"On croise toujours deux fois les gens qui nous intéressent. La vie nous donne une deuxième chance, par gentillesse ou charité, ou parce que ça l'arrange."
Le Chameau Sauvage.
Unknown : "Apprendre à faire semblant pour ne plus avoir mal, apprendre à prendre son temps pour ne plus faire du mal"
Daniel partait au travail, déjà éreinté de la journée qui l'attendait, il faisait son travail machinalement, il avait oublié pourquoi il l'avait choisi au départ, ah si, parce que ça payait bien, mais Daniel se demandait pourquoi faire tout cela, pour ne jamais voir ses enfants sauf le dimanche en coup de vent, pour leur offrir les meilleurs des vacances mais ne jamais en profiter avec eux, pour apprécier sa femme, surtout en photo faute de lui consacrer du temps, Daniel était fatigué de ressasser tout cela alors qu'il s'engouffrait dans le métro...
Virginia marchait d'un pas pressé avec son parfait costume d'executive woman, l'air sûre d'elle, forte tête, tirée à quatre épingle elle donnait l'air d'une battante, voir d'une combattante, personne n'osait lui marcher sur les pieds dans la multinationale où elle travaillait, elle était même un modèle de réussite pour ses collègues féminines. Et pourtant elle affichait un tout autre visage quand elle était entre les quatres murs de son Home sweet Home. Brimée par son mari, elle chaussait rapidement ses pantoufles pour faire la popote et courrait pour lui ouvrir sa bière à peine avait-il franchi le pas de la porte. Virginia était devenue une pro du maquillage afin de camoufler les bleus qu'il lui faisait quand elle avait trop laissé cuir son steack... C'est d'un air assuré et parfaitement grimée qu'elle entrait dans la rame du métro, ligne 9.
Qu'est-ce qui lui avait pris d'accepter ce rendez-vous ? Depuis son divorce Marianne n'avait pas fréquenté d'autres hommes, elle sortait souvent avec ses copines mais rentrait toujours seule, pas réellement prête à trouver ou retrouver son statut de femme célibataire. Et puis elle s'était mise à tchatter, après tout elle avait juste 32 ans, sa vie devant elle, alors il devait bien avoir un homme quelque part pour elle, et pourquoi pas sur le net ? Depuis des mois elle parlait à cet Adrien, il était charmant, attentif et brillant, et elle s'était décidée à accepter ce simple café ce soir après le travail. Elle n'aurait pas le temps de se changer avant d'y aller, et elle méditait devant son reflet dans les vitres du métro en se trouvant affreuse ! Allez il fallait y aller, et elle grimpa la marche pour se serrer aux autres travailleurs parisiens.
Putain putain putain ! Yves avait l'impression de puer l'after shave, il avait enfin réussit à trouver un endroit pour se doucher dans cette sacrée ville !! Depuis déjà 6 mois qu'il vivait sous les ponts parisiens, il n'avait plus d'espoir de trouver un emploi et puis cette annonce, une pièce, un coup de fil, un entretien, il n'en revenait pas... Il avait soutiré un costume à un de ses compatriotes de la bouche d'égoût, et était allé prendre une douche dans un refuge... Et le voila puant pour une fois autre chose que la vinasse et ne fraudant pas ce putain de métro, se coller à d'autres personnes inconnus, un étranger parmis les étrangers...
Les uns à cotés des autres, les lumières s'éteignent, le métro stoppe, et la bombe éclate... Le sang coule, l'hémorragie commence...
Publié par timounch à 23:59:18 dans Juste comme ça | Commentaires (4) | Permaliens
"Running up that hill" (Kate Bush) Placebo
Elle dormait recroquevillée comme pour retenir son corps prêt à s'échapper. Elle fermait les yeux même si elle avait peur du noir, elle avait trop longtemps dormi les yeux ouverts.
Elle écoutait les bruits de la nuit, neutraliser un sens pour en exacerber un autre... Un peu comme la vie : anesthésier l'esprit pour pouvoir opérer tout le reste.
Et puis survivre, même amputé d'un bras on peut se servir de l'autre.
Alors elle dort recroquevillée pour retenir son corps, pour être en plein dans sa vie. La position foetale comme certains disent, alors chaque matin elle renait, elle efface les chagrins et elle commence une nouvelle vie.
Elle s'étire les yeux encore fermés, absorbée par le bruit des éboeurs et des poubelles, elle compte les gouttes tomber, sa chasse d'eau est cassée. Ses bras se lèvent et se détendent, son cou se délie et ses jambes se jettent au-dessus des draps : elle ouvre les yeux, elle n'entends plus, elle voit.
Sa vie c'est ça, un éternel recommencement.
Si ce n'est pas ça la vie ? Tant pis, je naitrais demain, qui sait ?
C'est aussi ça la vie, la spontanéité tuée dans l'oeuf ! la mienne je la ravale !
Publié par timounch à 10:55:05 dans Juste comme ça | Commentaires (3) | Permaliens
Pendant que beaucoup fêtent la victoire des français au foot, et leur arrivée en finale, je préfère me ballader au Centre Georges Pompidou. Seule. Je crois que j'apprends la solitude, difficile parfois, réconfortante d'autres, pesantes par moment et libératrice quand le reste ne suit pas.
Donc c'est seule que je m'avançais vers ce Centre qui me tendait les bras. Les Merveilles de l'expo "Los Angeles 1955-1985" m'ont plongé dans la contemplation. Et tandis que je décidais que quitte à être là il fallait bien en profiter je me dirigeait vers la Galerie 2 qui exposait David Smith, personnage totalement inconnu à ma culture, mais pour lequel je compte bien combler le manque. Et pourtant je ne suis pas une adepte de scultures mais je me suis oubliée en l'explorant. Cette exposition venant directement de New York a réussit à créer un nouveau coup de blues, puis à me faire l'aimer tout de même.
Mieux sans toi qu'avec toi, ça apprends à vomir sans y mettre les doigts ! Quoi ? Non non rien rien...
Et puis il faut passer à autre chose... Et rien de mieux que de se culturer (oui je sais ça ne se dit pas ! pfff mais moi j'aime bien)....
Alors pour se changer les idées, moduler son moral, essayez la Culture !
Publié par timounch à 15:57:52 dans Juste comme ça | Commentaires (2) | Permaliens
En fond sonore : "Broken Drum", Boards of Canada.
Elle regardait la lune, comme pour s'en imprégner, elle rêvassait dans cette nuit pas si noire, presque blanche. Les choix sont durs, ceux qui sont subit encore plus, mais voilà elle n'a pas le choix. C'est contrariant, déstabilisant. Se dire que la chose la plus heureuse qui lui soit arrivée puisse la rendre si malheureuse, et la dégoûter de ce qui pourrait arriver. Elle ne veut plus de tout ça, se refuse à retomber dans le panneau de sentiments incontrôlables, incontrôlés.
Sa grand mère lui a dit la veille que la vie est trop courte, qu'elle est encore jeune pour choisir ce qui la rends heureuse et quitter ce qui la plombe... C'était un autre temps Mãe chérie. Aujourd'hui on se fait quitter par ce qui était beau, et l'on craint d'avoir tout gâché, de n'avoir fait que passer. On écoute d'une oreille distraite mais pas tant que ça que l'on a été le doux passage, la faiblesse indésirée, l'étape qui a permis d'avancer mais que l'on laisse sur le bord de la route. On écoute d'une oreille distraite mais pas tant que cela, parce que l'on sait que c'est faux, mais au final on se dit que pourtant c'est un peu ça. Et on vous dit ça pour vous consoler, ah bon ?
Elle regardait la lune, elle rêvait qu'elle rejoignait les étoiles. Un peu trop de Martini encore, seule cette fois-ci, encore, le début d'une déchéance ou les prémisses d'un alcoolisme passif. Allez c'est juste un Martini.
Elle n'arrive même plus à se donner un peu de plaisir, ça ne l'intéresse pas, elle a essayé hier mais ce fut un cuisant échec. Même ses jouets n'y ont rien fait! Elle sombre aujourd'hui et demain elle sera heureuse. Du moins elle fera comme si parce qu'il faut bien.
Elle a décidé d'y aller seule devant ce phare, elle a décidé d'y pleurer peut être parce qu'on ne peut pas tout avoir. C'est ton anniversaire, fais un vœux ! Oups, il ne se réalisera pas. En même temps elle sait que les vœux ne se réalisent jamais, du moins ceux qui comptent. Elle continue à fumer, il faut bien mourir de quelque chose, et avec l'alcool elle se donne deux choix, c'est déjà ça. Bon anniversaire.
Elle s'est faite draguer, elle s'est dit « pourquoi pas? », essayer, juste pour voir comment ça fait d'être dans d'autres bras. Alors elle a sourit, elle a légèrement badiné, elle s'est dit que d'autres l'ont fait avant elle, qu'elle a déjà été celle avec qui l'on essaye, alors « pourquoi pas? ». Mais elle s'est dégonflée, elle n'a pas envie de ça, pas envie d'autres bras, même si elle a peur de dormir seule, ce n'est pas seule mais sans.
A force de la regarder elle y est montée, la voilà sur la lune à tout surplomber. Alors c'est ça la vie ? Connaître quelqu'un et pfft l'oublier ? C'est ça la vie, aimer quelqu'un et pfft l'effacer ? C'est ça la vie, ces gens qu'elle regarde d'en haut, qui rient, qui pleurent, se congratulent, se tombent dans les bras ? Tiens, une gifle ? Oui c'est ça la vie.
Alors elle redescend, vaut mieux y être que de la regarder, c'est moins déprimant, quoique... Allez hop un autre martini blanc, elle entend les klaxons, se cache derrière ses rideaux, rallume une cigarette et se trouve très pâle. C'est ça la vie ? J't'aime, J't'aime pas. Noir ou blanc ? Ah non ya du gris, mais elle a bien compris que ce n'est pas elle qui choisie, c'est toujours l'autre, un jour oui un jour non, lunatique voilà elle a trouvé. C'est peut être pour ça que la lune l'a fascinée.
Elle ne sait plus quoi faire, elle est paumée. On ne raye jamais, mais quand on n'en a plus rien à foutre c'est pareil. Les souvenirs ça suffit pas. Mais les gentillesses t'oublies !
Elle est montée sur la lune, en est redescendue, elle va être égoiste, il paraît qu'elle a bien commencé. Allez hop, une clope, un martini et au lit.
Elle réfléchit trop, pose trop de question, est tombée dans le gris et hop l'oubli ! Putain l'oubli si on pouvait lui apprendre comment faire, apparemment il y en a qui y arrivent vite !
La prochaine fois elle essaiera le soleil, c'est moins compliqué même si c'est plus brûlant !
Comment son amie a dit ? Ce serait plus simple si tu lui en voulais ! Ah bah oui surement
Mais Non
Publié par timounch à 00:19:49 dans Juste comme ça | Commentaires (7) | Permaliens
Publié par timounch à 11:15:35 dans Juste comme ça | Commentaires (4) | Permaliens
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