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NOTRE VOTE, NOTRE SAGESSE. | 16 août 2005



Paru dans le journal Le Matin du 23 mars 2005

Notre vote, la motivation que nous y mettrons, la sagesse de celui-ci, induiront les résultats que nous obtiendrons à l'avenir, conduiront (ou non) à ce changement que nous appelons tous de nos vœux. "Il faut se donner les moyens de ses ambitions" disait un parent de son vivant ; ces élections, au vu de l'urgence, seront déterminantes à plus d'un titre. Nos besoins sont immenses, nos attentes le sont tout autant. Votons pour le candidat qui présente le programme le moins démagogique, qui aura l'attitude la plus respectueuse à l'égard de ses adversaires comme à l'égard de l'Etat. Il serait au fait de toutes les composantes de la société haïtienne, pédagogue, compétent et méthodique, éloquent, doué d'une forte personnalité, démocrate, à l'écoute. Par opposition aux dirigeants autoritaires et népotiques que nous avons connus, à ces années d'absence de gouvernance, nous souhaitons un débat d'idées démocratique et la fin des querelles politiciennes. Nos réalités nous imposent de choisir une assemblée suffisamment unie pour qu'elle puisse agir en relatif accord avec les autres forces vives de la Nation.
Mon choix me portera vers celui qui mènera campagne pour le rétablissement de l'autorité de l'Etat via le renforcement de ses trois piliers constitutifs que sont le pouvoir législatif (Parlement et Sénat), le pouvoir exécutif (le gouvernement) et le pouvoir judiciaire (la police). Ce candidat nous parlerait d'abord et avant tout d'amender la Constitution pour pouvoir gouverner s'il sait que son programme va à l'encontre de celle en vigueur actuellement (respectant de fait l'état et de ses structures constitutives). Il mènerait campagne pour le respect de l'état de droit, la fin de l'impunité accordée par impuissance et- ou par choix aux auteurs de crimes commis (quelle que soit leur nature, politiques ou de droit commun) et se battrait pour la création d'une nouvelle armée nationale, qui soit au service de la population, incluant en son sein toutes les composantes de celle-ci, représentative donc. Il plaiderait l'urgence auprès des institutions internationales pour le versement d'une aide substantielle destinée à une rénovation des infrastructures publiques existantes, la formation d'une police et d'une justice proches et à l'écoute de ses citoyens, une réforme de l'enseignement afin que celui-ci donne à nos jeunes un réel accès à la formation, à la connaissance, à l'esprit critique. Il encouragerait les investisseurs étrangers à s'installer chez nous grâce à des incitants financiers judicieux sans pour autant livrer les travailleurs haïtiens au dumping social. Il prônerait la dépolitisation des institutions para-étatiques de service public comme la CAMEP, la TELECO, ou encore l'EDH et le placement a leur tête de fonctionnaires apolitiques et compétents dans les matières qu'elles traitent afin de garantir à la population le renforcement de leurs capacités et un meilleur accès à leurs services.
Il aurait enfin l'humilité, l'intégrité, l'audace de nous expliquer pourquoi il faut accorder à nos gouvernants élus un temps de législature suffisamment long permettant de mener des dossiers de bout en bout, avec méthode ; à charge pour la population d'évaluer en toute objectivité, au terme d'élections démocratiques, la qualité du travail accompli et de changer l'équipe au pouvoir si elle en ressent le besoin, respectant ainsi l'institution parlementaire.
Philippe COICOU

Publié par kwak à 17:41:14 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

ARCHEOLOGIE DES ELITES HAÏTIENNES | 15 août 2005


Paru sur www.alterpresse.org

Archéologie des élites haïtiennes
Contre la pensée sclérosée d'une intelligentsia



Posté le mardi 9 août 2005





Par Guy-Robert Saint-Cyr

Soumis à AlterPresse le 3 août 2005

« Les intellectuels doivent étudier le passé, non pour
s'y complaire, mais pour y puiser des leçons, ou s'en
écarter en connaissance de cause. »
Cheikh Anta Diop

Les graves crises politiques et économiques qu'a connu la société haïtienne depuis bientôt vingt ans, les violences que subit le pays depuis déjà un an et les inévitables conséquences désastreuses qui en découlent, interpellent l'esprit de plusieurs observateurs avisés sur le rôle des élites en Haïti. Car il est inconcevable qu'un pays qui a généré autant de sommités et d'individualités dans maintes disciplines au niveau international puisse être rendu à un degré si bas et si pitoyable à l'échelle des nations, en tout cas selon la critériologie onusienne du sous-développement. Vue de l'extérieur, la République d'Haïti paraît toujours au bord de la faillite, toujours à l'article de la mort. Mais, appréhendée de l'intérieur, quel contraste ! On ne peut s'empêcher en toute objectivité d'être frappé par la sclérose de la pensée des élites haïtiennes, par leur refus d'une pensée cohérente et par l'absence d'un discours éclairé sur le progrès et le développement. Et, en cas de coup dur, comme lors des catastrophes naturelles ou des scènes de barbarie humaine, rien n'est prévu, hormis l'espoir d'une intervention étrangère, considérée du reste comme une fatalité historique.

Aux yeux de plusieurs amis étrangers non avisés des réalités du pays, Haïti n'a produit que des tontons macoutes, des cannibales, des boat people et, aujourd'hui, des chimères. Évidemment face à ces constats peu élogieux et dégradants, les intellectuels et les élites haïtiens crient au racisme, à la xénophobie et au mépris. Mais qu'ont-ils fait concrètement pour renverser ces images dégradantes ? Comme toutes excuses, ils sortent les même rengaines : séquelles de l'esclavage, la dette de l'indépendance, l'impérialisme européen, l'impérialisme américain, le néolibéralisme, etc. Mais ils semblent ignorer cette leçon, pour répéter avec Axelle Kabou, que « tout peuple est, en première et en dernière analyse, responsable de l'intégralité de son histoire, sans exclusive. »

En ce début du XXIième siècle, l'heure n'est plus aux prétextes et à la bouc-émissairisation, mais à l'action. Comme toute action découle indubitablement de la pensée, il nous faut des penseurs et des intellectuels pour façonner l'avenir de ce pays qui ne cesse d'être la risée du monde. Dans le début des années 1990, Claude Moïse et Émile Ollivier ont co-signé un ouvrage intitulé « Repenser Haïti ». À part quelques éclaircissements sur certains événements qui ont marqué la dictature de François Duvalier, l'ouvrage en question n'a apporté rien de neuf dans l'histoire des idées en Haïti. D'ailleurs, auraient-ils pu faire autrement ? On ne peut pas repenser quelque chose qui n'a jamais été pensé. On n'a jamais rien pensé, ni même d'ailleurs planifié pour ce pays. En tout cas, pas par les élites haïtiennes. En ce sens, les Haïtiens sont probablement parmi les seuls individus au monde à croire que leur développement et leur bien-être peuvent être pris en charge par d'autres personnes que par eux-mêmes. Ils devraient se réveiller et se rendre à l'évidence que le monde ne fonctionne pas de cette manière. Loin de là. C'est l'ère du vide. On serait tenté d'affirmer, pour pasticher Alain Finkielkraut, que c'est réellement la défaite de la pensée en Haïti.

Traditionnellement, les intellectuels haïtiens se contentent souvent d'appuyer politiquement les régimes corrompus et sanguinaires, les auréolant ainsi de leur prestige académique et professionnel. Ils ne se rendent pas toujours compte qu'ils se font utiliser par des politiciens allergiques à toute forme de pensée critique et constructive. Ainsi, on a vu des intellectuels de premier plan appuyer la dictature des Duvalier et le régime fasciste d'Aristide. Dans ce cas, on ne peut nullement s'étonner de leurs analyses erronées et souvent tendancieuses des réalités du pays. Ces derniers temps, on a même entendu certains d'entre eux (parmi ceux vivant au Canada) cautionner politiquement cette vague de violence qui déferle sur Port-au-Prince en affirmant sans vergogne qu'il s'agit d'une révolte de classes entre une majorité de pauvres contre une minorité de nantis. Sans vouloir polémiquer, il n'est peut-être pas superflu de rappeler que ces messieurs ont été des idéologues et même des ministres d'Aristide, qu'ils sont, de ce fait, partie intégrante de la débâcle du pays et, donc, voués, comme leur chef, aux poubelles de l'Histoire. De toute façon, on sait depuis Alexis de Tocqueville, « qu'une idée simple mais fausse est plus facile à répandre qu'une idée vraie mais complexe. »

L'aile libérale de ce qu'on pourrait considérer (faute de mieux) comme étant la bourgeoisie haïtienne a introduit depuis quelque temps dans le paysage du pays l'idée d'un nouveau contrat social. Là encore, il s'agit d'un concept vide, d'un fourre-tout. Ce n'est pas que l'idée soit mauvaise en soi. C'est qu'elle n'est pas explorée. On ne retrouve pas dans cette idée de nouveau contrat social des réflexions approfondies sur les institutions politiques, sur les organismes de contrôle, sur l'aménagement du territoire, sur les grands problèmes de santé publique, sur les graves problèmes environnementaux qui menacent le pays, sur la place d'Haïti dans la mondialisation et, bien entendu, rien sur la problématique des bidonvilles. Bref, on n'y retrouve aucun projet de société fiable et viable pour l'avenir de la nation.

L'avenir ?

L'avenir de ce pays dépend d'un changement radical de paradigme. Il incombe à la jeunesse de penser et de façonner la société dans laquelle elle souhaite évoluer. Ces hommes et ces femmes qui ont entre 20 et 45 ans aujourd'hui et qui sont étudiants, qui sont dans l'enseignement (secondaire et universitaire), qui sont dans le journalisme, dans l'édition et dans les centres de recherche doivent prendre leur destinée en main en disant haut, fort et de manière cohérente ce qu'ils veulent. Cette jeunesse doit aussi dire non avec conviction à certains maux qui rongent la société. En ce sens, la lutte contre l'impunité doit être un de leurs principaux chevaux de bataille. Ceux et celles qui ont commis des crimes de sang et économiques sous les Duvalier et Aristide qui courent en toute quiétude nos rues ou, encore, qui vivent paisiblement en Europe et en Amérique du Nord doivent savoir, contrairement à ce qu'ils pourraient penser, que leur passé les poursuivra toujours. Ils doivent savoir que le crime (quelle que soit sa catégorie) ne paie pas et que les décisions judiciaires peuvent être rétroactives. Car, il serait trop facile de tuer et de dilapider des fonds publics et penser s'en sortir aussi facilement. En regard de l'économie et du social, les jeunes doivent avoir une approche progressiste du développement. Il faut qu'ils soient tout simplement des patriotes du développement, ce qui nécessiterait une vision à long terme de la société. De la façon dont la situation se présente actuellement, il serait maladroit et même suicidaire d'espérer quoique ce soit de la part de nos aînés ou de nos intellectuels. Ces derniers sont manifestement fatigués, déphasés et même dépassés par leur mission historique. L'avenir d'Haïti dépend aussi d'une véritable bourgeoisie nationale, dans le sens, bien entendu, où l'entendait l'économiste marxiste haïtien, Alix Lamaute. Autrement dit, une bourgeoisie qui saurait que sa sécurité, sa survie et son prestige dépendent du bien-être généralisé de la population.

S'il y a quelque chose de positif qui peut sortir de ce chaos que l'on connaît actuellement, c'est qu'il y a dorénavant urgence de réfléchir et de penser sérieusement à l'avenir du pays. La misère et la violence ne sont pas des fatalités pour nous. Après deux cents ans d'indépendance, après des décennies de dictature et de violence politiques, l'heure a sonné de finalement penser ce pays et de dénoncer sans équivoque l'insoutenable légèreté historique de nos intellectuels et de nos élites.

