Pour ceux qui ne l'aurait pas encore remarqué, le spectacle vivant et moi, c'est une vraie histoire d'amour. Et pourtant, l'opéra, jusqu'à hier soir, ça ne le faisait pas. Incompréhensible.... Enfin si, je me disais, la longueur, les histoires tragiques, le côté figé souvent, emprunté.... Bref, tout plein d'excuses finalement pour excuser ma non sensibilité à la chose.
Après discussion sans fin avec des fans d'opéra, je me décide à ré essayer. Et sur les conseils avisés d'un de ces fans, j'opte pour Mme Butterfly, programmé en ce moment à l'Opéra Bastille, dans la scénographie de Bob Wilson.
Et là, j'ai eu le souffle coupé. Je suis "rentrée" dans l'oeuvre, quelque chose qui m'arrive parfois (souvent) avec des oeuvres chorégraphiques. Je me suis perdue dans la musique de Puccini, dans les voix des chanteurs. Mes yeux ont dévoré de plaisir les costumes et les décors épurés. Pureté, intensité de l'émotion, redoublée quand les larmes se sont mises à perler, à couler sur mon visage et dans mon décolleté, silencieuses. Les vibrations des sons et le jeu d'acteurs des chanteurs, mélés au drame, ont fusionné dans mon coeur et dans ma cervelle, aux côtés de l'être aimé, qui lui aussi je le sentais, se laissait entraîner et dériver.
J'ai compris. Car quand ça se produit, c'est un orgasmagique qui vous envahit. Quelque chose qui vient de nulle part et qui repart ailleurs. Un instant irreproductible car figé dans son unicité par la combinaison des hommes et des femmes qui le produisent.
Waouh.... J'ai bien fait de ré essayer. Et j'y retournerai....
Réagissez, que diable !