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Pandemonium Inc.

ou la fin programmée de la démocratie

Lettre ouverte de Claude Ribbe à Madame Christiane Taubira | 05 mars 2005



Madame la députée,



Comme vous devez le savoir, Monsieur Michel Barnier, minstre des
Affaires étrangères de la France et membre d'honneur de l'association
catholique "Fraternité universelle", a décidé d'organiser en Guyane,
les 18 et 19 mars prochains, une conférence internationale sur Haïti.
Cette conférence vise à légitimer le gouvernement de facto
désigné par la France et les Etats-Unis après un coup d'Etat accompagné
de l'enlèvement du président légitimement élu, M. Jean-Bertrand
Aristide, dont les seuls torts sont d'avoir exigé de la France la
restitution de la rançon versée par Haïti pour son indépendance et des
réparations pour 150 années d'esclavage et d'avoir voulu affirmer son
indépendance à l'égard de Washington.

Vous ne pouvez ignorer que, sous le couvert d'un "comité indépendant de
réflexion", deux émissaires, prétendant agir au nom de la République
française, se sont présentés au palais présidentiel de Port au Prince
le 17 décembre 2003, jour anniversaire du coup d'Etat manqué, mais
sanglant, du 17 décembre 2002.

Là, au nom de notre pays, qui a déporté des centaines de millions
d'hommes de femmes et d'enfants en Haïti, Monsieur Régis Debray et
Madame Véronique Galouzeau de Villepin-Albanel, responsable de
l'association "Fraternité universelle", ont exigé le départ du
président Aristide en le menaçant de mort. En même temps, une campagne
d'assassinat moral de Jean-Bertrand Aristide a été déclenchée. Une
certaine presse y a docilement joué une partie déjà rédigée dans des
officines spécialisées.

Au matin du 29 février 2004, Monsieur Jean-Bertrand Aristide est monté,
de force, dans un avion blanc non immatriculé qui a fait route vers
Bangui où l'attendaient ses assassins.

Malgré le déchaînement de la propagande raciste qui accompagnait ce
coup de force, des voix se sont alors élevées pour protester contre cet
enlèvement et cette séquestration qui n'étaient pas sans rappeler le
sort fait à Toussaint-Louverture, lui aussi accusé, en 1802, des pires
méfaits, dans le seul but de légitimer son assassinat.

Face à ce crime programme, de mon côté, j'ai fait mon devoir de
Français et de descendant de Guadeloupéens mis en esclavage par
Bonaparte, le héros de M. Dominique Galouzeau de Villepin.

Sous la pression de ceux qui ont dénoncé sa séquestration, le président
Jean-Bertrand Aristide, échappant à ses geoliers et à ses bourreaux, a
pu trouver refuge en Jamaïque où la Caricom lui a accordé soutien et
protection. Cette attitude de la Caricom a été relayée par l'Union
Africaine qui a décidé de recevoir le président d'Haïti en Afrique du
Sud, en attendant la restauration de l'ordre constitutionnel.

Pendant ce temps, la France, pour fêter le bicentenaire de la première
république nègre du monde, a envoyé mille soldats dans son ancienne
colonie. On murmure que l'opération se serait appelée "Rochambeau", du
nom de celui qui, en 1803, faisait dévorer les "nègres" par ses
chiens.

Vous ne pouvez ignorer, Madame la députée, que depuis le départ du
président Jean-Bertrand Aristide, au moins 10 000 Haïtiens ont péri de
mort violente parce qu'ils protestaient contre l'enlèvement, par
d'anciennes puissances coloniales, d'un président qu'ils avaient élu
pour cinq ans. Le premier président élu de toute l'histoire d'Haïti.
Aujourd'hui, là-bas, les prisons sont à ce point bondées que M.
Latortue a profité d'une tentative d'évasion diligentée par des
trafiquants de drogue, le 19 février 2005, pour faire exécuter
sommairement 100 prisonniers politiques, dont les corps pourrissent ça
et là à Port-au-Prince.

L'ancien premier ministre et l'ancien ministre de l'Intérieur du
président Aristide sont, sans raison aucune, confinés dans une geôle
puante, sans eau, sans electricité, au milieu de leurs excréments. Ils
ont entamé une grève de la faim. Voici quelques jours, les Haïtiens
sont descendus dans la rue, un an après l'enlèvement de leur président,
pour une marche pacifique. La police a froidement ouvert le feu sur la
foule désarmée, faisant des dizaines de morts et de blessés.
Aujourd'hui, plus personne, sauf le gouvernement de la France, ne
défend le fantoche Latortue, responsable de ces assassinats. Pendant ce
temps, le dictateur Jean-Claude Duvalier, arrivé en France, le 7
février 1986, avec près d'un milliard de dollars en poche, coule des
jours heureux dans la région parisienne et donne ds interviews, sous la
protection du ministre français de l'Intérieur et dans l'impunité la
plus totale. Officiellement, il est en "transit" depuis dix-neuf ans.

C'est dans ce contexte qu'une conférence a été programmée en Guyane, en
présence de Latortue, les 18 et 19 mars 2005. Dès à présent les 14 pays
de la Caricom et les 53 pays de l'Union africaine ont refusé d'y
participer, malgré les multiples pressions exercées sur eux, depuis un
an, par la France. Ils refusent également de reconnaître le
gouvernement de facto imposé aux Haïtiens par la France et les Etats-Unis.

En 2003, vous avez, Madame la députée, courageusement interpellé M.
Raffarin, en lui demandant de restituer à Haïti la rançon exigée pour
son indépendance. Je vous demande aujourd'hui, en tant que députée de
la Guyane, d'intervenir par tous moyens contre la tentative française
de légitimation, dans le département qui vous a élue, d'un coup d'Etat
ressenti comme un affront insupportable par tous les descendants
d'esclaves de la planète.



Comptant sur votre soutien et vos diligences, je vous prie d'agréer,
Madame la députée, l'expression de mes respectueux hommages.



Claude Ribbe

Publié par thefoxazel à 16:01:21 dans Gouvernement mondial occulte et réseaux du pouvoir : La théorie du complot | Commentaires (0) |