Guy-Robert Saint-Cyr,
Courriel : saintcyr24@yahoo.fr




Publié par kwak à 17:26:20 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

THE STOMP : QUANTIC À BRUXELLES | 14 août 2005





Le jeudi 18 août dès minuit au Studio Athanor dans le cadre du festival Eurit'Mix, STRICTLY NICENESS présente Quantic . L'un de nos artistes préférés de ces dernières années vient découvrir Bruxelles et la Belgique . Réservons-lui un bel accueil.
EXPECT TIMELESS CLASSICS AND DISCOVERIES, RARITIES AND INSANITIES IN FUNK, SOUL AND BEYOND.

Line up :

+/ KWAK
+/ QUANTIC
+/ ELEVEN


@ ATHANOR STUDIO : 14 petite rue des bouchers, B-1000 Bruxelles
Entrée GRATUITE

Publié par kwak à 13:12:21 dans THE NEWS | Commentaires (0) |

SHARON JONES À L'AB LE 14/10 | 14 août 2005

Sharon Jones & The Dap Kings LIVE


Madame Sharon Jones sera de retour le vendredi 14 octobre à l'Ancienne Belgique dans le Club. Pour la troisième fois cette année et conformément aux prévisions, le Daptone Crew nous rend une petite visite pour un Daptone. Soul Review de derrière les fagots . YES !! .


KEEP PUTTING SOUL UP

Publié par kwak à 11:33:55 dans THE NEWS | Commentaires (0) |

ACTE | 12 août 2005


vendredi 12 février.
Il faut le savoir...le manque de bière conjugué à la violence intrinsèque de cette ville vous fait commettre certaines imprudences. La rue vous conseille de rester chez vous. Les voyous l'occupent, elle le sait, elle se préoccupe de votre sécurité, elle vous déconseille toute activité, comme si le monde en rue faisait fuir la sécurité plutôt que de la faire surgir de nulle part, cette chère Dame à laquelle tous aspirent, "Cloîtrez-vous" dit-elle,"vous courrez moins de danger". A vérifier, le geste de sortir de chez soi en ce pays peut vous coûter la vie sans même que vous ne vous en rendiez compte. Le matériel roulant étant ce qu'il est, et l'histoire du pot catalytique restant à inventer, le pari de ne pas mourir d'un cancer des poumons bien senti ou renversé par un camion Mack est audacieux, réalisable mais audacieux. Sans compter les balles perdues, les balles pas perdues, les non-assistances à peuple en danger, les occupants qui n'occupent que les salons des beaux quartiers (mais jamais après 20h), les gens qui attendent la providence (comme si...), le trafic de drogue et ses regrettables corollaires, l'absence d'état, le néant de tout, la "glorieuse" histoire et la vanité qu'on en tire, les évasions collectives du pénitencier national, la police, bref les menus dangers de ce pays... "Cloîtrez-vous. J'en tirerai toujours quelque chose.".
Prenons Josué, père de famille modèle, ex-policier pas payé reconverti dans l'assistance parentale. Il est dans la maison de son petit ménage avec ses amis, Prestige manque au frigo. Il sort pour se réapprovisionner et se fait renverser par une voiture. Quelqu'un le ramasse, l'accompagne à un dispensaire, nous allons l'y chercher, nous sa seconde famille , paniqués, pour l'emmener dans un hôpital dit convenable. Renversé par une voiture, ici c'est la peine de mort plus facilement qu'ailleurs. "Cloîtrez-vous. J'en tirerai tours quelque chose".
La "Clinique de la santé", située Ruelle Nazon, possède une salle d'opération fonctionnelle pour évaluer l'état général de notre ami et de ses fractures diverses. De surcroît, il y possède une "assurance". Le quartier est réputé dangereux, situé en pleine zone "chimère", les rats se battent dans les carcasses des voitures incendiées, les gamins y étudient leurs leçons aux abords des lampes publiques, les fusils mitrailleurs "Galil" aboient face aux "Fals" qui grognent, un groupe de reggae répète ses accords mineurs et désaccords majeurs, les hommes vigoureux suent la trouille et la bière, on parle bas, nous y arrivons, il est 0h30, Josué souffre. L'infirmière de garde nous ouvre les portes. Nous invite à ne pas traîner en rue. "Cloîtrez-vous". Nous portons le blessé vaille que vaille à l'intérieur.



Philippe Coicou

Publié par kwak à 19:12:46 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

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