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RAPPORT ANNUEL 2007 DE REPORTERS SANS FRONTIERES | 01 février 2007








Haïti
31 January 2007



Haïti - Rapport Annuel 2007






Aucun journaliste n'a été tué cette année et les
attaques contre la presse ont diminué à l'issue des élections du 7
février, malgré une insécurité persistante. En revanche, le
gouvernement du président René Préval n'a pas mis fin à l'impunité.


Très peu d'agressions et aucun
assassinat. Le bilan haïtien pour la presse est aussi positif que
surprenant, compte tenu de l'extrême insécurité régnant dans le pays
(surtout dans la capitale, Port-au-Prince) et du passé, pas si
lointain, où les journalistes risquaient à tout moment les représailles
des gangs, souvent liés à l'ancien pouvoir Lavalas. L'enjeu sécuritaire
est évidemment crucial pour la nouvelle présidence de René Préval, qui
a pris ses fonctions le 14 mai, mais les attaques ciblées contre les
journalistes en raison de leur profession ont nettement diminué.
L'assaut de bandits armés à Pétion-Ville (est de Port-au-Prince) contre
deux journalistes de Radio Kiskeya, Liliane Pierre-Paul et son frère
Stéphane Pierre-Paul, rédacteur en chef de la station, le 14 septembre,
est intervenu au moment d'une recrudescence du racket et des
enlèvements crapuleux. De même, le 26 mai, Lydie Bain Abdon, de Radio
Lumière, a échappé de peu à une tentative de kidnapping a priori sans
rapport avec sa qualité de journaliste.


Curieusement, les médias ont plutôt eu
à souffrir d'abus de pouvoir des autorités. Au mois d'octobre, Ernst
Cadichon, de Radio Galaxie, a eu le bras fracturé par des policiers
auprès desquels il s'était identifié comme journaliste, alors qu'il
couvrait une manifestation d'étudiants à Port-au-Prince. Le 3 novembre,
toujours dans la capitale, le photographe du quotidien Le Nouvelliste,
François Louis, a été violemment pris à partie par des soldats de la
Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah),
lors d'affrontements entre ces derniers et des partisans de l'ancien
président Jean-Bertrand Aristide. Le commandement de la force
d'interposition de l'Onu a présenté, cinq jours plus tard, des excuses
officielles à la rédaction. La presse est cependant loin d'avoir
surmonté les traumatismes subis pendant le mandat de Jean-Bertrand
Aristide et la période de transition. L'impunité risque de durer, tant
que la nouvelle administration Préval n'aura pas remis sur pied un
système judiciaire digne de ce nom. La Police nationale d'Haïti (PNH)
participe aussi de l'insécurité ambiante et les magistrats restent
dépourvus de moyens d'enquête. Plus grave, les chefs de gangs suspectés
d'assassinats de journalistes sont en liberté, au su et au vu de la
population. Le 12 septembre, François Daniel alias “Bibi”, chef d'une
bande armée du quartier de Solino à Port-au-Prince, et responsable
présumé de l'enlèvement et de l'assassinat, en juillet 2005, de Jacques
Roche, chef du service culturel du quotidien Le Matin, a même tenté de
monnayer son impunité en remettant des armes à la Commission nationale
de désarmement, de démantèlement et de réinsertion.


Par ailleurs, les nominations de
nouveaux juges d'instruction se font toujours attendre dans les
enquêtes sur les assassinats de Jean Dominique, directeur de Radio
Haïti Inter, et de Brignol Lindor, journaliste à Radio Echo 2000. Deux
chefs de gang suspectés d'avoir tué Jean Dominique en 2000, se
trouveraient actuellement à Martissant (banlieue de Port-au-Prince) où
ils auraient repris leurs activités criminelles. Un troisième s'est
enfui à l'étranger. La Cour de cassation, où le dossier Brignol Lindor
est resté en souffrance pendant deux ans, a finalement rejeté la
demande de constitution de partie civile de la famille du journaliste
assassiné en 2001 à Petit-Goâve (Sud) par des soutiens de Jean-Bertrand
Aristide.


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Paj kreyòl




























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Publié par kwak à 13:50:17 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

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