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HAITI ENVAHIE ? | 17 août 2006

NAPINGS : MENACES D'INVASION D'HAITI PAR LA REPUBLIQUE DOMINICAINE//Omega Staff Writers

By Omega Staff Writers

Aug 13, 2006, 12:07



Port-au-Prince, Haiti (OMC) - L'armée dominicaine se prépare à
organiser et intensifier des raids dans 5 Départements clés d'Haiti
(Ouest, Artibonite, Nord, Plateau Central , le Sud et la Grand'Anse )
en vue de démanteller des reseaux de kidnapeurs haitiens au nom de la
sécurité de la nation dominicaine, en s'inspirant des récentes
interventions des blindés israeliens au dela de la frontiere
isarelo-libanaise.

Une réunion internationale sur les moyens de 'intervention dominicaine
a eu lieu sous forme de télé conférence le 10 Aout dernier à Washington
, à Londres , à Ottawa et à Madrid pour décider de la date des attaques
à la fin de cette année ou au printemps 2007. Les autorités américaines
n'ont pas encore donné le feu vert à ce projet , optant pour une
solution à l'haitienne avec la constitution d'une Bridage nationale
Anti-terroriste (BAT) qui ferait le netoyage sur place en balayant
"l'armée des cannibales et des kidnapeurs" pro-Aristide , qui a
remplacé les forces régulieres des Forces Armées d'Haiti dissoutes par
le regime Lavalas. Dans cette perspective Washington souhaite la
formation d'un nouveau cabinet ministeriel avec un Ministre de la
Justice et de la Securité qui accorderait les pleins pouvoirs a la BAT
, appuyé par la PNH et la Minustah.

Les Dominicains souhaitent voir l'efficacité de cette nouvelle
institution dans la batalle contre le terrorisme en Haiti, sinon ils se
declarent prets à agir. L'Armée dominicaine a monté en ce sens une
vaste operation la semaine derniere , en arretant en une seule matinée
plus de 3.000 délinquants a travers son territoire juste pour demontrer
son efficacité et sa capacité à agir comme dans un exercice de
preparation qui concerne directement Haiti . Le Gouvernement de M.
Preval ne sera pas consulté au moment de l'intervention, celui ci étant
considéré comme un "incapable" en Dominicanie et l'un des éléments du
probleme, à cause de sa redevance électorale vis a vis de cette armée
illégale de criminels . La Dominicanie se decidera à agir lorsque sera
annoncée la nouvelle du kidnaping de 6 de ses diplomates en Haiti, dont
son Ambassadeur et ses consuls . Elle a déja signalé le kidnaping de 25
de ses ressortissants il y a une quinzaine de jours. Les rapports entre
le chef de la police dominicaine (un général) et celui d'Haiti (un ex
officier subalterne des Forces Armées d'Haiti reconverti en policier
sont des plus desequilibrés.

Une invasion dominicaine d'Haiti en ces moments tragiques de
decouragement collectif serait d'une facilité incroyable. La présence
des forces de l'ONU, purement symbolique, n'est pas non plus un
obstacle. D'autant plus que certains chefs de la mission de l'ONU sont
dominicains. Mieux encore, au moment de l'invasion, les bureaux de
l'ONU seront saccagés, déchouqués par des "noirs" en colere, veritable
montage comme au Liban. Les troupes de l'ONU stationnées au Liban n'ont
pas empeché l'invasion israelienne et se sont reconvertis plutot en
scouts pour apporter l'aide humanitaire.La Force intérimaire des
Nations unies au Liban (Finul), dont les effectifs etaient de 2.000 ,
avec le meme mandat que celui de la Minusta , n'ont rien fait. Le meme
scenario sera utilisé en Haiti . Les troupes armées de kidnapeurs en
Haiti sont assimilées au troupes du Hezbollah . Les dominicains se
preparent a de lourdes pertes pendant ce conflit mais veulent raser
Haiti une fois pour toute et la soumettre à son administration, sous
pretexte d'une insecurité menacant l'ile entière.

Pendant 2 mois les dominicains attaqueront avec la complicité de la
communauté internationale jusqu'à ce que l'ONU negocie un cessez-le-feu
. En attendant qu'il entre en vigueur, les dominicains auront encore un
mois pour continuer ses offensives a travers une vaste opération
terrestre.

La Republique Dominicaine et le president d'Haiti accepteront tous deux
la résolution de l'Onu qui prévoit la cessation des hostilités, et les
deux president (Fernandez et Preval) tomberont d'accord pour que les
armes se taisent, apres une veritable hacatombe en Haiti

Bombardements simulés et des centaines de soldats dominicains, appuyés
par l'aviation et l'artillerie, ont été acheminés depuis samedi dernier
a la frontiere, et l'objectif annoncé par les dirigeants de l'Armée
dominicaine est de progresser en direction des zones dangereuses de la
frontiere pour empecher une immigration sauvage des haitiens , en
attendant que l'ordre soit donné, pour nettoyer Haiti et éloigner le
Hezbollah haitien des kidnapeurs de la zone frontière.

L'aviation dominicaine compte détruire tous les ponts qui relient les
departements haitiens entre eux, isoler les communes et arrondissements
, pilonner la capitale , les regions en surplomb de l'Ouest (de
Kenskoff a la croix des bouquets) les villages de la Chaine des Matheux
, bombarder la Citadelle , forteresse croisée située sur un
promontoire, et reduire a néant les plaines de l'Aribonite et du Sud.
Les troupes terrestres provoqueront en pleine nuit un déluge de feu sur
les bidonvilles de Cite Soleil, de Cite Leternel, de Jalousie , de
Lafossette et de la Comedie, avant de se retirer .

Apres 3 mois de destruction, les 15 membres du Conseil de Securité
feront appliquer une résolution ( la resolution 1791 ou 1804 ) qui
appellera à "une cessation totale des hostilités fondée, en particulier
sur la cessation immédiate par les troupes de chimeres ou kidnapeurs
haitiens de toutes les attaques et la cessation immédiate par la
Dominicanie de toutes les offensives militaires".

Le gouvernement dominicain se réunira en urgence pour approuver la
résolution de l'Onu, mais dès le premier jour Fernandez donnera son
accord de principe. Le gouvernement haitien l'approuvera à l'unanimité,
malgré des "réserves" du Premier Ministre Alexis qui "exigera" une
nouvelle réunion de l'Onu pour parler de la mise en oeuvre de la
résolution. Le chef des chimeres , chef de l'Armee terroriste haitienne
des kidnapeurs , Amaral Duclonas, qualifiera la résolution "d'injuste"
mais "s'engagera" "à cesser tout acte d'hostilité" quand l'accord
négocié avec l'Onu entrera en vigueur.

Le Conseil de sécurité de l'Onu, La secrétaire d'Etat américaine,
Condoleezza Rice, veut eviter un tel scenario a Haiti , sachant qu'il
ne faudrait "pas plus d'un jour environ" pour parvenir à "tout
détruire", en Haiti et que 3 mois representeront un apocalypse . La
Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), dont les
effectifs passeront de 2.000 à 15.000 hommes, avec un mandat renforcé,
pourront reconstruire le Liban ou les grandes puissaances, surtout la
France ont des interets importants, mais Haiti ne sera pas
reconstruite.D'ou la necessité de la prise en main sans delai du
dossier Haiti par une vraie Force comme le souhaite Myrlande Manigat du
RDNP ou la Brigade d'Intervention Anti Terroriste (BAT) qui pourrait
"correspondre" avec les brigades criminelles qui mettent en danger tout
l'avenir d'Haiti.



 







 

Publié par kwak à 11:24:13 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

TEMPS OBSCURS PAR GIDEON LEVY | 09 août 2006

 

Temps obscurs





Gideon Lévy

Journaliste israélien



Haaretz, 30 juillet 2006



www.haaretz.co.il/hasite/spages/744202.html  



Version anglaise : www.haaretz.com/hasen/spages/744061.html  



(Traduction de l'hébreu : Michel Ghys)



A la guerre comme à la guerre : Israël va s'enfonçant dans une
atmosphère nationaliste véhémente et l'obscurité commence à tout
recouvrir. Les freins qui nous restaient sont usés, l'émoussement des
sens et la cécité caractéristiques de la société israélienne ces
dernières années, ne cessent de s'intensifier. L'arrière, dont on fait
l'éloge à tour de bras, est scindé en deux : le nord qui endure et le
centre qui, lui, est serein. Mais des deux côtés, la fibre belliqueuse
a pris le dessus, avec sa cruauté et sa soif de vengeance, et les voix
extrêmes qui jusqu'ici caractérisaient les marges du camp, sont
maintenant l'expression de son cœur. La gauche s'est une nouvelle fois
égarée, drapée dans son silence ou « avouant ses erreurs ». Israël
montre un visage uniforme, nationaliste.





La destruction que nous semons au Liban ne touche quasi personne et
elle n'est, pour l'essentiel, même pas montrée aux yeux des Israéliens.
Celui qui veut savoir à quoi ressemble Tyr maintenant, doit circuler
parmi les chaînes étrangères. Un reporter de la BBC en a rapporté des
images effrayantes, comme vous n‘en verrez pas chez nous. Comment
peut-on ne pas être choqué, scandalisé devant la souffrance terrible de
l'autre, due à notre propre action, même si le nord de notre pays
souffre ? La destruction que nous semons en ce moment également à Gaza
– près de 120 tués depuis l'enlèvement de Gilad Shalit, dont 27 pour la
seule journée de ce mercredi – touche moins encore. Les hôpitaux de
Gaza sont remplis d'enfants brûlés, mais qui s'en soucie ? L'obscurité
de la guerre dans le nord les couvre, eux aussi.





Depuis que nous avons été habitués à considérer qu'une punition
collective est, entre nos mains, une arme légitime, il n'y a pas lieu
de s'étonner que la cruelle punition infligée au Liban tout entier pour
les actes du Hezbollah ne suscite ici aucune discussion. Si à Naplouse
c'était permis, pourquoi pas à Beyrouth ? La seule critique à se faire
entendre à propos de la guerre porte sur des considérations tactiques –
chacun est maintenant général – et pousse essentiellement l'armée
israélienne à porter encore plus avant, plus profondément son action.
Commentateurs, généraux à la retraite et politiciens rivalisent de
suggestions extrêmes. Haïm Ramon [Ministre de la Justice - NdT] « ne
comprend pas » comment il y a encore de l'électricité à Baalbek. Eli
Yishai [député Shas - NdT] propose de transformer le sud du Liban en «
bac à sable ». Un reporter militaire de la première chaîne, Yoav Limor,
propose d'exposer les corps des combattants du Hezbollah tués et, le
lendemain, de faire défiler les prisonniers en sous-vêtements afin de «
renforcer le moral de l'arrière ». On devine aisément ce que nous
penserions d'une chaîne de télévision arabe dont le commentateur
s'exprimerait ainsi, mais encore quelques pertes ou quelques erreurs de
l'armée israélienne et la proposition de Yoav Limor sera mise en
application. Y a-t-il signe plus éclatant qu'on a perdu la raison et
toute humanité ?



Le chauvinisme et le désir de vengeance relèvent la tête. Si, il y a
quinze jours, seuls des personnages délirants comme le grand rabbin de
Tsefat, Shmouel Eliyahou, disaient qu'il fallait « raser toute localité
à partir de laquelle on tire sur Israël », c'est maintenant au tour
d'un officier supérieur de l'armée israélienne de s'exprimer ainsi à la
une de « Yediot Aharonot ». Nous n'avons peut-être pas encore
complètement rasé de villages libanais, mais nos lignes rouges, nous
sommes déjà bel et bien occupés à les effacer. Haïm Avraham, dont le
fils avait été enlevé et tué par le Hezbollah en octobre 2000, tire
pour les journalistes un obus de l'armée israélienne en direction du
sud du Liban : vengeance pour l'assassinat de son fils. Son image, au
moment où il saisit l'obus tout décoré, était une des plus humiliantes
de cette guerre, à son commencement. Un groupe de jeunes filles a lui
aussi été photographié alors qu'elles ornaient des obus de l'armée
israélienne d'inscriptions arrogantes. Les pages de « Maariv » – le «
Fox » israélien – s'ornent d'un slogan chauviniste évoquant une machine
de propagande particulièrement basse, « Israël est fort », ce qui
témoigne justement de faiblesse. Et un commentateur de télévision
appelle à bombarder une station de télévision.



Le Liban qui n'a jamais fait la guerre à Israël, un pays avec 40
quotidiens, 42 universités et une centaine de banques différentes, est
en train d'être détruit par nos avions et nos canons, et presque
personne ne prend en compte le prix de la haine que nous semons.
L'image d'Israël dans l'opinion internationale est devenue monstrueuse
et cela non plus, en attendant, n'est pas enregistré à la rubrique
‘dette' de cette guerre. Israël est marqué de lourdes taches morales
qu'on n'enlèvera pas rapidement. Il n'y a que chez nous qu'on ne veut
pas les voir.





Le peuple veut une victoire mais nul ne sait au juste ce que ce serait,
ni quel en sera le prix. Une guerre qui n'amènera jamais rien de
décisif s'enlise sans que personne puisse en fixer le terme.



Face à tout cela, la gauche sioniste a perdu elle aussi toute
pertinence. Comme lors de toute rude épreuve dans le passé – au moment,
par exemple, où les deux Intifadas ont éclaté – la gauche a, cette fois
encore, échoué au moment précis où sa voix aurait été si vitale pour
faire contrepoids aux roulements de tambours de la guerre. A quoi bon
une gauche, si à chaque véritable épreuve, elle se joint au chœur
national ? Le Parti Travailliste s'est à nouveau révélé être un
partenaire dévoué à tout gouvernement : même Yuli Tamir et Shelly
Yacimovich, on ne les entend plus du tout ; le mouvement « La Paix
Maintenant » est frappé de mutisme ; même le Meretz se tait, sauf la
courageuse députée Zehava Gal-On. Quelques jours d'une guerre voulue et
déjà Yehoshua Sobol avoue s'être trompé sur toute la ligne : « La Paix
Maintenant » est tout à coup, selon lui, un « slogan infantile ». Ses
amis se taisent et leur silence ne résonne pas moins. Seule l'extrême
gauche donne de la voix, mais c'est une voix que personne n'écoute.





Les ténèbres à la face de l'abîme : bien avant que la guerre ne soit
conclue, on peut déjà établir qu'à son coût croissant s'ajoute aussi
l'obscurité morale qui nous enveloppe et qui ne menace pas moins notre
existence et notre image que les Katiouchas du Hezbollah.



 



 

Publié par kwak à 14:52:54 dans CHRONIQUES | Commentaires (0) |

HEAVY ROTATION ETE 2006 | 03 août 2006

+/ Quantic : An announcement to answer (Tru Thoughts). 2LP

+/ Nostalgia 77 : The Hope Suite ( Tru Thoughts). 12 inch

+/ Antibalas AB Orchestra : ROC (Purpose Records). 12inch

+/ Gnarls Barkley : St Elsewhere (GB/ Warner). LP

+/ Kwak aka Baron Samedi : Trop vieux pour le rap (Unreleased). CDR

+/ Konkret 53 Allstars feat. Kwak : On est venus s'exprimer (Unreleased). CDR

+/ Geraldo Frisina : The Latin Kick (Schema Records). 2LP

+/ Edan : Beauty and the beat (Lewis Recordings). LP

+/ Pitcho : Imagine (Skinfama Unreleased). www.skinfama.com

+/ V/A : Searching for soul (Luv N Haight/ Ubiquity). 2LP

+/ V/A : The Kajmere Sound (Kajmere Records). CD


Publié par kwak à 16:52:08 dans KWAK 'S HEAVY ROTATION | Commentaires (0) |

CONTE DE 2 VILLES | 03 août 2006

Bruxelles. 23h39



Ils m'auront pas... je me promets qu'ils ne m'auront pas. « Vous m'aurez
pas ».J'ai de l'acide lactique dans les jambes, ça fait mal, ils
courent plus vite que moi ces salauds, respire, respire, régule ton
souffle. Vous ne m'aurez pas, enculés, je sais même pas ce qu'ils
veulent, j'ai peur. Accélère. Regarde avant de traverser, ce serait con
de se faire avoir par un bus, l'alliance balkanico-turque est furax on
dirait, pourtant, je ne faisais que passer dans leur quartier, comme si
un quartier vous appartenait en propre... faudrait peut-être vous payer
une redevance ? Si le contexte n'était pas aussi tendu, je rigolerais...
hahaha, un bulgare, un grec et un turc en train de courser un nègre,
c'est beau le multiculturel ; et la finalité de l'histoire encore plus...
la tolérance a encore de beaux jours devant elle, je vous le dit... ils
m'auront pas, accélère ! , pas un abri potentiel et je sais toujours
pas ce qu'ils me veulent , à part la redevance « quartier privé »,
comme si... putain, ils se rapprochent. Je traverse une seconde rue,
respire ! , les gens me regardent en se marrant. C'est bizarre cette
sensation de connivence dans ce quartier, il n'y a personne pour me
tirer de ce, disons-le franchement, très mauvais pas. Elle est belle la
solidarité des humains ! , heureusement qu'il y a les humanitaires. Ca
pue pour mon matricule, soyons honnête. La prochaine fois, j'évite...
encore faut-il qu'il y en ai une, de prochaine fois, pour l'instant,
c'est pas gagné. Ils m'auront pas. Je suis crevé, (la cigarette ...)
Respire ! Accélère ! Je me suis promené dans les pires trous de cette
stupide planète sans problèmes, j'arrive dans une ville dite civilisée,
et j'ai des histoires. Je maudis l'ironie de cette situation. « Vous
m'aurez pas bande d'enculés , on m'appelles Marathon Man», ils doivent
se marrer de m'entendre m'égosiller en ce moment, comme si j'avais que
ça à foutre. Les engueuler. Alors que les crampes se rapprochent à
grands pas, presque aussi grands que les miens d'ailleurs. J'ai peur.
J'ai mal aux jambes, les poumons en feu. On s'étonne souvent de trouver
son second souffle, moi je m' inquiète de ne pas le trouver alors que
j'en ai désespérément besoin. Quand j'étais plus jeune, je pratiquais
les arts martiaux, là, c'est la course de fond... moi qui déteste le
jogging, me voici servi. Le terrain est crapuleusement irrégulier, le
pavé occidental est ce qu'il a toujours été, attention aux entorses,
c'est absolument pas le moment. J'aurais mieux fait de leur rentrer
dedans au premier contact : « donnes-nous ton pognon, fils de pute !
ici, t'es chez nous, faut que tu raques ! ». Je leur ai répondu : »ne
moleste pas ma pauvre mère, abruti ». La- dessus, j'ai pris un pain
venu de derrière moi. Chaussée de Haecht. Que j'aurais dû rendre dans
l'instant. Ca déstabilise l'assaillant quant tu t'attaques au plus gros
d'entre eux. Il était face à moi, le gros, j'aurais pu l'allonger. Un
bon coup de pied dans le plexus, comme avant... Maintenant, je cavale
comme Forrest Gump. L'aboulie, ça peut vous causer des problèmes mon
bon monsieur. De même que le second degré. Ils m'auront pas. J'ai mal
aux jambes, tiens ! les poumons oublient leur souffrance... la rue est
calme, trop calme, sombre, couleur orangée comme ces spots ignobles de
l'éclairage public. Il se fait qu'ici, il est défaillant ; de surcroît,
les plaques de verglas faussent les appuis. J'arrive au Botanique en
longeant la rue Royale St Marie. Fais gaffe... ils se rapprochent, je
sens que ça va être ma fête dans pas longtemps. Accélères ! , si tu
veux pas passer à la casserole. En plus, j'ai pas un balle, mais je ne
crois pas que ça les intéresse, c'est plus du blé qu'ils veulent, c'est
un trophée pourtant, j'ai rien d'une belle blonde à gros seins qu'ils
pourraient se farcir avec beaucoup moins d'efforts. Ils sont toujours
là, tenaces les cochons. Je regagne un peu de terrain, c'est bon pour
le moral. Je tourne rue de la poste. Ca fait près de 20 minutes. Quand
je pense que je suis pauvre, ça me fait rire... malgré la peur. Ca ne
servirait à rien de le leur dire, je présume. Ils sont enragés. Je les
entends m'insulter, maudire ma condition physique, râler, pester contre
les sportifs ; ben oui, les gars, la truande, ça demande de l'effort,
ou de l'imagination, c'est selon. « Vous êtes cons, j'ai rien en poche
». « On va te baiser, fils de pute ». En plus, ils ont du vocabulaire.
Je suis verni, rien à dire . « Vous m'aurez pas ». Le virage à droite
n'est pas des plus heureux. Rue Verte. Ses vitrines, ses Nigérianes.
Ses filles de l'Est. Ce serait beau si je n' étais pas pressé. J'ai
fait une erreur. Deux erreurs : mon lacet gauche se défait.





Port Au Prince. 17H39



La nuit est noire. Moi aussi, ça tombe bien. Je m'y fonds. Ca m'amuse
de foutre la trouille à ce gars que je poursuis. Pas de mes assiduités,
non. Suis pas masisi (1). Suis racaille comme dirait Sarkozy le fils de
hongrois tendance fasciste  qu'ils ont le malheur d'avoir comme
ministre au pays La France. Le grimaud court vite. « Je vais t'avoir ».
Il faut que je l'attrape. Ta rançon, c'est mon salaire. Ici, nécessité
fait loi. Ici, la nuit fait lwa(2). Ici, les lwa font la loi. Le
grimaud remonte la rue Dalencourt vers Canapé Vert. Me demande ce que
ce blanc faisait dehors, à pied , à cette heure-ci. En tous cas, ça
m'arrange, j'avais rien à me mettre sous la dent. Si je le kidnappe,
mes femmes seront nourries pour 2 semaines. 18 ans, 3 filles et leur
mère. Les blancs ont la contraception ; nous, la fécondation. Il tourne
à droite, descend vers Bois Verna. Il est en forme ce con. Quand je
l'attrape, je le démolis. Pour m'avoir fait courir autant. Pour le
plaisir. Faut pas rigoler. Comme si je souffrais pas assez. Faut faire
du sport pour gagner sa soupe. J'ai les crocs. Le chef sera content. A
condition que... « J'vais t'avoir ». J'en ai besoin. Je le baillonnerai,
le mettrai dans un taptap (3) de mes amis, descendrai avec mon trophée
à Carrefour Martissant 17. Ogou sera content. Ogou, c'est mon boss.
J'en ai peur. Tout le quartier en a peur. Toute la ville même... C'est
son nom jwet (4), personne ne connaît son vrai nom. Pas même lui, je
crois. Il l' a oublié. Je toucherai 50 dollars. Haïtiens. Ils appellent
cela l'inflation. Moi, l'arnaque. Ogou, lui, touchera entre 100 et 200
mille dollars. US. On appelle ça le capitalisme. Je suis un
capitaliste, né à la capitale, Ogou, lui, est né dans les mornes
mornes. Il appelle ça l'indexation de son salaire. « J'vais t'avoir,
pitit bouzin (5) ». Tu peux courir, tu ne m'échapperas pas. J'abandonne
mes tongs, la corne de mes pieds est solide. Même en Air Max, il est
plus lent que moi. J'ai les crocs, je te dit. Elle est belle la Ginger
Bread (6). Avenue Lamartinière. On dit que la famille l'a abandonné à
l'époque de Titid, se sont enfuis devant la victoire électorale du
petit père des pauvres. N'a rien fait pour nous celui-là, sauf renoncer
à ses sacrements. Ce qui n'a pas mis de maïs moulu dans mon assiette.
J'ai pas connu la dictature, du moins, l'ancienne dictature. Celle-ci,
je la connais par cœur. Comme mes tables de multiplication. 2 et 1 font
21. 3 et 1 font 31. 5 et 0 font 50. C'est logique. Comme les tarifs de
notre profession. Un grimaud vaut plus qu'un noir. C'est comme ça dans
ce pays. Chez les blancs, on regarde pas à la couleur. Ici, c'est
différent. Toute couleur a son prix. « Plus clair, plus cher » .
Proverbe des chimères. Il descend vers le Champ de Mars. Il a tellement
peur qu'il se jette dans la gueule du loup. « On va t'avoir ». 
Bientôt, je ne serai plus seul. Les gars de Bel-Air vont venir me
seconder. Peut-être. Ca ne m'arrange pas, je devrais partager ma maigre
pitance avec eux. Faut que je le choppe avant. Malgré l'inconvénient,
je siffle pour appeler du renfort. Quand je vais à confesse, le Père
(blanc bleu belge) me sermonne sur mes activités. Pourtant, malgré mes
(nombreuses) prières, Jésus ne dépose rien sur la table familiale.
Quand je le lui dit, le Père me répond que les voies du Seigneur sont
impénétrables. Mon estomac, lui, est impénétré. Merci Mon Dieu... J'ai
mal aux jambes. J'ai un grand goût( 7). Merci Mon Dieu pour l'exercice.
A défaut du pain quotidien.



(1)    Homosexuel

(2)    Esprit du vaudou

(3)    Taxi collectif

(4)    Surnom

(5)    Fils de pute

(6)    Pain d'épices. Type d'architecture « en dentelle de bois» typiquement Caraïbéen.

(7)    Traduction littérale de « Mwen gen gran gou » (j'ai faim)


Publié par kwak à 16:31:59 dans NOUVELLES | Commentaires (0) |

FACON FASO : HIP HOP AU BURKINA FASO | 03 août 2006

Le « Kunde d'or », prix du meilleur musicien burkinabé a, cette année,
récompensé un rappeur. Donnant ainsi au rap du pays des hommes intègres
la reconnaissance qui lui revient. L'occasion de faire connaissance
avec ce genre musical, en pleine expansion au Burkina Faso comme
partout ailleurs en Afrique, et de rencontrer ses acteurs.





Juin 2006, Wemtenga, Ouagadougou.



Au Studio Abazon, centre nerveux du hip hop façon Faso, Faso Kombat
travaille à son nouvel album. David Le Combattant construit ses rimes
sur dictaphone dans la salle d'enregistrement. Energique, il sort de la
cabine, vient demander  à son compère le nom d'un ex chef d' état
sénégalais actuellement Président de la Francophonie puis retourne à
son appareil et à son futur texte. Malkom écoute l'instrumental en
devenir sur lequel, dans un moment, il posera son flow en Français. Il
ira écrire dehors à l'abri du bruit et de l'agitation de son acolyte.
David, lui, rappera en More. Smockey triture son Korg Triton et son
ordinateur à la recherche d'un beat bien sale. Il terminait, il y a
quelques heures à peine, le mixage de l'album à venir d'un groupe de
Bobo-Dioulasso appelé Mic K Panga (la force du micro). Les hommes sont
détendus, plaisantent ensemble, discutent de football (actualité oblige
! ), de rap et de religion. Se vannent à propos de leur origine
ethnique. La parenté à plaisanterie (système de régulation des conflits
interethniques par la plaisanterie et l'humour) fonctionne ici à plein
régime. Bientôt, la musique, les lyrics et les hommes seront prêts. Une
nouvelle page du hip hop burkinabé va s'écrire.



Façon Faso.



Le Burkina Faso, une mosaïque culturelle de 12 millions d'habitants,
près de 60 éthnies, et donc 60 langues pour produire des rimes.
Pléthore d'artistes, des studios, des activistes bénévoles, des
émissions de radio, une rubrique hebdomadaire « La lettre 2 rap » dans
une revue à diffusion nationale  une émission télé baptisée « All
Flowz » consacrée au rap, diffusée sur la chaîne nationale et
disponible sur le net (*), un festival international (Ouaga Hip Hop),
autant d ‘éléments qui permettent d'attester de la vivacité de la scène
burkinabée, de sa diversité aussi, de sa qualité, enfin. Ses débuts
furent difficiles pourtant. On raconte que le journaliste (Yacouba
Traore ; actuel directeur de la Radio Télévision Burkinabé) qui, le
premier avait invité un groupe de hip hop (Yeleen) à la télévision,
reçut après l'émission des lettres d'insultes le traitant de voyou
puisqu'il recevait des « voyous » sur le plateau. Aujourd'hui encore,
peu de scènes sont dédiées au rap (Smockey lui-même ne fait que 4 ou 5
concerts par an dans le pays), peu de gros studios et de structures
d'envergure se consacrent à l'enregistrement et à la promotion des
artistes de rap alors que la demande est grande.



Les vocations pour le rap se sont éveillées au Faso aux alentours de
1989-90 avec le breakdance, les albums de Public Enemy, Naughty By
Nature ou LL Cool J, mais le premier album de hip hop burkinabé date de
1997 avec l'album de l'artiste  Basic Soul . La compilation « Faso
Connexion », produite par le label 8eme Sens en 1999 et vendue à 2000
exemplaires, suscite l'engouement des jeunes, les incitant à se lancer
dans le débat. On y retrouve des groupes de Ouagadougou qui,
actuellement, sont des valeurs sûres du Hip Hop : Wemteng Clan, 2Kas,
OBC, Sofaa, KTA, pour ne citer que ceux-là. La seconde compilation
produite par 8eme Sens, et lancée à peine quelques mois plus tard, se
vend à 8000 copies. « Chroniks Noires » est une réelle amorce du
mouvement et révèle au public des groupes comme Yeleen, Clepto Gang, La
Censure et d'autres encore. Le retour de Smockey au pays en 2001, et
l'ouverture de son studio Abazon va définitivement lancer le mouvement.
Les artistes s'y bousculent pour enregistrer leurs rimes sur ses
productions. Depuis, près de 30 albums ont été enregistrés à Abazon. La
compilation « La part des ténèbres », les albums de La Censure, Faso
Kombat,  2Kas, Wed Hyack (le chouchou de ces dames), Yeleen (qui
deviendra le porte-flambeau du rap burkinabé pavant ainsi la voie pour
d'autres), les 2 albums de Smockey lui-même (il prépare actuellement
son troisième opus), Clepto Gang, etc.





«  Mon destin est propre à l'auto-prod » (Booba)





Le meilleur moyen pour les artistes d'exister sur le marché est de
s'auto- produire. Financer l'enregistrement et les supports de
diffusion de ses œuvres, distribuer soi-même ses cassettes (le cd est
largement minoritaire faute de lecteurs) reste la meilleure façon de
s'introduire dans les cours. Bien entendu, la presse écrite, la radio
et la télévision jouent un  rôle non -négligeable dans la
promotion des artistes. Il n'empêche que la débrouille et
l'individualisme règnent en maître. « En dehors du rap, je suis
mécanicien- soudeur, je fais de la plomberie. Tous les jobs qui me
tombent sous la main. J'économise puis on va en studio pour travailler
» dit Bala. Tous travaillent dur, mais chacun dans son coin. Le marché
fait le tri. Le respect de la part public aussi.

Les chiffres de vente, pour un album à succès vont de 10 à 20.000
exemplaires (Smockey ou Kravan par exemple). Les cartons vendent
30-35.000 (Yeleen, Faso Kombat). Mais la musique ne nourrit que
rarement et chichement son homme.



Des structures d'enregistrement et de promotion se sont crée, peu
nombreuses mais très actives à l'image de la scène. Des jeunes se
lancent dans le management, il y a, parmi eux, une réelle envie de
participer à l'éclosion du mouvement malgré des moyens parfois
rudimentaires voire inexistants. Un activiste bénévole , animateur d'un
blog consacré au rap burkinabé (Burkina Rap Connexion), confiait que
certains managers ne possèdent pas de boite mail ou ne sont que
rarement joignables, même par téléphone.









