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I.
Là , ces feuillets épars où s'agrippent , écrits tant de coeurs,
Mièvreries . Histoires enfantines .
Ces brouillons d'écoliers où je transcrirais lettres et phrases ,
Dictées consciencieuses .
Fuir, à jamais s'éloigner de soi; pour se retrouver à l'autre bout de l'île.
Car île nous sommes malgré nos coeurs élargis d'amours honteuses .
Peut-être sur les vacillements de nos émois torturés ;
et sur nos haines tempétueuses , parions - nous ?
texte définitif
Quels sanglotements avais - je gémie en hantant ces êtres ,
épilés de la toison de leurs courages.
Mordillements amicaux
vagues acérées sur nos pieds mâchés.
Flagellement de ces voix qui se dressent dans l'aigreur ,
et irritent :
que sont - elles sinon l' éternelle oscillation de nos pôles intérieurs ?
Notre coeur parfois vire , perpétuelle balance ,
et s'écartèle tantôt dans l'extase,
souvent dans la rage .
Rêver désirer être à l'écoute
se déchirer se haïr se renfermer
***********************************
Souvent ils passent,
tout immobiles devant l'autrui menacé ;
se préoccupant de leurs apparences :
souvent se comblants de leurs suffisances .
Et du désir de chair , avivé dans la veulerie de ceux - là ,
ventriloque de leurs vices
Le désir et l'attente de celui-ci :
nous sommes comme l'arc bandé dans ce perpétuel besoin .
Parfois la corde, cède et l'on disparaît par volonté ;
mais souvent elle mollit et reste ,
flasque accroché au bois
où l'on voit se former les pourritures de l'amertume .
**********************************************
Ici je désire ( eh bien oui! ) aller au devant de ces pages,
et rire comme je ne l'ai jamais fait.
Texte définitif
Ecrire comme nager .
Vomir tout ce que j'ai retenu , pendant sept ans
et
pouvoir mourir soulagé de tout ce poids
qui m'empêche et d'avancer et de reculer,
en moi même .
Me voici une prison où le plus isolé des hommes est libre .
Frappant la tête au mur,
ne voyant que d'infroissables miroirs me reflétants .
Réfractants
les sombres luminosités de mon âme
et me décrivant monstre de bêtise,
de trahisons,
et de vols .
Avoir toujours menti,
sans cesse louvoyé,
avoir été un Iago pour ses propres amis ;
ne voir dans ses reflets que
l'image d'un être sans scrupules
ni tourments,
devenait à la fin
trop insupportable.
Voilà pourquoi
j'ai décider de salir de mon âme
ces pages, les obscurcir,
pour qu'au moins ce que j'aime
le plus,
musique et mots se
rejoignent enfin .
Je lirais également,
avec peu de discernement ,
ce que les autres me proposeront en pâture,
ces âmes devant moi glissantes et précipitées ;
témoin fidèle et intéressé .
***********************************
Dans les gares, perpétuelle agitation ,
invariables courses des retardataires pour attraper leurs trains.
Mélancolie et hâte de leurs pas .
Ils se pressent, mais pour quoi ?
Se retrouver seul devant leur interlocuteur aux clignotements favoris ;
parler à leur chatchiencanari qui leur adresse
de baveux remerciements
et les honorants de leurs rampantes prières .
Solitude de ces coureurs accélérant les fatals achèvements:
celui du jour et le leur .
texte définitif
Quelle joie d'écrire et de toucher ces pages quadrillées à remplir ;
grands cahiers à inonder de l'insipidité et de la beauté du monde .
Publié par arthurverdi à 13:55:03 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
Adagietto
( Naviguer , errer .
Nul soi en
nul lieu .
Palpiter ainsi qu'une chimérique projection du
désir reflété dans leurs yeux .
Dans une angoisse perpétuelle
Se perdre
Ne peiner et ne pouvoir que par
la poigne d'autrui .
Pourquoi ?
Vacillement du soi
Violenté par la Flamme jalouse .
Glotte palpitante .
Ne plus désirer,
Et ne vouloir que
la disparition
dans le néant .
Tremblement des doigts enserrés .
Nous , glacés ; grelottants nos regards plongés
dans l'abîme de l'horizon .
Nos mâchoires serrées ;
dans l'ambition
d'un Vivre .
Aigus de nos cris miroités
par l'arc humide du soleil.
Apeuré , aspirant uniquement à
un Vouloir ... )
22.12.2000
16h00
Publié par arthurverdi à 13:53:31 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
( Naviguer , errer .
Nul soi en nul lieu .
Palpiter ainsi qu'une chimérique projection du
désir reflété dans leurs yeux .
Dans une angoisse perpétuelle
Se perdre
Ne peiner et ne pouvoir que par
la poigne d'autrui .
Pourquoi ?
Vacillement du soi Violenté par la Flamme jalouse .
Glotte palpitante .
Ne plus désirer,
Et ne vouloir que
la disparition
dans le néant .
Tremblement des doigts enserrés .
Nous , glacés ; grelottants nos regards plongés
dans l'abîme de l'horizon .
Nos mâchoires serrées ;
dans l'ambition d'un Vivre .
Aigus de nos cris miroités
par l'arc humide du soleil.
Apeuré , aspirant uniquement à
un Vouloir ... )
22.12.2000
16h00
Publié par arthurverdi à 13:51:52 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
Loin , si lointains sont nos pleurs enfantins .
Tant d'espérances nos coeurs engourdis ont engloutis que
Vains restent les mots endormis ; assoupis , là , sous le duvet de
nos rêveries éclaboussées d'ombres .
Les oiseaux chantent leurs vains chantements ,
Rie le soleil à ses levers ; lorsque toi sur les bords de
tes nuits roulantes , tanguantes , dégringolantes ; lorsque
toi tu ploies sous le faix et embrassant ton chagrin souffreté
tu t'engloutis au plus profond de ces
Nuits trépidantes , dévalantes , assassines !
Son sourire : englouti par ta folie
Son corps : désirade essoufflée : évanoui au plus profond des terres moites .
Humide embrassade de tes doigts enserrant le vide
Humides les vagissements , les hurlements qui
échappent de ta gorge :
Enserrées dans l'oubli tes mains ; les siennes froides à jamais ,
Ses cheveux , ardente fontaine résistants encore par delà la mort .
Sa chevelure , solescent rayonnement à l'aube des engloutissements .
Souvenir amer , amertume fatale à ta mémoire à jamais coupable ...
Publié par arthurverdi à 13:48:28 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens
L'objet qu'il tient à la main est de cendre ,
dispensateur de néant .
L'œil le fixe ,
fait de lui son arme
et ainsi exalte sa propre destruction intérieure ,
lui donnant dimension de raison de vivre .
Vivre pour ne pas se construire .
L'obstination qu'il a de ce saccage
n'a un égal que dans l'amour
que lui porte l'autre .
Ainsi , comblant de plaisir l'œil de celui - ci ,
cet autre le détourne insidieusement de son
œuvre de ravage ,
et alors le sauve .
Vers le chaos ,
l'amour impérieux s'est jeté ,
et grâce à sa présence plurielle
il a fasciné les fous hantants la contrée en désolation .
Souvenirs qui tels
les grinçants craquements des rapaces attablés ,
planent , indécis .
Pour ces derniers ,
ne pas se précipiter ,
mais plutôt se fondre
par une mort trop rapide
dans la terre gorgée de peurs ;
et de pitié pour celui qu'elle a comme Seigneur .
Cependant un chant de vie est entonné .
Un chant de rachat offrant au
très jeune enfant
son premier souffle ,
douloureux et affolé .
Puis vient un bienheureux
endormissement
long de trois bonnes années .
Puis , enfin
un cauchemar :
Un quai de gare .
Quatre blondes figures aryennes .
Grondement du train .
Approche d'une lenteur angoissée .
Soudain ,
le Père se jette avec le Fils sous les roues ,
puis viennent les deux autres ;
et sans cesse le train se recule
pour que l'impitoyable fasse
de ces êtres morts des vivants éternels ,
Sysiphes clonés pour un désastre quotidien .
Un ris sarcastique envahit le cerveau de l'enfant ,
il ne comprend pas
et ne sait que rêver
et à qui dire son désarroi .
S'enchaînent
dans un délire tourbillonnant
méchancetés , injures , humiliations
parmi lesquelles ,
herbe acharnée ,
pousse l'enfant
sur ce terrain inculte .
Combattant avec obstination
celle encore plus grande
de cet innommable exterminateur .
Vient enfin le jour
où le monstre,
lassé de cette résistance incessante
que lui fait l'herbe devenue arbuste ,
la prend dans sa pelle
et le jette loin devant lui
dans le territoire paradisiaque
mais inaccessible pour lui
de ses voisins .
Avec l'espoir que l'importun
en mourra desséché
ou qu'il pullulera et enlaidira
le territoire de l'autre .
Puis l'immonde poursuit au loin
sa traque infâme .
Et les habitants de cet autre pays
voyant une plante étrangère
sur leur sol ,
prennent pitié d'elle .
Recroquevillée racornie ,
courbée de peur ,
elle paraît en effet bien misérable .
Ils la replante donc ,
et dans cette terre heureuse et soignée ,
soudain la plante paraît
plus belle et semble dispenser ,
au milieu de tremblements de souvenirs agonisants ,
un sourire reconnaissant .
Sourire que remarque l'hôtesse de ces lieux .
Comblée ,
elle active ses soins et s'en rend presque malade de joie .
Enfin , la plante est sauvée .
Mais très peu de temps après ,
elle disparaît .
Cueillie par la main de l'autre
qui , ferme et patient ,
saura refermer ces plaies profondes du cœur ,
et faire renaître l'amour dans ce cœur asséché .
L'objet qu'il tient à la main est de cendre ,
dispensateur de néant .
L'œil le fixe ,
fait de lui son arme
et ainsi exalte sa propre destruction intérieure ,
lui donnant dimension de raison de vivre .
Vivre pour ne pas se construire .
L'obstination qu'il a de ce saccage
n'a un égal que dans l'amour
que lui porte l'autre .
Ainsi , comblant de plaisir l'œil de celui - ci ,
cet autre le détourne insidieusement de son
œuvre de ravage ,
et alors le sauve .
Vers le chaos ,
l'amour impérieux s'est jeté ,
et grâce à sa présence plurielle
il a fasciné les fous hantants la contrée en désolation .
Souvenirs qui tels
les grinçants craquements des rapaces attablés ,
planent , indécis .
Pour ces derniers ,
ne pas se précipiter ,
mais plutôt se fondre
par une mort trop rapide
dans la terre gorgée de peurs ;
et de pitié pour celui qu'elle a comme Seigneur .
Cependant un chant de vie est entonné .
Un chant de rachat offrant au
très jeune enfant
son premier souffle ,
douloureux et affolé .
Puis vient un bienheureux
endormissement
long de trois bonnes années .
Puis , enfin
un cauchemar :
Un quai de gare .
Quatre blondes figures aryennes .
Grondement du train .
Approche d'une lenteur angoissée .
Soudain ,
le Père se jette avec le Fils sous les roues ,
puis viennent les deux autres ;
et sans cesse le train se recule
pour que l'impitoyable fasse
de ces êtres morts des vivants éternels ,
Sysiphes clonés pour un désastre quotidien .
Un ris sarcastique envahit le cerveau de l'enfant ,
il ne comprend pas
et ne sait que rêver
et à qui dire son désarroi .
S'enchaînent
dans un délire tourbillonnant
méchancetés , injures , humiliations
parmi lesquelles ,
herbe acharnée ,
pousse l'enfant
sur ce terrain inculte .
Combattant avec obstination
celle encore plus grande
de cet innommable exterminateur .
Vient enfin le jour
où le monstre,
lassé de cette résistance incessante
que lui fait l'herbe devenue arbuste ,
la prend dans sa pelle
et le jette loin devant lui
dans le territoire paradisiaque
mais inaccessible pour lui
de ses voisins .
Avec l'espoir que l'importun
en mourra desséché
ou qu'il pullulera et enlaidira
le territoire de l'autre .
Puis l'immonde poursuit au loin
sa traque infâme .
Et les habitants de cet autre pays
voyant une plante étrangère
sur leur sol ,
prennent pitié d'elle .
Recroquevillée racornie ,
courbée de peur ,
elle paraît en effet bien misérable .
Ils la replante donc ,
et dans cette terre heureuse et soignée ,
soudain la plante paraît
plus belle et semble dispenser ,
au milieu de tremblements de souvenirs agonisants ,
un sourire reconnaissant .
Sourire que remarque l'hôtesse de ces lieux .
Comblée ,
elle active ses soins et s'en rend presque malade de joie .
Enfin , la plante est sauvée .
Mais très peu de temps après ,
elle disparaît .
Cueillie par la main de l'autre
qui , ferme et patient ,
saura refermer ces plaies profondes du cœur ,
et faire renaître l'amour dans ce cœur asséché .
Publié par arthurverdi à 13:46:37 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens