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SAINT- MALO
Pourquoi joue tu ainsi , toi qu'il y a un instant te disait mon adoré ?
La ville flamboie de rayons réfractés tel un écho :
ponton de lumière vers d'autres imaginaires ;
nous nous y fourvoyons ,
et les âmes fortes elles aussi perdues
nous affolent en nous donnant la sensation soudaine de les voir :
cependant elles ne restent que de vaseux brouillards ,
des voix qui nous dictent ;
aussi d'effervescentes lumières .
Plus prés luit la ville grise :
elle fortifié comme pour un temps de guerre ,
elle dont la forme sévère des bâtiments se mire
dans la colère des eaux qui la flagellent ;
mais peu lui importe , elle reste impassible .
Elle devient sainte et humaine sous les attouchements du soleil couchant .
Au - delà s'encolère la mer ,
elle si blanche ,
et mes paupières si floues des larmes déversées .
Rapté est mon cœur dans les profondeurs de tes yeux à jamais clos .
Haineux , mes pas avancés sur cette berge et je joue à cloche - mort
tandis que toi , tu valses avec le soleil , riant , délirant à saute - rayons ;
comme tu es heureux de nous laisser !
Et moi ici , seul devant le tournoiement de tes formes révélées ,
immobile car ne pouvant t'atteindre ;
gémissant du cynisme amoureux
que tu montres en agitant les voiles de l'impalpé , de l'indésiré :
me souhaitant affolé , camisolé par mes obsessions .
Mais comme nous perdus dans le gouffre du chien - loup ,
tu attends que la lumière s'achève pour clore ton jeu .
Au lointain se fond la lumière ,
irradiant une dernière fois de ses flambeaux nos esprits unis
et tarissant mes pleurs par un futur baiser : éternité .
Publié par arthurverdi à 14:11:09 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens