Dans la mouvance néo-soul actuelle, trop de jeunes chats voudraient miauler comme Stevie Wonder ou Marvin Gaye sans pour autant réellement approcher la sensibilité propre à ces 2 matous inégalables. C'est dommage. Ricky, lui miaule de façon plus directe, moins référencielle. Ses parrains d'élection sont Otis Redding, Wilson Pickett ou Sam Cooke dont on a la sensation qu'ils sont moins reconnus par la génération actuelle. Le chaton doit certes encore s'agguerir, mais il est stable sur ses appuis, confiant en ses capacités, en sa bonne étoile.
"Rewind" est un album encré dans la tradition du sud. On pense "Stax", "Muscle Shoals", on ressent les cuivres entêtants, les sections de cordes, et cette voix...Eraillée à façon, intrinsèquement blues, fondamentalement soulful, somptueuse. On ressent cette collection de chansons quasi-parfaites, composées et arrangées par Jesse Harris (de l'équipe de Norah Jones) dont l'immédiateté fait qu'elles resteront durablement imprimées dans le cortex de celle qui les entend. Celui qui les écoute aura cette sensation d'intemporalité, il se dira :" je connais sans reconnaitre, on dirait untel. Tiens!, c'est Ricky Fanté. C'est doux, c'est nouveau ? ".
Rien de neuf sous le soleil donc? C'est vrai, mais ce soleil-là est tellement agréable qu'on n'en veut pas d'autre.