40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.
Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.
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La presse audiovisuelle a le don de m'énerver, ces temps. Beaucoup de monde a glosé, ces derniers jours, sur la prestation « off » de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France Télévision : son vocabulaire, son offuscation qu'on ne réponde pas à son « bonjour ». Et tout le monde bien pensant d'une opposition devenue épidermique au personnage de monter en épingle une nouvelle preuve du manque d'envergure du personnage.
Que ce soit bien clair, je n'ai pas de tendresse particulière pour le Président de la République, et encore moins pour ses tentatives d'instrumentaliser les media, tentative qui tourne à l'affrontement de plus en plus ouvert avec eux d'ailleurs.
Mais ce n'est pas une raison pour fabriquer de toute pièce ces lynchages prémédités. Je pèse mes mots. Sur une chaîne publique, un opérateur enregistre ce qui se passe en off avant une émission (soit !), comme par hasard le président se trouve dans une situation qui le dérange et à laquelle il réagit, et le contenu de ce off se retrouve comme par hasard lui aussi sur l'Internet, avec une publicité énorme ?
Deux choses l'une : c'est un incident de la vie quotidienne comme il en survient à tout le monde tous les jours, et il n'y a pas de quoi en faire un plat. J'ajoute au passage que oui, c'est impoli de ne pas rendre le bonjour adressé par quelqu'un, même si ça peut arriver. Si on insistait un peu plus sur le savoir vivre nous en retrouverions pas aujourd'hui avec des gens qui se croient malin de se bourrer la gueule et d'hurler à tue-tête à deux heures du mat, de mettre de la musique nasillarde à fond dans les transports en communs, ou de tagger jusqu'aux bâtiments historiques parce que l'ignorance dans laquelle le monde se trouve de leur existence les chagrine.
Ou alors, c'est un coup monté, et le procédé n'est pas plus louable que le mépris manifesté par ce gouvernement pour des choses aussi anecdotiques que les droits de l'homme, la liberté de la presse ou les préoccupations de certaines professions. S'il s'agit de combattre la façon sarkozienne de faire de la politique, ce n'est pas avec ce genre de procédés qu'on va y arriver : on n'obtiendra au mieux que d'être dirigé par des gens qui auront réussis à devenir Sarkozy à la place de Sarkozy. La belle affaire...
Il n'y a pas que les politiques qu'on peut accuser aujourd'hui d'être coupés de la société : la presse audiovisuelle s'auto satisfait de son petit monde, de ses routines, de son vocabulaire préformaté. Elle s'inquiète plus de pouvoir continuer à ronronner avec sa bonne conscience que d'informer.
En témoigne la couverture hier soir de la libération d'Ingrid Bétancourt : 5 journalistes commentant l'information en se servant les uns les autres de sources d'information (comme dit mon collègue, qui dit comme son collègue, qui dit comme son collègue, qui a le seul mérite d'avoir été le premier à parler), en utilisant moult formules toutes faites (« les FARC à bout de souffle » : l'expression dite trois fois dans la même phrase !), glapissant comme des chiots en attente de la pâtée devant l'Elysée pour recevoir comme une hostie la parole du Président (qui les a fait mariner : petite revanche mesquine ?), en posant aux proches de Madame Bétancourt des questions aussi intéressantes pour éclairer l'actualité que « vous êtes content ? » (ben non, ducon...évidement).
Je passe sur Noël Mamère (« c'est une grande fierté et une grande joie pour les Verts du monde entier », je cite), comme si les verts étaient une espèce à part, un groupe religieux persévérant et minoritaire recevant confirmation de l'Archange Gabriel de son orthodoxie...
Bref, publicité ou pas, coupez la télé, et la radio aussi pendant que vous y êtes.
Regardez plutôt "Good Night and Good Luck".
Publié par Apache à 13:13:38 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
Ca faisait longtemps que je n'avais pas trouvé une carte à pub qui me fasse rigoler, mais celle-là est pas mal dans le genre.
Côté pile, une jolie blonde en tenue mi-fée clochette, mi-mariée prend son air le plus éthéré pour célébrer l'arrivée du Prince charmant, dont on ne connaît rien à ce stade.
Côté face, on apprend que le prince charmant en question est un téléphone (à quoi servons-nous, nous les hommes, on se le demande...)
Mais attention, ce n'est pas un téléphone, c'est LE téléphone.
Motorola Princesse L6 Pink, c'est son nom. Son slogan : le vrai mobile de fille.
Ouf, sauvés nous sommes, il ne s'agit pas d'une publicité pour les femmes, mais pour les filles !
Donc déjà, les plus de 15 ans d'âge mental sont priées de s'abstenir.
Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres, celui-là, de toute façon ?
Il a un immense écran couleur.
Enfin j'imagine que si on le regarde de près (pour refaire son mascara), il a l'air immense, parce que bon c'est un téléphone portable, pas un home cinéma non plus (ça doit être à cause des nano technologies, depuis qu'on les a inventées, tout ce qui est visible à l'œil nu est immense).
Il fait quoi dans le vie le L6 Pink ? Hum ?
Il fait des photos, des vidéos et du bluetooth. Trop classe, non ? On va pouvoir en échanger des conneries avec les copines... En plus c'est un super argument de vente pour celles qui ne s'étaient pas rendues compte que tous les téléphones faisaient la même chose.
C'est un concentré de technologie, qu'ils disent. Bon à part de suggérer que ça serait vraiment « in » d'en avoir un, cette phrase toute faite ne sert pas à grand-chose pour cerner la bête.
