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I.
Là , ces feuillets épars où s'agrippent , écrits tant de coeurs,
Mièvreries . Histoires enfantines .
Ces brouillons d'écoliers où je transcrirais lettres et phrases ,
Dictées consciencieuses .
Fuir, à jamais s'éloigner de soi; pour se retrouver à l'autre bout de l'île.
Car île nous sommes malgré nos coeurs élargis d'amours honteuses .
Peut-être sur les vacillements de nos émois torturés ;
et sur nos haines tempétueuses , parions - nous ?
texte définitif
Quels sanglotements avais - je gémie en hantant ces êtres ,
épilés de la toison de leurs courages.
Mordillements amicaux
vagues acérées sur nos pieds mâchés.
Flagellement de ces voix qui se dressent dans l'aigreur ,
et irritent :
que sont - elles sinon l' éternelle oscillation de nos pôles intérieurs ?
Notre coeur parfois vire , perpétuelle balance ,
et s'écartèle tantôt dans l'extase,
souvent dans la rage .
Rêver désirer être à l'écoute
se déchirer se haïr se renfermer
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Souvent ils passent,
tout immobiles devant l'autrui menacé ;
se préoccupant de leurs apparences :
souvent se comblants de leurs suffisances .
Et du désir de chair , avivé dans la veulerie de ceux - là ,
ventriloque de leurs vices
Le désir et l'attente de celui-ci :
nous sommes comme l'arc bandé dans ce perpétuel besoin .
Parfois la corde, cède et l'on disparaît par volonté ;
mais souvent elle mollit et reste ,
flasque accroché au bois
où l'on voit se former les pourritures de l'amertume .
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Ici je désire ( eh bien oui! ) aller au devant de ces pages,
et rire comme je ne l'ai jamais fait.
Texte définitif
Ecrire comme nager .
Vomir tout ce que j'ai retenu , pendant sept ans
et
pouvoir mourir soulagé de tout ce poids
qui m'empêche et d'avancer et de reculer,
en moi même .
Me voici une prison où le plus isolé des hommes est libre .
Frappant la tête au mur,
ne voyant que d'infroissables miroirs me reflétants .
Réfractants
les sombres luminosités de mon âme
et me décrivant monstre de bêtise,
de trahisons,
et de vols .
Avoir toujours menti,
sans cesse louvoyé,
avoir été un Iago pour ses propres amis ;
ne voir dans ses reflets que
l'image d'un être sans scrupules
ni tourments,
devenait à la fin
trop insupportable.
Voilà pourquoi
j'ai décider de salir de mon âme
ces pages, les obscurcir,
pour qu'au moins ce que j'aime
le plus,
musique et mots se
rejoignent enfin .
Je lirais également,
avec peu de discernement ,
ce que les autres me proposeront en pâture,
ces âmes devant moi glissantes et précipitées ;
témoin fidèle et intéressé .
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Dans les gares, perpétuelle agitation ,
invariables courses des retardataires pour attraper leurs trains.
Mélancolie et hâte de leurs pas .
Ils se pressent, mais pour quoi ?
Se retrouver seul devant leur interlocuteur aux clignotements favoris ;
parler à leur chatchiencanari qui leur adresse
de baveux remerciements
et les honorants de leurs rampantes prières .
Solitude de ces coureurs accélérant les fatals achèvements:
celui du jour et le leur .
texte définitif
Quelle joie d'écrire et de toucher ces pages quadrillées à remplir ;
grands cahiers à inonder de l'insipidité et de la beauté du monde .
Publié par arthurverdi à 13:55:03 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens