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rome page 1 2 3ème version | 24 décembre 2004

[s1] 

 

I.

 

Là , ces feuillets épars où s'agrippent , écrits tant de coeurs,

 

Mièvreries .           Histoires enfantines .

 

Ces brouillons d'écoliers où vous transcrivez lettres  et phrases  ,

 

Dictées consciencieuses .

 

Fuir, à jamais s'éloigner de soi; pour se retrouver à l'autre bout de l'île.

 

Car île nous sommes tout grands que nous fûmes .

Peut-être sur les vacillements de  nos amours ;

nos haines , parions - nous ?

 

Quels sanglotements  avez - vous gémis , en hantant tous ces êtres ,

épilés de la toison de leurs courages.

Mordillements amicaux

vagues acérées sur nos pieds mâchés ;       

Flagellement de nos voix qui se dardent ,

et vous irritent :

 Qu'est-ce  ceci  sinon   une éternelle oscillation entre ces pôles ?

Notre coeur parfois vire , perpétuelle balance , 

                                         et s'écartèle tantôt dans l'extase,

 souvent dans la rage .

 

Rêver                 désirer                                  être à l'écoute

     se déchirer                            se haïr                                   se renfermer 

 

Souvent ils passent,

tout indifférents ,  au sort de l ' Autre ,

 se préoccupant  de leurs apparences

Suffisantes ;

et du désir qu'ils créent, charnel, chez les autres .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le désir et l'attente de celui-ci :

 

 nous sommes comme l'arc bandé dans ce perpétuel besoin .

 

Parfois la corde cède, et l'on disparaît volontairement;

 

mais souvent elle mollit et reste ,

 

flasque accrochée au bois

où l'on voit se former les pourritures de l'amertume .

 

 

Ici vous désirez ( eh bien oui! ) aller au-devant de ces pages,

 et rire comme vous ne l'avez jamais fait.

 

 

Ecrire comme nager .

 

Vomir  tout ce que vous aviez retenu ,  pendant toutes ces années

 

et

 

pouvoir s'endormir soulagé de tout ce poids

 

 qui vous empêche et d'avancer et de reculer,

en vous-mêmes .

 

 

Vous voici une prison où le plus isolé des hommes est libre .

 

Frappant la tête au mur,

ne voyant que d'infroissables miroirs vous reflétants .

                            Réfractants

 

                            les sombres luminosités de votre âme

 

et vous décrivant monstre de bêtise,

 

 de trahisons,

 

et de vols .

 

 

 

 

 

Avoir toujours menti,

 

                                        sans cesse  louvoyé,

 

avoir été un Iago pour ses propres amis ;

 

 

 

 

ne voir dans ses reflets que

 

                            l'image d'un être sans scrupules

 

                                                               ni tourments,

 

devenait à la fin

trop insupportable

 

 

et voilà pourquoi

 

                vous avez décidé de salir de votre âme

 

                                        ces pages, les noircir

 

pour qu'au moins ce que vous aimiez

 

 le plus,

 

 

l'écriture et la lecture se

                    rejoignent enfin .

 

Vous lirez également,

 

avec  peu de discernement ,

                    ce que les Autres vous proposeront en pâture,

 

       ces Ames devant  vous glissantes et  précipitées ;

 

 

Vous : Témoin  fidèle et intéressé .

 

Dans les gares, perpétuelle agitation ,

 invariables courses des retardataires pour attraper leurs trains.

Mélancolie et hâte de leurs pas .

 

 

 

 

Ils se pressent, mais pour quoi ?

Se retrouver seul devant leur téléviseur - interlocuteur favori ;

 parler à leurs chatchiencanaris qui leur adressent

 d'éloquents remerciements et prières .

 

 Solitude de ces coureurs  devançant les fatals achèvements :

celui du jour et le leur .

     

       Quelle joie d'écrire et

de toucher ces pages quadrillées à remplir;

grands cahiers à inonder de l'insipidité et       de la        Beauté              du monde .

 

Publié par arthurverdi à 13:58:54 dans juventalia | Commentaires (0) |

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