Monsieur Jean-Louis Bolomey, époux de Marie-Christine Bolomey née Chappuis, est un homme heureux.
Monsieur B n’a pas de jolie maison, dans ce pays de locataires, il habite un joli trois-pièces-cuisine, dans un immeuble de Cully, avec un balcon couvert de géranium fleuri et une superbe paroi murale dans le séjour pour exposer les souvenirs de vacances.
Monsieur B. est fier de son armée, il est lui-même caporal, et se souvient du bon temps passé sous l’uniforme, des soirées de sortie dans les villages où le vin et la bière coulaient à flots.
Monsieur B. ne regarde pas souvent la télévision française, sauf les jeux sur TF1 et encore (il ne comprend pas toujours), il préfère cette bonne vieille Suisse Romande où on est toujours sûr de ce qu’on va voir.
Monsieur B. a toujours voté « Radical » (on est vaudois ou on ne l’est pas), et même si les thèse de l’UDC lui semblent parfois intéressantes, il ne va pas voter pour un parti où dominent les suisses allemands.
Monsieur B. est vaudois, romand et accessoirement (surtout quand il est à l’étranger) suisse. Il est allé manifester une fois devant le palais fédéral contre la modification de l’âge de la retraite. Monsieur B. a trouvé ça sympathique, ça lui a rappelé le service militaire, même si Marie-Christine était un peu fatiguée.
Le vendredi soir, Monsieur B. se rend avec sa femme à la Migros pour faire les courses de la semaine, il pousse le chariot en râlant, mais adore choisir les chocolats et les biscuits pour le dessert.
Une fois par mois, Monsieur et Madame Bolomey font les courses « sur France », histoire de profiter des prix meilleurs marchés, mais ils sont un peu perdus dans le Casino, avec toute ces marquent qu’ils ne reconnaissent pas.
Monsieur B. accompagne son épouse tous les dimanches au temple, il somnole un peu durant le sermon du pasteur, mais il attend avec impatience le moment d’aller prendre l’apéro avec les copains pendant que sa femme prépare le dîner en attendant les enfants à la maison.
Monsieur B. possède encore son Opel, il la sort toutes les fins de semaine, et Marie-Christine lui a brodé son numéro de plaque sur un coussin qui trône derrière la vitre arrière.
Pour ces vacances, Monsieur B. prend toujours Swissair (même si ils ont effacé le « air » sur les avions) bien que comme des milliers d’autres il ait perdu ses économies à cause de cette société. Mais, c’est quand même la compagnie nationale, et on se sent fier lorsqu’on voit la croix fédérale sur le tarmac d’un aéroport. L’année passée, ils se sont offerts une semaine à Pattaya, mais Marie-Christine n’a pas aimé la nourriture, alors cette année ils songent à l’Espagne où des amis viennent d’acheter une maison.
Monsieur B. garde ses économies (ce qu’il lui reste parce qu’entre l’assurance maladie et les impôts…) à la banque cantonale, parce qu’il n’a pas confiance dans ces grandes banques nationales et on est toujours mieux servi par quelqu’un qu’on connaît près de chez soi. Et puis, depuis les affaires des fonds juifs, on ne sait jamais.
Monsieur B. n’aime pas les américains, ils ont osé attaquer son pays et son histoire, et de toute façon comment voulez-vous vous entendre avec des gens qui sont incapables de faire la différence entre la Suisse et la Suède !
Pendant des années, Monsieur B. m’a fait sourire avec sa horde de nains sur son balcon, m’a énervé avec sa suffisance idiote, m’a ému avec ses dons aux nécessiteux, m’a embêté avec ses poubelles bien rangées, mais il était là, partie intégrante du pays où j’habite. Et depuis quelques temps, Monsieur B. commence à me faire peur, il semble qu’il se clone, et que même certains de mes amis se soient bolomeytisés…Publié par ngrossfeld à 18:35:25 dans Ici et ailleurs | Commentaires (1) | Permaliens
... Sourire...
Publié par ngrossfeld à 13:59:46 dans N'importe quoi... | Commentaires (3) | Permaliens
Et c’est là, lové bien au chaud dans le bas-ventre, comme une douce étincelle qui se réveille, ça luit, ça chauffe, ça irradie lentement vers l’extérieur, le sourire se dessine sur les lèvres, les yeux se plissent, oh juste un peu, une brusque lueur dans les pupilles, comme une tendresse cachée qui s’infiltre…
Et on oublie « Max » qui se réveille, le fric qui se tarit, le temps qui s’enfuit, les tsunamis, toutes les vicissitudes de la vie… Tiens, je suis heureux, profitons-en… Symphonie en bleu de Greenwald.
Elle dit j’imagine des musiques qui se dansent… pour toi
Elle dit j’imagine des mots dans le silence pour toi…
Elle dit j’imagine des jours et de nuits où la vie recommence,
Comme ça, encore une fois…
Et on démarre une autre histoire
Et on prend un nouveau départ…En laissant faire le hasard…
Publié par ngrossfeld à 07:52:03 dans lemondedeNicolas | Commentaires (14) | Permaliens
Trois jours et deux nuits dans un chalet perdu dans la montagnePublié par ngrossfeld à 07:51:44 dans lemondedeNicolas | Commentaires (3) | Permaliens
Reçu d'un ami cette merveilleuse photo de Louise Dupin. Quelqu'un aurait-il la moindre idée de qui est cette brave dame ?
Merci...
Publié par ngrossfeld à 14:59:11 dans N'importe quoi... | Commentaires (13) | Permaliens
Juste envie de raconter (et de lire!) des histoires. Un peu perdu sur cette planète mais assez content d'y être. La quarantaine, avec tout ce que cela comporte d'histoires, de problèmes, de joie, de tendresse, de pertes, de vie
Et comme je viens de découvrir MSN, à tout hasard : nicolas_167@hotmail.com
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