si fleuris, il se perdait dans un si tranquille horizon! Il a bien fallu que la vanité, le bavardage et la colère vinssent jeter leurs rochers informes sur cette route céleste, qui nous aurait conduit à toi dans un baiser! Il a bien fallu que nous nous fissions mal, car nous sommes des hommes. O insencés! nous nous aimons.
il l'a prend dans ses bras.
CAMILLE - Oui, nous nous aimons, Perdican; laisse-moi le sentir sur ton coeur; ce Dieu qui nous regarde ne s'en offensera pas; il veut bien que je t'aime; il y a quinze ans qu'il le sait.
remarques de camomille : ce style romantique peut en faire rire plus d'un, il peut aussi être l'occasion pour les plus mâlins de ne pas passer outre le discours qu'il faut toujours garder dans son contexte (époque blablabla) mais pour les plus lucides, courageux, curieux, vous n'avez pu faire autrement en lisant ces lignes que de voir à quel point ce sujet traverse le temps, ainsi malheureusement que les fautes commises à notre détriment à tous. Le constat peut être triste ou bien il peut s'avérer source de courage pour justement ne pas finir comme Camille et Perdican. Ainsi, Musset n'aura pas écrit ce chef d'oeuvre pour rien. Alors.. pour l'amour de Musset...
Publié par camomille à 18:14:42 dans C'est pas bête les livres... | Commentaires (2) | Permaliens
25-03-2007 16:09
De Perdicanette la Tapette Sujet:
Réflexions phylosophette Url: [Liens]
01-05-2006 22:23
De lili Sujet:
1 " Il en est de nos jugements comme de nos montres ; aucune ne dit comme l'autre, mais chacun se fie à la sienne. "
A. Pope
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