Mais surtout il est ultra fin, c'est-à-dire plat. Là on est en plein Bimboland. Jusqu'à présent la bimbo était priée d'être plate dans trois catégories : le ventre, la conversation et l'encéphalogramme. Maintenant en voilà un quatrième : le téléphone. Sans doute parce que les concepteurs ont l'idée préconçue que les sacs des filles manquent perpétuellement de place. Du coup ça va être facile de le perdre au fond du sac et de se livrer à l'une des activités favorite de la bimbo, à savoir fouiller ostensiblement dedans.
Mesdemoiselles, si vous voulez un truc plat qui téléphone, achetez une carte.
J'espère qu'il ne l'ont pas fait format carte de crédit...
Enfin, dernière caractéristique, le L6 pink est, comme son nom l'indique, rose. Rose comme un bébé, alors adoptez-le, et n'ayez pas honte de l'appeler votre petit chéri d'amour, si du moins votre yorkshire n'est pas jaloux. En plus lui, contrairement à un vrai bébé, ne fait pas grossir.
Rose comme l'était sans doute votre première layette aussi, au cas où vous n'auriez pas compris qu'on veut absolument vous infantiliser.
Alors à moins que vous n'ayez le sens de l'humour, ce téléphone est réservé exclusivement à celles qui veulent faire durer leur adolescence et ne pas s'embarrasser avec toutes les choses tristes, sérieuses et ennuyeuses de la vie d'adulte.
A vous de voir.
Publié par Apache à 15:03:57 dans Vue d'en Haut | Commentaires (4) | Permaliens
Parler de la pluie et du beau temps : ne rien se dire, échanger des banalités.
Exemples.
« Les vacances ? 40° à l’ombre pendant un mois. GE-NIAL. Et vous ? La canicule ? Vous avez du souffrir ! »
Sous-titrage : pendant que des blaireaux dans ton genre marinaient dans leur jus, moi et mon ego étions loin du quotidien, à jouer à la pétanque avec d’autres blaireaux, mais d’ailleurs, des blaireaux exotiques, donc plus intéressants. J’ai les moyens, la belle vie, des projets. Je ne suis pas condamné à adresser la parole à Madame Gonzalez la concierge au mois d’août, moi !
Sous-titrage deuxième niveau : ça t’apprendra à faire l’intéressant quand on se croise dans les escaliers, que tu me tiens la jambe pendant des plombes pour me parler de toi.
Epilogue : faut qu’il abrège : rendez-vous chez le dermato pour ce coup de soleil géant qui le fait souffrir un martyr.
« Il va pleuvoir, mon dos me fait souffrir ».
Sous-titrage premier niveau : si vous voulez je vous raconte ma vie.
Sous-titrage premier niveau alternatif : je te vois venir, tu vas me demander de sortir les poubelles !
Sous-titrage deuxième niveau : faites attention à moi, moi aussi j’ai des problèmes mais les journalistes de voici ne sont pas intéressés !
Sous-titrage Troisième niveau : j’ai le droit d’être acariâtre, bête et méchant. De toute façon on ne tape pas sur un blessé ? Non ?
Epilogue : aller se plaindre au bar des anciens de la marine que les jeunes aujourd’hui ne font plus attention aux gens qui les entourent. Ca peut rapporter une tournée, ça.
Vous pensez toujours que c’est parler pour ne rien dire ?
Le bulletin météo est l’émission télé la plus regardée.
Publié par Apache à 08:27:44 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
Pour relancer l’emploi, il faut de la croissance.
Pour avoir de la croissance, il faut que les gens consomment.
Les gens rêvent de consommer du loisir.
Donc,
Plus les gens consommeront de loisirs, plus ils travailleront,
N’ayant plus le temps pour leurs loisirs,
Donc la consommation s’effondrera,
Donc le chômage va monter…
C’était juste un clin d’œil à certaines explications en apparence pleines de bon sens mais en définitive simplistes que nous assènent avec grand sérieux nos grands spécialistes de la conjoncture.
Publié par Apache à 21:23:55 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
Parfois la vie se complique subitement. Une erreur de lecture sur un agenda pas à jour et vous voilà condamné, en l’absence de don d’ubiquité, à choisir entre deux lieux, entre deux actes, pour un seul instant.
La logique étant impuissante à trancher le dilemme dans le délai très bref qui m’était imparti, il devint nécessaire d’en appeler au hasard.
Je savais avoir sur moi une pièce jaune idéale pour jouer à pile ou face avec mon destin du moment, mais cela peut-être compliqué, ça aussi, surtout en hiver.
Surtout faire les choses dans l’ordre.
Primo : sortir mon mouchoir doucement, des fois que l’instrument des dieux y ait trouvé refuge.
Non, d’abord enlever mes gants, encore que des doigts transis ne valent guère mieux, pour la prestidigitation, qu’une double épaisseur de laine insensibilisante.
Les gants donc, puis le mouchoir (pas de pièce à ce stade), et enfin la p… Tiens, non, la girafe en peluche de ma filleule adorée. Curieux qu’elle se trouve là. Bref, l’énigme de sa présence attendrait. Hop, dans l’autre poche. Revenons à la pièce. Encore raté, ce sont mes clefs qui constituent l’ultime trésor de ce côté-ci de mon blouson.
Je mis la main dans l’autre poche. Bon, la girafe : retourne de l’autre côté. Rien d’autre. La poche intérieure ? L’heure du dernier bus avant retard irrattrapable approche.
Vite il fait froid ! Le mouchoir ! Atchaaa ! Il était temps.
Tiens, mon livre !...
Cling.
Flûte la pièce se fait la malle. Où donc ? Mes lunettes, illico ! Aussitôt sorties de l’étui, aussitôt embuées…
Ca m’énerve prodigieusement…
J’ai toujours sur moi des gelules calmantes.
Dans quelle poche ?
Alors, la girafe…
Publié par Apache à 17:10:41 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
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