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Pandemonium Inc.

ou la fin programmée de la démocratie

Les Moais | 31 janvier 2005

Comment ont-elles été faites et par qui ?

Il y a environ 300 moais sur l'île de Pâques, mais ce chiffre peut varier considérablement en fonction des différentes études ( entre ceux à terre, ceux qui ne sont pas finis, les brisés et ceux qui sont enterrés ). En effet, bon nombre d'entre eux ont été mis à terre lors des multiples guerres tribales qui ont jalonné l'histoire mouvementée de cette petite île balayée par les vents et les flots. La matière première de ces gigantesques statues qui recouvrent l'île est avant tout le basalte qui provient du volcan Rano Raraku ( dont le cratère est aujourd'hui envahit par les joncs ).
Les flancs du volcans Rano Raraku

Les Moaïs bien qu'étant en basalte pour l'essentiel, on peut noter que leurs yeux étaient fais d'os ( de requins ou parfois d'autres vertébrés ), et les pupilles étaient faites par une incrustation de corail ou d'obsidienne. Ils étaient taillés à l'aide de hache «Toki», des haches grossièrement taillées et polies dans du basalte ou en éclats d'obsidienne. Leur taille se situe en général entre 4 et 8 mètres, certaines allant jusqu'à une dizaine ( notamment une située sur la côte Nord de l'Ahu Te Pito Te Kura ). Ils portaient tous leur de leur édification un Pu Kao ( la coiffe qu'ils portent au sommet de leur tête ), on peut traduire cela par le terme «chignon». Il pèse en général 1,5 tonnes. Cette coiffe n'était pas taillée dans le même volcan, c'est une pierre rouge provenant de la face ouest de l'Ile ( ils étaient taillés sur place puis transportés. Elle a la forme d'un chapeau cylindique terminé par un bouton.

2 Explications sur leurs transports et sur leur instalation.

Le transport là aussi de ces statues de leur lieu de fabrication ( le volcan ) jusqu'à leur destination finale ( parfois à plus de 20 kilomètres du volcan ), reste un mystère.Elles étaient presque toutes amenées au bord de la mer et des falaises.Il faut savoir que les Moaïs devaient être emmener sur des Ahu. Les Ahu étaient des monument de pierre qui leur servaient de support, il s'agissait surement à la base d'autel. Le plus vieil Ahu est daté de 857 après J.C ( mais plus ou moins 200 ans ). Ce sont des édifices religieux proches des Maraes polynésiens. Ils sont construits de blocs de pierres ordonnés et ajustés sans mortier. Le plus long de l'île de Pâques celui de Tongariki mesure 145 mètres de long pour 4 mètres de haut. Mais cela pose la question d'une influence Sud-américaine car l'ingéniosité de la mise en place des blocs est plus développée que celle des techniques habituelles des autres îles du Pacifique.
Il existe évidemment plusieurs hypothèses que je vais essayer d'expliquer de la façon la plus objective possible. A l'intérieur du cratère du Rano Raraku on a trouvé en fouillant un système primitif de poulies qui a pu permettre de lever les statues. Il existe évidemment quelques théories parallèles.


3 Quelle(s) était(ent) leur(s)fonction(s) ?

La ou les fonctions comme tout ce qui touche aux Moaïs reste(nt) mystèrieuse(s). --Certains y voient des fonctions religieuses : des statues dressées en l'honneur de dieux, idoles gigantesques dédiées à la prière et à l'adoration. --Ces statues étaient peut-être là dans le but de protéger ces habitants ( des guerres, d'étrangers, d'esprits malfaisants, du climat? toutes les hypothèses qui iraient dans le sens de la protection sont possibles ). Seraient ils là pour veiller sur l'île. Ou bien seraient ce des monuments dressés en l'honneur des morts. Ce qui est important de savoir à leur sujet, c'est qu'ils sont tous tournés vers l'intérieur de l'île ( le dos face à la mer ). Il existe une exception, c'est le Ahu Akivi, c'est un alignement de 7 Moaïs qui regardent en direction de la mer. Sinon leur regard se dirige toujours vers le ciel, on les surnomme régulièrement par «ceux qui regardent les étoiles». Ce qui à posé bon nombres de questions, c'est aussi leur physique. Ils n'ont pas de caractéristiques physiques des Polynésiens. Ils ont des nez aquilins, des lèvres fines, des fronts hauts et de la barbe. C'est pour cela que beaucoup pense que l'île à subit deux vagues de migrations ( l'une venant de polynésie et l'autre d'Amérique du Sud probablement du Pérou ).


4 Que leur est il arrivé au cours des siècles ?

Depuis leurs créations, les moais ont subis des dommages ou des modifications. En effet, après la plus violente des guerres tribales ( celles où les «courtes oreilles» ou anéanties les «longues oreilles» ), la plupart des statues ont été abattues, mais pas forcément tout de suite. En effet, au fur et à mesure des premières explorations de l'île ( celles du XIX eme siècle ), les européens se sont aperçus qu'il y avait de moins en moins de moaïs debout. Il est probable que puisque c'étaient les Longues Oreilles qui faisaient sculpter les statues, les nouveaux patrons de l'île se soient désintéressés des statues. Ils ont perdus leur yeux ( les os qui servaient a cet effet ) ont subis les dommages du temps. Bon nombre ont aussi perdu leur Pu Kao ( la coiffe qu'ils portent au sommet de leur tête ), on peut traduire cela par le terme «chignon». Aujourd'hui encore, il reste des dizaines de statues dans la carrière qui n'ont pas été achevé ( jusqu'à 300 selon certaines estimations ) .On en trouve à tous les stades de la construction : à peine démarrées, bien entamées et même certaines quasiment prête à partir. Notamment le plus grand de tous qui n'a jamais été achevé : il mesure plus de 24 mètres, elle aurait pesé entre 135 et 150 tonnes. Ces statues non finies attestent d'un arrêt soudain de leur fabrication ( lié sans aucun doute au massacre des «Longues Oreilles» ).

Publié par thefoxazel à 10:33:47 dans L'île de Pâques ou Rapa Nui | Commentaires (0) |

Complément d'enquête sur les Moaïs | 31 janvier 2005

Différentes hypothèses sur le Transport des Moaïs (les statues géantes de l'Ile) :


--Les habitants de l'île, quand sont arrivés les européens, ont affirmé que les statues avaient été transportées par le dieu Maké-Maké. Les indigènes sculptaient et le Dieu les transportait. Les moaïs prenaient alors vie et se déplaçait seuls.

--On affirme aussi que les statues ont été transportées à l'aide de rondins de bois. Ils étaient roulés sur les rondins du volcan à leur lieu d'érection. ( cette technique laborieuse est une des plus probable, de plus elle pourrait expliquer que les forets qui couvraient l'île avant l'arrivée des habitants ait disparue ).

--Une théorie similaire, propose que les statues au lieu d'être transportées sur des rondins étaient transportées sur de petites pierres ( mais cette manoeuvre semble encore plus laborieuse )

--Il existe évidemment pour les plus crédules, la théorie extra-terrestre. En effet, certaines personnes affirment que se sont des civlisations extra-terrestres qui ont donner un coup de main aux habitants de l'île. Il va de soit que pour les amateurs de cette théorie, les Moaïs sont à l'image de ces visiteurs éloignés. Etrangement on trouve la même chose chez les aztèques... une intervention d'hommes -ou autre chose- à la technologie très avancée.

 ( il est inutile de dire que cette théorie n'a aucun crédit dans le milieu scientifique ).

Publié par thefoxazel à 10:18:15 dans L'île de Pâques ou Rapa Nui | Commentaires (0) |

Les mystères de l'Ile de Pâques | 31 janvier 2005

L'île de Pâques ou Rapa Nui est une île isolée du pacifique à l'ouest du Chili, pays dont elle fait partie. Elle couvre 162,5 km² et compte 2000 habitants en 2004.