« Au Faso, on rappe dans toutes les langues » (Smockey)





A ses débuts, le rap burkinabé se déclamait principalement en Français
et en Anglais. Il ne serait venu à l'idée de personne, à l'époque, de
rapper dans les langues véhiculaires que sont le More et le Dioulla.
Aujourd'hui, le tabou est tombé. Les rappers souhaitent que leurs
paroles soient  entendues par la majorité de leurs auditeurs
potentiels comme se débarrasser de la tutelle encombrante des grands
frères français ou américains. Tous les artistes insistent sur la
nécessité de maîtriser l'outil que représente la langue, sur la
capacité à faire passer leur message. Le Français étant compris par une
minorité, ils ont compris l'intérêt de s'adresser à eux dans leur
langue propre. Smockey (prononcer : s'moquer) : « Je m'exprime beaucoup
mieux en français qu'en langue Bissa qui n'est pas la langue qui soit
forcément le mieux adaptée à mon expérience personnelle. Néanmoins, le
rap qui marche ici en Afrique, est celui qui puise son inspiration dans
ses racines africaines. ». Le nombre d'albums publiés a fait que chacun
veut affirmer sa différence par rapport aux autres. Imprimer son style.
Les artistes incorporent des éléments de leur culture dans leur
musique. Et le public les suit. Les y encourage même, s'y retrouvant
sans doute mieux. Les groupes burkinabés les plus populaires, y compris
à l'étranger, sont ceux qui combinent rap en français et rap en langues
comme Yeleen ou Faso Kombat.



Ouaga – Bobo : Rap du béton et rap du village





Moins d'argent, pas d'émissions de radio à l'époque et donc moins
d'influences extérieures, pas de studios, très peu de concerts, Bobo-
Dioulasso  la culturelle, seconde ville du Burkina Faso, et siège
de la Semaine Nationale de la Culture, a appris le hip hop par
elle-même. Elle rappe par nécéssité. Par passion. Rap Tshikan (les
messagers du rap) : « Au lieu qu'on nous paie pour monter sur scène,
nous payons pour y aller ».  Les premiers soundsystems de Bobo se
déroulèrent vers 1995/96, organisés par les MC's eux-mêmes.



 Pas un groupe de Bobo, hormis Mic K Panga ( dont l'album est à
venir) qui ait sorti un album pourtant le mouvement est vivace. Bobo
est divisé en 25 secteurs avec en moyenne 4 ou 5 groupes par secteur.
Une compilation de rap bobolais (Bobo Connexion) est en préparation à
l'instigation de King Charlie, amateur de rap et musicien professionnel
: « Il y a de vraies valeurs ici à Bobo, mais elles sont étouffées par
le marketing. Tout se passe à Ouagadougou. Ici, c'est un autre rythme,
un autre style, une autre tradition, une autre langue. ».



Bala (Mic K Panga) : « Il y a plus d'originalité dans le rap bobolais
notamment au niveau des textes. A Ouaga, on imite trop le style
français. Ils ne peuvent pas être meilleurs que là-bas. Donc, c'est une
perte de temps. C'est dommage ». On ne cherche pas de mots compliqués
pour faire du rap à Bobo. « A Bobo, on cherche des mots simples pour
faire des rimes simples. A l'image de Tiken Jah Fakoly, ses textes sont
énormes mais simples et donc compris par tout le monde, tandis qu'Alpha
Blondy  écrit des textes plus philosophiques et donc moins
accessibles ».







Réseau hiphop panafricain.



Le Burkina Faso, pays enclavé, l'est aussi du point de vue de ses
musiques. Sa position centrale dans la sous- région, à l'image du
réseau routier, lui donne accès à tous les pays alentours. Les rappers
burkinabés s'exportent de plus en plus, développant des connections
avec les activistes ouest- africains. Tous insistent sur la nécessité
absolue de sortir du pays pour exercer leur art, progresser et revenir
plus forts dans leur pays. Jérémie Ouatarra, dit DNJ, du label 8eme
Sens : « On veut faire tourner nos artistes dans les pays limitrophes,
exporter notre musique... un réseau dans la sous- région nous permettrait
de nous professionnaliser. On a besoin de connexions extérieures ». Le
pays de référence est le Sénégal, phare historique du hip hop
subrégional. « La manière de faire des Sénégalais nous a donné
énormément de motivation car ils puisaient leur inspiration de leur
propre culture » dit Bala de Mic K Panga. On regarde aussi vers le
Togo, le Gabon, le Mali, le Bénin ; la France et l'Europe étant perçues
comme une hypothèse et non un but en soi. Cette façon de voir donne
raison aux artistes. Faso Kombat fait salle comble au festival de
Cotonou, Smockey collabore avec Awadi, OBC avec des Nigériens et tisse
des liens au Ghana. Pour Ali Diallo, organisateur du festival Ouaga Hip
Hop, la richesse de la culture africaine (langues, ethnies, etc) est le
pilier du développement du rap africain, la plus sûre garantie de son
émancipation et de sa reconnaissance sur les autres continents. Affaire
à suivre donc...





(*) à l'adresse suivante : www.tnb.bf



Merci à Mathurin « Math Cool J » Soubeiga, Sadu S.B, Smockey, Cédric
AVIP, D.Vy, Ali Diallo, Konkret 53, Aïski de Bobo et les artistes pour
leur collaboration à cet article.


Publié par kwak à 16:30:49 dans REPORTAGES | Commentaires (27) |

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