Terre fertile que ce nouvel opus de F.G, collectif musical, noir , farouchement indépendant de Baltimore. Les maisons de disques sont bouchées?... On crée notre label distribué localement. Les tourneurs ne nous font pas jouer?... On organise notre agence de booking, on jouera énormément . On vend nos produits à la fin des concerts. C'est simple comme bonjour, le système est bien rôdé, on a vendu à ce jour plus de 130,000 disques. Ce n'est pas Byzance? Au moins, cela permet-il de pratiquer sa culture et de cultiver sa spécificité. Depuis près de 8 ans.
Black Is... J'imagine Duke, Nina, Fela, James et Chuck D réunis dans un studio avec Martin Luther King à la console... Je ferme les yeux, ouvre les oreilles, Black Is... Sur ma platine. C'est sublime. Je suis vivant et noir en 2004. Black Is... Plus que du rap de foire, de l'argot, des cicatrices, des jeans baggy, Black Is... Surtout autre chose. Dans le contexte américain, ceal vaut malheureusement la peine d'être rappelé. Ici aussi.
Dès la "see-line-esque" intro, cest accueillant, cuivré, poétique, la voix de Navasha Daya (The Spirit)envoûte et se questionne :"if this life is heaven/all that we do is all we have" (sur "Live in the light"). Les ancrages musicaux sont forts, maîtrisés. C'est une version contemporaine de la musique classique noire américaine, soul, jazz, gospel. L'irrésistible "Another day" suit, qui va faire mal sur les dancefloors, un blues et "Spirit world", afrobeat à la question lancinante "I wanna know the role of my soul in the spirit world". Album croyant? Album mystique? Oui, ouvertement. Selon James Collins (The Mind), toute personne intègre recherche la (sa) Vérité par une quête spirituelle. By all means necessary... Black Is... So beautiful.
L'édition cd comprend 14 morceaux, l'édition vinyl, seulement 7. C'est beaucoup trop court. Je me rue sur le cd et tout le toutim.
Fertile Ground, on vous dit...