L’Ile de Pâques, elle-même aride et pauvre en végétation, se situe au cœur d’un « désert biologique » océanique. Les images fournies par les satellites qui mesurent la concentration de chlorophylle des océans ont révélé qu’une zone située en plein Pacifique Sud, autour de la fameuse île aux statues de pierre, recelait la plus faible teneur en chlorophylle de la planète.

Qui dit chlorophylle dit phytoplancton. C’est en se basant sur cette relation que des cartes de la richesse des océans ont pu être déduites de la ‘’couleur’’ enregistrée par les satellites comme SeaWiFS et MODIS pour la NASA, MERIS pour l’ESA et le CNES.

Histoire

Cette île formant la limite est de l'Océanie, est célèbre pour les vestiges mégalithiques des premières civilisations pascuannes. Le patrimoine archéologique comprend près de 300 autels de pierres taillées en terrasses - les ahû - et environ 500 statues de pierres - les moai - d'environ 4,50 m de haut. Certaines sont encore à l'état d'ébauches dans leurs carrières. La carrière principale, celle de Rano Raraku, sur les flancs et dans le cratère d'un volcan permet de voir un très grand nombre de moai. Certains sont terminés et dressés au pied de la pente, d'autres encore dans différents états, de l'ébauche à la quasi-finalisation.

En dehors de ce patrimoine spectaculaire, les premières civilisations pascuanes ont laissé des tablettes et des sculptures en bois, des pétroglyphes dont la signification n'est pas encore déchiffrée. L'origine des différentes vagues de peuplement est encore controversée (polynésien ou sud-américain).

On pense que l'île a été découverte initialement par des polynésiens (le Roi Hotu Matua) autour des années 400 après J.C.. Les Polynésiens, sur des catamarans, seraient partis des îles Marquises pour échapper à des guerres ou une catastrophe naturelle. Les premiers moai ressemblent beaucoup aux tiki que l'on peut voir dans les îles de Polynésie (Hiva Hoa des Marquises, Tahiti, ...).

L'île de Pâques est surtout connue pour les fameux mystères qui entourent la fabrication, mais surtout le transport et l'élévation des moai (transport d'un bloc de basalte de 2,5 à 9 m de haut sur parfois près de 20 kilomètres). Ce que l'on sait moins c'est que les premiers découvreurs trouvèrent sur l'île des plaquettes de bois couvertes de signes (les plaquettes Rongo-Rongo) qui restent toujours à ce jour indéchiffrables. Ces plaquettes s'ajoutent au mystère de l'île de Pâques car elles sont uniques en Polynésie (la culture polynésienne n'utilisant pas d'écriture).

Ces premiers peuples avaient réussi à construire, à partir de ressources très limitées, une société technologiquement avancée. Ils avaient dressé des centaines de statues mais en utilisant les importantes ressources en arbres dont ils disposaient. Dès l'an 1600, l'île avait perdu la majeure partie de sa végétation et ses habitants plongèrent peu à peu dans le cannibalisme et l'esclavage.

Elle fut découverte par le navigateur néerlandais Jacob Roggeveen le jour de Pâques, le 5 avril 1722, et comptait alors près de 4000 habitants. Elle fut annexée par l'Espagne en 1770 et devint possession chilienne en 1888.

Depuis peu, le patrimoine exceptionnel de l'île est protégé. Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillées, enserrent les zones des vestiges.

La communauté Rapa Nui veille jalousement sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

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En dehors de ce patrimoine spectaculaire, les premières civilisations pascuanes ont laissé des tablettes et des sculptures en bois, des pétroglyphes dont la signification n'est pas encore déchiffrée. L'origine des différentes vagues de peuplement est encore controversée (polynésien ou sud-américain).

On pense que l'île a été découverte initialement par des polynésiens (le Roi Hotu Matua) autour des années 400 après J.C.. Les Polynésiens, sur des catamarans, seraient partis des îles Marquises pour échapper à des guerres ou une catastrophe naturelle. Les premiers moai ressemblent beaucoup aux tiki que l'on peut voir dans les îles de Polynésie (Hiva Hoa des Marquises, Tahiti, ...).

