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Adagio
Lentement , les accords s'égrènent .
Tous sont dans leurs songes ,
plongés .
Et la route , s'étale ,
languide et maussade ;
sous la pluie passagère .
Les mesures s'accélèrent et la joie
s'immisce dans leurs coeurs refroidis .
Toujours , cependant la musique les accompagnants les indiffère .
Planent ,
sur cette basse mécanique de la rame qui s'avance ,
ces accords plaqués .
Chant passé accordé .
Voix dans nos esprits valseuses .
Vacillement de nos pas allongés et des pages lues ,
passés sous nos regards attentifs .
D'autres , laids et laides réunis ,
écoutent le pianotement de l'accordéon .
Une foule s'unit ici ,
jointe dans une assise méditative ,
sur cette route
monotone .
Leurs yeux dans un croisement et une ignorance mêlés .
Et toujours nos pas se rejoignent ,
ici dans ce wagon hanté ,
de musique et de prières assourdies .
Assis et bien tôt relevés les hôtes de la mécanique avaleuse .
La lecture s'achève ,
et avec un accent étranglé ,
le musicien passe parmi
ceux ci qui n'ont d'écoute que distraite , parmi
ceux là qui vagissent et se taisent à son passage .
Rame avancé sur ces rails humides ; mer , terre , rêves ...
Publié par arthurverdi à 13:43:11 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
« DANS CE MIROIR REFLETEE »
La construction , en est si difficile .
Un être : amalgame si
étrange de
Vouloir
et
de Mort .
Voilants nos esprits , persiste
Cette obsession de perfection ,
ce désir inextinguible ;
Cette ambition vorace ,
Etre qui nous dévore :
Nous devine .
Si souvent elle nous fait plier , nous emmêle
dans le lacis inextricable
des abdications .
Je ne voudrais pas me soumettre .
J'ai le désir de vaincre .
Mais quels Ennemis
et sur quels chants de bataille ?
( ... )
Pourquoi notre vie se fige - t - elle en
cette course si effrénée
aux yeux glauques de fatigue ?
A la recherche d'un Idéal ,
qui est par Loi
Impénétrable et de nul connu .
Vide de sens et creuse,
pourtant après nous perdure ,
cette pyramide de mots accumulés
jusqu'aux cieux .
Taches rougeâtre s'élargissant
sur cette page en pleurs ,
Tâches sans possibles , défiant toute bravoure ;
Larmes ,
elles ne peuvent s'écouler !
Statue glacée riante
de gémissements enfantins ;
Toujours s'écoulent , de sa bouche,
les pluies et les immondices qui l'abreuvent .
Bloqué ton corps
au milieu de ces glaces
l'enserrant .
En cercle , elle - la glace - te cerne ;
t'étouffe .
Ton coeur ,
tu le sens pris par les doigts froids du vent .
Palpitements affamés , tu halètes
t'éteins .
Peur du jugement .
Délire .
Peur de ces mots accumulés .
Nous faisons reculer ,
Chevaliers combattants l'Invisible ,
ce si visible ennemi qui nous nargue .
Car il est certain ,
par Décret
d'avoir la victoire .
Et nous regarde chaque jour
par nos yeux pétrifiés ,
et il déplie notre peau parcheminée ,
fait sourire nos lèvres fanées ;
réchauffe notre cœur asséché ,
si gelé ;
et riant , avec nous , contemple
Notre propre fin dans ce miroir reflétée .
Publié par arthurverdi à 13:42:07 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
INVOCATION
Victorieux et riant,
il est agenouillé là .
Toutes ces faces vidées qui passent devant lui .
Indifférentes , mortes , étonnées condescendantes
Un bel homme pourtant .
Jouissance de cette humiliation volontaire .
Jouissance d'humilier les autres
par le spectacle de sa propre déchéance .
Pareil à un dieu indien .
Agenouillé la tête haute le regard clair
un masque de sourire
sur les lèvres rosées.
Les deux mains tendues à la manière de Shiva
« Bonne journée »
Publié par arthurverdi à 13:41:22 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
HAMMAM
Hammam .
Un crachin gris et poisseux drape ces peaux cloquées , ridées par la débauche .
L'étouffement , sans se hâter , te racorni .
Vapeur insidieuse , vicieuse s'insinuant par le méat de ton cœur , et ta bouche
ton nez ton cul .
Viols multipliés de l'eau engrossée .
T'envoiles et t'étouffe ce brouillard cramoisi , gluant .
Mâles entassés, lascifs ou stupides, en ronde enfantine le long de ce cercle crémeux ,
fruit de leurs ébats prolifiques .
En suspension rouge , planent leur atours .
Convulsions de leurs bouches figés dans un désir grossissant .
Tremblements de leurs langues affamées .
Larges Cavités offertes à la pénétration cahotante.
Palpitent, ici , membres et mains , trempés de folle convoitise .
Ruissellement infini de larves sur leur accolements .
Subrepticement ils vagissent sous l'assaut bouillonnant de la brume vindicative.
Ne gît en cet anneau que le goût de leurs chairs évanouies , vaguements grillées .
Réalité ou songe ? Tu ne sais .
Ton regard sinue , biaisant , dérape sur ces joncs graissés.
Vacillante blancheur de la lumière .
Elle soumet , enserre tout ces prostrés ;
Et , assombrie , illumine ces assis par mille jouissances aquatiques .
Ta vision mêle dans l'égarement cuissesmainsexes aspirés.
Propos gras , palpitants , aux effluves musquées s'élevants tels des invocations dans ce temple nuageux.
Lèvres dilatées, déformées par un aqueux désir . Largeur de leur plaisir lingual .
Vapeur noirâtre.
En fin, les souffles s'oppressent . Presque évanoui , tu fuis le vomissement continuel de ces eaux .
Prompt à l'envol, certains se glissent sous tes pas .
Majestée impalpable des verges révélées sous le flot froid du vent .
Publié par arthurverdi à 13:39:54 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
HAMMAM
Hammam .
Crachin poussiéreux , poisseux
Il rôde , ainsi qu'un voile drapant ces peaux cloquées , ridées de débauche .
Ici , l'étouffement , sans se hâter , te racorni .
Vapeur insidieuse , vicieuse, s'insinuant par le méat de ton cœur
et ta bouche ton nez ton cul .
Viols multipliés de l'eau engrossée .
T'envoiles et t'étouffe ce brouillard cramoisi , gluant .
Mâles entassés , lascifs ou stupide , en ronde enfantine le long de ce cercle crémeux :
fruit de leurs ébats prolifiques .
En suspension , rouges , planent leurs atours .
Larges cavités offertes à la pénétration cahotante .
Convulsions de leurs bouches figés dans un vaporeux étouffement.
Tremblements de leurs langues affamées .
Alors palpitent leurs membres,
et ces mains trempées de folle convoitise .
Ruissellement infini de larves sur leur accolements .
Subrepticement , ils vagissent sous l'assaut bouillonnant de la brume vindicative.
Ne gît en cet anneau que le goût de leurs chairs évanouies , vaguements grillées .
Réalité ou songe ? Tu ne sais .
Biaisant , ton regard sinue ; dérape sur ces joncs graissés.
Vacillante blancheur de la lumière .
Elle soumet , enserre tout ces prostrés ;
Et , assombrie, illumine ces assis par mille jouissances aquatiques .
Ta vision mêle dans l'égarement cuissesmainsexes aspirés.
Propos gras , grinçants , aux effluves musquées s'élevants .
Lèvres dilatés , déformées par un aqueux désir .
Puis , contaminé, la vapeur leur devient noirâtre.
En fin , les souffles s'oppressent.
Presque évanoui, tu fuis le vomissement continuel de ces eaux .
Et te suivant, en un sautillement cliquetant , beaucoup
des sexes brumeux les enveloppants , se libèrent .
Désertion soudaine de ces lieux .
Majesté impalpable des verges révélées sous le flot froid du vent .
Publié par arthurverdi à 13:39:04 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens