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L'objet qu'il tient à la main est de cendre ,
dispensateur de néant .
L'œil le fixe ,
fait de lui son arme
et ainsi exalte sa propre destruction intérieure ,
lui donnant dimension de raison de vivre .
Vivre pour ne pas se construire .
L'obstination qu'il a de ce saccage
n'a un égal que dans l'amour
que lui porte l'autre .
Ainsi , comblant de plaisir l'œil de celui - ci ,
cet autre le détourne insidieusement de son
œuvre de ravage ,
et alors le sauve .
Vers le chaos ,
l'amour impérieux s'est jeté ,
et grâce à sa présence plurielle
il a fasciné les fous hantants la contrée en désolation .
Souvenirs qui tels
les grinçants craquements des rapaces attablés ,
planent , indécis .
Pour ces derniers ,
ne pas se précipiter ,
mais plutôt se fondre
par une mort trop rapide
dans la terre gorgée de peurs ;
et de pitié pour celui qu'elle a comme Seigneur .
Cependant un chant de vie est entonné .
Un chant de rachat offrant au
très jeune enfant
son premier souffle ,
douloureux et affolé .
Puis vient un bienheureux
endormissement
long de trois bonnes années .
Puis , enfin
un cauchemar :
Un quai de gare .
Quatre blondes figures aryennes .
Grondement du train .
Approche d'une lenteur angoissée .
Soudain ,
le Père se jette avec le Fils sous les roues ,
puis viennent les deux autres ;
et sans cesse le train se recule
pour que l'impitoyable fasse
de ces êtres morts des vivants éternels ,
Sysiphes clonés pour un désastre quotidien .
Un ris sarcastique envahit le cerveau de l'enfant ,
il ne comprend pas
et ne sait que rêver
et à qui dire son désarroi .
S'enchaînent
dans un délire tourbillonnant
méchancetés , injures , humiliations
parmi lesquelles ,
herbe acharnée ,
pousse l'enfant
sur ce terrain inculte .
Combattant avec obstination
celle encore plus grande
de cet innommable exterminateur .
Vient enfin le jour
où le monstre,
lassé de cette résistance incessante
que lui fait l'herbe devenue arbuste ,
la prend dans sa pelle
et le jette loin devant lui
dans le territoire paradisiaque
mais inaccessible pour lui
de ses voisins .
Avec l'espoir que l'importun
en mourra desséché
ou qu'il pullulera et enlaidira
le territoire de l'autre .
Puis l'immonde poursuit au loin
sa traque infâme .
Et les habitants de cet autre pays
voyant une plante étrangère
sur leur sol ,
prennent pitié d'elle .
Recroquevillée racornie ,
courbée de peur ,
elle paraît en effet bien misérable .
Ils la replante donc ,
et dans cette terre heureuse et soignée ,
soudain la plante paraît
plus belle et semble dispenser ,
au milieu de tremblements de souvenirs agonisants ,
un sourire reconnaissant .
Sourire que remarque l'hôtesse de ces lieux .
Comblée ,
elle active ses soins et s'en rend presque malade de joie .
Enfin , la plante est sauvée .
Mais très peu de temps après ,
elle disparaît .
Cueillie par la main de l'autre
qui , ferme et patient ,
saura refermer ces plaies profondes du cœur ,
et faire renaître l'amour dans ce cœur asséché .
L'objet qu'il tient à la main est de cendre ,
dispensateur de néant .
L'œil le fixe ,
fait de lui son arme
et ainsi exalte sa propre destruction intérieure ,
lui donnant dimension de raison de vivre .
Vivre pour ne pas se construire .
L'obstination qu'il a de ce saccage
n'a un égal que dans l'amour
que lui porte l'autre .
Ainsi , comblant de plaisir l'œil de celui - ci ,
cet autre le détourne insidieusement de son
œuvre de ravage ,
et alors le sauve .
Vers le chaos ,
l'amour impérieux s'est jeté ,
et grâce à sa présence plurielle
il a fasciné les fous hantants la contrée en désolation .
Souvenirs qui tels
les grinçants craquements des rapaces attablés ,
planent , indécis .
Pour ces derniers ,
ne pas se précipiter ,
mais plutôt se fondre
par une mort trop rapide
dans la terre gorgée de peurs ;
et de pitié pour celui qu'elle a comme Seigneur .
Cependant un chant de vie est entonné .
Un chant de rachat offrant au
très jeune enfant
son premier souffle ,
douloureux et affolé .
Puis vient un bienheureux
endormissement
long de trois bonnes années .
Puis , enfin
un cauchemar :
Un quai de gare .
Quatre blondes figures aryennes .
Grondement du train .
Approche d'une lenteur angoissée .
Soudain ,
le Père se jette avec le Fils sous les roues ,
puis viennent les deux autres ;
et sans cesse le train se recule
pour que l'impitoyable fasse
de ces êtres morts des vivants éternels ,
Sysiphes clonés pour un désastre quotidien .
Un ris sarcastique envahit le cerveau de l'enfant ,
il ne comprend pas
et ne sait que rêver
et à qui dire son désarroi .
S'enchaînent
dans un délire tourbillonnant
méchancetés , injures , humiliations
parmi lesquelles ,
herbe acharnée ,
pousse l'enfant
sur ce terrain inculte .
Combattant avec obstination
celle encore plus grande
de cet innommable exterminateur .
Vient enfin le jour
où le monstre,
lassé de cette résistance incessante
que lui fait l'herbe devenue arbuste ,
la prend dans sa pelle
et le jette loin devant lui
dans le territoire paradisiaque
mais inaccessible pour lui
de ses voisins .
Avec l'espoir que l'importun
en mourra desséché
ou qu'il pullulera et enlaidira
le territoire de l'autre .
Puis l'immonde poursuit au loin
sa traque infâme .
Et les habitants de cet autre pays
voyant une plante étrangère
sur leur sol ,
prennent pitié d'elle .
Recroquevillée racornie ,
courbée de peur ,
elle paraît en effet bien misérable .
Ils la replante donc ,
et dans cette terre heureuse et soignée ,
soudain la plante paraît
plus belle et semble dispenser ,
au milieu de tremblements de souvenirs agonisants ,
un sourire reconnaissant .
Sourire que remarque l'hôtesse de ces lieux .
Comblée ,
elle active ses soins et s'en rend presque malade de joie .
Enfin , la plante est sauvée .
Mais très peu de temps après ,
elle disparaît .
Cueillie par la main de l'autre
qui , ferme et patient ,
saura refermer ces plaies profondes du cœur ,
et faire renaître l'amour dans ce cœur asséché .
Publié par arthurverdi à 13:46:37 dans juventalia | Commentaires (0) | Permaliens