L'île de Pâques est surtout connue pour les fameux mystères qui entourent la fabrication, mais surtout le transport et l'élévation des moai (transport d'un bloc de basalte de 2,5 à 9 m de haut sur parfois près de 20 kilomètres). Ce que l'on sait moins c'est que les premiers découvreurs trouvèrent sur l'île des plaquettes de bois couvertes de signes (les plaquettes Rongo-Rongo) qui restent toujours à ce jour indéchiffrables. Ces plaquettes s'ajoutent au mystère de l'île de Pâques car elles sont uniques en Polynésie (la culture polynésienne n'utilisant pas d'écriture).

Ces premiers peuples avaient réussi à construire, à partir de ressources très limitées, une société technologiquement avancée. Ils avaient dressé des centaines de statues mais en utilisant les importantes ressources en arbres dont ils disposaient. Dès l'an 1600, l'île avait perdu la majeure partie de sa végétation et ses habitants plongèrent peu à peu dans le cannibalisme et l'esclavage.

Elle fut découverte par le navigateur néerlandais Jacob Roggeveen le jour de Pâques, le 5 avril 1722, et comptait alors près de 4000 habitants. Elle fut annexée par l'Espagne en 1770 et devint possession chilienne en 1888.

Depuis peu, le patrimoine exceptionnel de l'île est protégé. Des parcs ou réserves naturelles, parfois surveillées, enserrent les zones des vestiges.

La communauté Rapa Nui veille jalousement sur les traces de son histoire et constitue un pouvoir parallèle au gouvernement officiel chilien.

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Depuis peu, le

Publié par thefoxazel à 10:13:50 dans L'île de Pâques ou Rapa Nui | Commentaires (0) |

Arrogance française et bonnet d'âne | 23 janvier 2005

Madame Hélène CARRÈRE D’ENCAUSSE secrétaire perpétuelle à l' Académie française déclarait cette semaine à l'antenne de BFM à propos de l'anglais international  "anglais des hôtels" d'après ses parents : "c'est tellement commode de prendre une langue simplette comme langue commune"

Les anglophones apprécieront ces propos méprisants à l'encontre de leur langue.

Pas étonnant qu'on soit le bonnet d'âne de l'Europe en matière d'apprentissage de l'anglais et des langues en général en France.

Elle a ajouté : "Je parle admirablement russe" on est content pour elle.

Publié par thefoxazel à 21:18:06 dans Pandemonium Inc. | Commentaires (1) |

Ces Noirs Déportés et Exterminés par les Nazis - Amnésie et Négation | 23 janvier 2005

A cette aune le passif du nazisme a fait et continu de faire l’objet d’une activité collective intense de lutte contre l’oubli, de réhabilitation des victimes, de réparations. Mais toutes les victimes, noires y compris, sont-elles traitées avec les mêmes égards, ne perçoit-on pas dans les entrelacs d’une reconnaissance sélective la négation se nicher au cœur même des nobles velléités rédemptrices de l’humain ?

L’Allemagne hitlérienne a fait la démonstration à grande échelle du délire collectif auquel mène la croyance dans la supériorité raciale, son institutionnalisation dans un appareil d’Etat mû par elle et déterminé à appliquer une utopie eugéniste à la gestion de la cité. Particularité de cette barbarie, elle a ravagé tout en les distinguant les races, blanche et noire classifiées en dessous de l’étalon aryen dont l’Allemand était le plus parfait représentant. A la différence notable de la Traite négrière, déportationniste, concentrationnaire, plus longue et plus meurtrière, aux effets de long terme destructeurs et déstructurants affectant la constitution psychique des individus et les structures mentales et matérielles des sociétés Africaines, Américaines et Caribéennes, mais qui par sacro-sainte biblique définition ne violenta et ne violentera que les Noirs. Les déportations et exterminations nazies ont ainsi frappé les Tsiganes, les Juifs, et…les Noirs, Africains et Antillais. Pourtant dans l’évocation contemporaine du nazisme sur les territoires reconnus du labour de la mémoire universelle, dans les manuels scolaires, la grande masse des travaux de recherches, les Noirs sont étrangement absents, nulle part mentionnés, cités comme tels, afin que les humains comprennent l’essence même de la folie de la classification en inférieur-supérieur des races, de toutes les races.

