Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

Pandemonium Inc.

ou la fin programmée de la démocratie

Lettre à Mr Finkelcrotte | 01 avril 2005


A l'attention de M. Finkielkraut,


J'ai écouté récemment vos propos
infamants au sujet des antillais sur radio RCJ, où vous souteniez sans
rire que les antillais étaient des assistés. Et que s'agissant du
spectacle de Dieudonné à l'atrium de Fort de France,
vous décriviez des foules d'antillais surexcités sous influence du
maléfique gourou-sorcier Mbala.


Je vous inciterai M. Finkielkraut à
manifester plus de respect pour cette Communauté sans laquelle la
France ne serait pas. En effet vos préjugés ou votre mauvaise foi vous
ont fait faire l'économie de l'histoire de cette
communauté qui durant quatre siècles a fourni par le sang, les chaînes
et la mort, les ressources qui firent de la France une grande nation
industrielle.


Je vous inciterai également à vous
rappeler que lorsque la République agonisait sous les bottes de
Napoléon, c'est sabre au clair que les officiers noirs de Guadeloupe
défendaient les principes mêmes de la république contre le despotisme
Bonapartiste.


Je vous inciterai donc à avoir du
respect pour ces jeunes hommes des Antilles-guyane qui donnèrent leur
sang par milliers dans les tranchées froides et boueuses de la première
guerre mondiale si ce n'est pour un idéal, celui de la république !!!


La deuxième guerre mondiale fut
également l'illustration de la bravoure de ces hommes des Antilles que
vous osez par bêtise et/ou par ignorance qualifier d'assistés...En
effet lorsque qu'un bonne partie de la France pactisa avec l'Allemagne
après la défaite française de 39, allant dans leurs excès de zèle pro
germanique, jusqu'à dénoncer leurs voisins juifs ou résistants....Ces
mêmes antillais que vous qualifiez aujourd'hui d'assistés, prenaient
des risques insensées pour quitter leurs îles des caraïbes afin de
rejoindre l'Angleterre via St Lucie ou la Dominique ceci afin de
s'engager au sein des forces françaises libres stationnées en Grande
Bretagne... afin de combattre la barbarie Nazie...


Rappelez vous également
M. Finkielkraut, l'imprécateur anti-antillais, que c'est également un
Guyanais, Felix Eboué qui répondit le 1er à l'appel du 18 juin de De
Gaulle, alors que l'essentiel de la France était bien loin de l'esprit
de résistance...


Je pense que pour toutes ces raisons,
M. Finkielkraut, vous devriez manifestement avoir un peu plus de
décence avant de vous en prendre de manière gratuite aux Antillais,
taxés d'assistés pour cause de salle comble
aux spectacles de Dieudonné....


Comme je vous l'ai déjà dit les
Antillais se sont battus tout au long de leur histoire pour que la
République soit un espace de respect et de tolérance, où l'esclavage
n'aurait plus droit, ou le racisme n'aurait plus droit, ou les
persécutions contre les minorités (dont la vôtre) n'aurait plus
droit...Donc M. Finkielkraut si vous êtes à
court d'arguments contre M. Mbala, de grâce, fermez-la, plutôt que de
nous assommer de votre suffisance boursouflée...


Républicainement.


E. Cabira


Publié par thefoxazel à 19:19:43 dans Le peuple Afro-Américain | Commentaires (25) |

Alain Finkielkraut : les antillais vivent de l’assistance de la France | 01 avril 2005

L'enjeu
essentiel dans l'affaire Dieudonné est de ne pas être manichéen : tout
n'est pas tout blanc ou tout noir. N'est pas antisémite celui qui ne
défend pas la cause juive.


Le philosophe a violemment réagi au fait que la
population martiniquaise avait soutenu Dieudonné après l'agression par
trois hommes juifs dont il avait été victime.


Est-ce pour autant un crime de soutenir un artiste
frappé pour ses idées ? Je ne pense pas. Je reste persuadé que sans ce
passage à tabac, il n'y aurait jamais eu un tel tolé médiatique et une
telle mobilisation autour du comique. A qui la faute ? Aux trois
personnes inculpées pour coups et blessures.


Mais le cœur du débat et ce qui nous interpelle est qu'Alain Finkielkraut ait déclaré que "le peuple antillais, victime de l'esclavage, vivait de l'assistance de la Métropole".


Eh bien oui, les Antilles vivent à coup de subventions
européennes et nationales. C'est tout à fait vrai et il n'y a aucune
révélation lumineuse dans les déclarations du philosophe, qui s'est
déjà montré bien plus inspiré que cela dans le passé. Là, il a fait une
"Dieudonné" en mélangeant tout et n'importe quoi.


Mais cette relation d'assistanat qu'entretient la mère
Métropole avec ses enfants adoptifs des Antilles suppose une volonté
ferme des pouvoirs publics de maintenir le peuple antillais sous
perfusion.


Je m'explique : n'est-ce pas intéressant pour la
production nationale d'avoir à disposition une population qui importe
plus qu'elle n'exporte ?


Les Antilles, premiers départements importateurs de
champagne : à qui cela profite-t-il ? A qui profite l'immensité de
notre parc automobile ?


Assistés oui, mais nous n'avons certainement pas
enfoncé la perfusion nous-même dans nos chairs. Avec les Antilles, les
pouvoirs publics se donnent bonne conscience en adoptant une attitude
qu'ils ne peuvent pas appliquer aux territoires africains qui ont, eux,
été réellement spoliés de leurs richesses naturelles et humaines. La
France est, et demeurera, un pays d'histoire colonialiste. Sinon
croyez-vous que nous ne serions pas déjà abandonnés à notre sort comme
le peuple haïtien, si nous ne présentions pas un intérêt politique et
économique.


Les Antilles françaises sont une fenêtre ouverte sur le continent américain dont la France ne souhaite aucunement se priver.


Cette politique d'assistanat dans laquelle s'enfoncent
inexorablement les Antilles bloque tout développement économique, et
freine par-là même toute velléité politique d'indépendance ou même
d'autonomie.


Peut-être que la consultation du 7 décembre 2003 devait
aider à vaincre ce blocage de développement mais la manière dont le
projet de réforme fut présenté à la population guadeloupéenne et
martiniquaise ne laissait présager qu'une réforme imposée par le
Gouvernement sans avis des autorités locales. Une réponse négative
empêche de donner suite à la réforme mais une réponse positive déliait
les mains du Gouvernement et du Parlement afin de décider seuls de la
suite du processus d'évolution. 


Pour en revenir aux inepties du philosophe qui, en
somme, reprochent aux Antillais d'être allés voir le spectacle de
Dieudonné avec des deniers de la République, je souhaiterai lui
demander si nous ne payons pas les mêmes impôts que le reste de la
population française ?


Vous vous êtes trompés de cible, M. Finkielkraut, nous,
Antillais nous savons assistés, et l'éveil culturel que nous sommes en
train de vivre marque irrémédiablement la fin d'une époque, et par
conséquent le début d'une ère nouvelle que nous souhaitons prospère
politiquement et économiquement.


Publié par thefoxazel à 19:08:38 dans Le peuple Afro-Américain | Commentaires (0) |

Pas facile d'être noir ou métis à Cuba | 01 avril 2005




À Cuba, les difficultés économiques ravivent les vieux démons du
racisme. Les Noirs et les métis, majoritaires dans l'île, constatent
amèrement que les inégalités sociales recoupent les clivages raciaux.



Dans une ruelle située près du Malecón, la fameuse avenue qui longe le
front de mer à La Havane, un policier interpelle un jeune Afro-Cubain
et exige de voir ses papiers d'identité. Sa faute ? Il se balade avec
deux Européennes de passage dans l'île. «Ce n'est qu'après un long
interrogatoire où nous avons dû lui prouver que nous étions simplement
en train de nous promener entre amis qu'il l'a laissé en paix», raconte
une des jeunes touristes.



Cette scène, devenue quotidienne dans la capitale, n'étonne plus les
Cubains depuis belle lurette. Tous savent que les Noirs -- hommes ou
femmes -- sont systématiquement suspects aux yeux des policiers,
surtout s'ils accompagnent des étrangers. «Lorsqu'une Cubaine parle
avec un étranger dans les lieux touristiques, la police la soupçonne
tout de suite de prostitution, à plus forte raison s'il s'agit d'une
Noire», explique Katerin Hasing, une Sud-Africaine spécialiste des
questions raciales, qui croyait, avant d'y vivre, que «le racisme
n'existait plus à Cuba».



Le pays s'est en effet longtemps targué d'être plus égalitaire que
l'ensemble des sociétés latino-américaines. Les pauvres -- dont
beaucoup des quelque sept millions de Noirs et de métis qui constituent
près des deux tiers de la population -- avaient accès à l'éducation et
aux services de santé, dont profitaient avant la révolution surtout les
classes moyennes, composées majoritairement de Blancs d'ascendance
européenne. Mais la fin abrupte de l'aide soviétique a cassé net le
rêve égalitariste. Aujourd'hui, force est de constater que les
inégalités sociales recoupent en bonne partie les clivages raciaux.







Les dollars pour les Blancs









Une simple balade dans les lieux touristiques, l'un des rares secteurs
de l'économie où les Cubains peuvent espérer gagner un salaire décent
depuis que l'État les autorise à posséder des dollars, suffit pour s'en
convaincre. Dans les stations balnéaires fréquentées par les étrangers,
le personnel est composé presque exclusivement de Blancs. Or qui dit
proximité avec des touristes dit nécessairement dollars. Les Cubains de
Miami, surtout ceux d'ascendance européenne, envoient régulièrement des
dollars aux membres de leur famille restés sur l'île. «Le reste des
Cubains, dont la plupart sont des Noirs ou des métis à la peau très
foncée, doit trouver d'autres moyens de subsistance, explique Katerin
Hasing. Parfois, leur seule option est le marché noir ou la
prostitution.» Certains ne s'en privent pas : 80 % des détenus qui
croupissent dans les geôles de l'État sont des Noirs qui ont vendu de
la marijuana, des cigares ou des CD de contrebande...







La Havane témoigne du fossé qui subsiste entre descendants d'Africains
et descendants d'Européens. Les quartiers pauvres, comme Habana Vieja
(Vieille Ville) et Centro Habana, sont ainsi peuplés quasi
exclusivement de personnes à la peau très foncée. Décrépits et sans eau
courante, leurs immeubles risquent à tout moment de s'écrouler; dans
certains secteurs, des baraques grouillant d'enfants aux cheveux crépus
donnent même à la capitale des airs de bidonville. Sur tout le
territoire national, 90 % des Afro-Cubains habitent des immeubles
délabrés ou des cahutes improvisées, qu'ignorent les occupants des
somptueuses villas de Cubanacan, où vivent la plupart des étrangers, ou
de Reparto Playa, principalement habité par les membres du Parti.



Clichés racistes



Touchés de plein fouet par la crise économique, les Noirs sont la cible
de remarques acerbes : «En ce moment, les Cubains sont très frustrés,
constate Katerin Hasing. On commence à entendre des remarques très
racistes que les gens gardaient auparavant pour eux. C'est troublant.»
Les ombres du passé esclavagiste resurgissent, souvent de manière
subtile. Les héros de la révolution, dont les visages romantiques
ornent les énormes panneaux de propagande, sont tous des descendants
d'Espagnols bon teint. Même la télé ignore les descendants d'Africains
: dans les feuilletons télévisés, les acteurs sont presque tous blancs
ou métis à la peau très claire.



La langue populaire véhicule les préjugés ambiants. Pelo malo,
littéralement «mauvais cheveux», qualifie les cheveux crépus alors que
pelo bueno, «bons cheveux», décrit ceux du Blanc. La journaliste Maria
Eliana sait ce que cachent ces expressions. À l'université, elle a
consacré de longues heures, comme ses rares camarades noires, à lisser
ses cheveux crépus. Jusqu'à ce qu'elle se lasse et décide de les
laisser au naturel. «J'ai vu tout de suite la réaction des gens,
dit-elle. Ils me trouvaient laide. À l'école Lénine -- la plus
prestigieuse de Cuba, où la plupart des élèves sont blancs --, les
professeurs nous disaient qu'il était bien d'épouser un Blanc afin
d'embellir les traits de la famille. Je n'avais que 12 ans et j'étais
convaincue que les Blancs étaient plus intelligents que les Noirs. Plus
tard, j'ai compris qu'ils avaient de meilleurs résultats parce qu'ils
venaient de familles plus instruites.»



En mettant l'accent sur le problème social, la révolution a laissé
l'épineux problème racial sous le tapis. «Le communisme a gardé le
silence sur la question, constate l'anthropologue métis Rafael Robaina.
On a cru qu'en disant qu'on était tous égaux et en offrant les mêmes
chances à tous, le racisme n'existerait plus. La société cubaine
demeure raciste. On ne peut effacer l'histoire du jour au lendemain.»

Par A.S.I.

Publié par thefoxazel à 19:03:08 dans Gouvernement mondial occulte et réseaux du pouvoir : La théorie du complot | Commentaires (3) |