Or tout se passe comme si, la hiérarchisation des races qui pourtant a fait tant de victimes, tant de dommages et qui continue de hanter les relations internationales, les luttes pour la terre, la peur de la domination et l’anticipation de la violence par la même violence amplifiée, cette hiérarchisation raciale est appliquée scrupuleusement dans la reconnaissance-méconnaissance des crimes du nazisme, des crimes contre l’humanité. Les peuples noirs de peau depuis longtemps niés à l’humanité eurocentrique le sont aussi dans l’épreuve historique qui en a fait des victimes incomparables des barbaries négrières, coloniales, et singulièrement hitlérienne.

Il n’y a pas meilleur façon de donner raison au Führer du IIIème Reich…que de nier, adoucir, passer sous silence, omettre les violences, tortures, déportations, exterminations nazies contre les non aryens, parmi lesquels les Noirs, parents pauvres de la mémoire collective dite universelle.

Les témoignages ne manquent pourtant pas, de première main, les rescapés du nazisme, Africains, Antillais ont depuis longtemps instruit les historiens sur le sort fait aux Noirs par l’Allemagne hitlérienne.

En effet les milliers de populations noires de peau qui se sont retrouvées cernées par le nazisme dans les années 30 du 20ème siècle occidental provenaient de deux foyers principaux : les populations immigrées en provenance des possessions coloniales allemandes et qui vivaient légalement en Allemagne, et la progéniture allemande des soldats de l’armée coloniale française -soldats abusivement appelés tirailleurs sénégalais- qui avaient occupé la Rhénanie conformément aux dispositions du Traité de Versailles. A côte de cette population noire native ou immigrée qui se trouvait en Allemagne quand le pouvoir nazi s’y instaura, d’autres Noirs furent déportés dans les camps de concentration, capturés parmi les troupes combattantes alliées ou raflés, arrêtés autoritairement dans les territoires conquis par l’Allemagne à l’exemple de la France, et envoyés dans les camps de la mort.

Des Congolais, Equato-guinéens, Camerounais, Ivoiriens, Haïtiens se retrouvèrent dans l’horreur concentrationnaire de Neuengamme, de Ravensbrück, de Dora, de Dachau avec des histoires personnelles diverses et quelques fois extraordinaires, la barbarie et la souffrance humaines étant leur lourd lot commun.

Erika NGando, était une jeune Camerounaise de 35 ans lorsqu’elle fut déportée à Ravensbruck. Elle souffrait énormément du froid, des humiliations, de l’extrême pénibilité des travaux, des conditions d’entassement dans lesquelles les nazis avaient jeté les détenues. Sous-alimentées, surexploitées, sans chauffage, c’était le rêche quotidien des détenues, tel qu’en témoigne Renée Haute cœur qui partagea quelques mois de la captivité de Ngando et qui fut marquée par une femme traumatisée, fragilisée, écrasée.

Husen, lui était ressortissant de la possession allemande du Tanganyika, soldat émérite qui s’était installé à Berlin où il avait fondé une famille, eu l’honneur d’une décoration et y exerçait la profession de lecteur en Swahili. Lorsque les lois de Nuremberg interdisant les mariages mixtes au nom de la préservation de la pureté aryenne furent promulguées, il crut bon de déclarer la naissance de son fils issu d’une relation avec une allemande. La sanction tomba imparable. Il fut arrêté, jugé, puis déporté au camp d’Oranienburg-Sachsenhausen, ouvert dès 1933 d’où jamais il ne revint.

Il faut savoir que les enfants afro-allemands, en grande partie fruits des relations entre soldats africains des troupes coloniales occupant la Rhénanie et femmes allemandes autochtones, subirent un programme de stérilisation de masse pour éviter que leur sang ne se mêla à celui des pures aryennes… La propagande du moment chauffée au puritanisme racial parlait des Bâtards de Rhénanie comme d’une véritable ignominie, une déchéance collective…

Les cas de Carlos Grevkey, originaire de Fernando Po est assez original. Son parcours jusqu’à sa déportation à Mauthausen est difficile retracer, on sait qu’il vécu à Barcelone, et qu’au moment de la guerre d’Espagne, sa famille quitta la Catalogne pour se réfugier en France, comme nombre de républicains espagnols. Aux dires des survivants espagnols, l’officier SS commandant le camp l’employait comme groom. Cet état de grâce [?] prit pourtant fin et Carlos connut les traitements inhumains équivalents à ceux des autres déportés espagnols dont la solidarité lui permit de survivre tant bien que mal.

Plutôt rocambolesque est l’histoire de Jean Nicolas déporté Haïtien qui rendit l’âme à peine passées les portes de la libération, alors qu’il avait survécut à l’horreur des camps mais trop affaiblit, malade, mourant. Résidant en Martinique et employé à l’hôpital de Fort-de-France, il fut déporté dans les camps de la mort, à Buchenwald, puis à Dora-Mittelbau. Il dût sa survie à son imagination débordante et à ses innombrables subterfuges, se présentant d’abord comme John Nicols, aviateur américain, puis usant plus tard de ces aptitudes dans l’apprentissage des langues, il se familiarisa à l’allemand, au russe et au polonais, et fut affecté à l’infirmerie pour y servir à la fois d’interprète et d’assistant, fort de quelques connaissances médicales en sus ! Il parvint ainsi à sauver la vie de plusieurs déportés. Mais la méfiance des Allemands l’emporta et, suspecté d’espionnage, il termina dans les camps, y côtoyant le commun des déportés et détenus, sa santé déclina alors et il s’éteint à Paris après la libération, le 04 septembre 1945 terrassé par une tuberculose.

Sans prétendre à l’exhaustivité, les témoignages relatifs au déporté congolais John Vosté, au Sénégalais Dominique Mendy ou à l’Allemand Théodore Michaël, noir de peau mais habitant de Berlin depuis la lointaine installation de sa famille originaire du Tanganyika sont tous aussi instructifs les uns que les autres, un cas emblématique est celui du chanteur ivoiro-français John William.

Fils d’une Ivoirienne de Grand-Bassam et d’un Français, il passa son adolescence en France et en Avril 1944, accusé de sabotage dans l’usine de Montluçon où il était ouvrier, il fut déporté au camp de Neuengamme, près de Hambourg. Agé de 22 ans, employé comme mécanicien de précision, la couleur de sa peau devint vite une attraction pour ses geôliers -les Allemands ne se lassaient pas de la toucher pour s’assurer qu’elle ne déteignait pas-, mais c’est surtout l’aisance et la technicité d’un Noir par définition de race inférieur qui plongeait les surveillants dans la perplexité. C’est à sa grande foi religieuse et à la solidarité de ses co-détenus qu’il dut sa survie et sa résistance à l’innommable négation humaine.

Ces histoires personnelles sont partie intégrante du crime contre l’humanité perpétré par le régime hitlérien. La mémoire collective occidentale mais aussi africaine et mondiale a complètement occulté ce pan de la barbarie négrophobe, malgré une existence attestée en faits, témoignages, écrits. Tout se passe comme s’il devait exister une discrimination négative au sein de la communauté des victimes du nazisme et des barbaries humaines. A moins qu’ils en soient des victimes comme de leurs descendants, présences non visibles, histoire révisée, humanité méconnue, crimes niés !

Publié par thefoxazel à 20:53:12 dans Le peuple Afro-Américain | Commentaires (1) |

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