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Gargouilles

...et anges de pierre

Moi


40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.


Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.

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Simple constat | 09 décembre 2004

Il me faut un leitmotiv

Il me faut un leitmotiv

Il me faut un leitmotiv

Il me faut un leitmotiv...

Publié par Apache à 08:13:13 dans Vue d'en Haut | Commentaires (1) |

voyages | 01 décembre 2004


Et voilà, je l'ai fait ! 20000 kilomètres en ligne droite, beaucoup plus avec tous les lacets, détours, demi-tours, erreurs de trajectoire qui ont émaillé mon exil depuis début juillet. 20000 kilomètres à pied, en voiture, en bateau, à la nage, en rampant, en glissant, à dos d'éléphant même, une fois.

Mais 20000 kilomètres, ça fait prétentieux, sportif, stakhanoviste. Reprenons :

2 paires de chaussures, 8 chemises, 400 dollars, 1 hold-up, 1 angine, des poux, 87 sandwiches dont 3 rances, 26,8° de moyenne, 23 averses, 1 tornade et, donc, un éléphant.

Il est des gens qui voyagent pour le raconter, d'autres par habitude, d'autres par lassitude pour leur « ici ». Moi, par curiosité, et aussi pour occuper ce temps de vacances, immobile et interminable, après un travail non terminé et immobile. J'étais allé chercher quoi ? Des sensations ? Des réponses ? Des questions pour mes réponses ? Des gens ? Des déserts ? Moi ? qui n'habite jamais à l'adresse que tout semble pourtant indiquer ?

Et à l'antipode parfait de mon point de départ, crotté, poussiéreux, étiré tout le long du chemin parcouru, ayant oublié ce que j'ai oublié de faire avant de partir, je percute ça !

Un lapin banal,

blanc,

en retard...

Publié par Apache à 19:23:19 dans Vue d'en Haut | Commentaires (1) |

Nulle part | 27 novembre 2004

Il est des endroits comme ça, qui sont à la ville ce que la grève est à la mer : un lieu où l'on s'échoue.

C'est étrange : la rue est bien là, éclairée et sereine, mais personne n'y passe. Une voiture garée là donnerait aussitôt le sentiment d'y être de toute éternité, comme une épave.

C'est troublant, une rue déplacée. Elle était pourtant parfaite dans son rôle. Son avenir était clair, son destin tout tracé. Elle devait assurer aux pneus de ses amis silence, confort et sécurité. Limousines et coupés auraient du s'y presser, mais voilà, elle n'a pas accosté les rivages du réel au bon endroit.

Le bar du coin de la rue est aussi déplacé, non dans l'espace mais dans le temps. Quels que soient ses horaires il est toujours désert, comme s'il n'était jamais prêt au bon moment pour ceux qu'il rêve d'accueillir, à moins que ce ne soit l'inverse.

Il n'est pas vide pourtant, mais il est des présences qui soulignent le désert bien plus qu'elles ne le peuplent, des souvenirs de pluies qui révèlent l'aridité. Ceux qui sont là ce soir sont aussi égarés : des souvenirs qui rêvent d'être vécus, des fantômes de vies ignorant qu'elles sont mortes. Ils ne repartiront pas. Ils sont perdus. Ils sont échoués, eux aussi.

Publié par Apache à 22:31:44 dans Vue d'en Haut | Commentaires (1) |

Emotion | 24 novembre 2004

Un parc, un bar, une gare, une église. Un matin, un soir, là ou ailleurs. Quelqu'un.

Un pas. Un pas qui évite soigneusement d'aller dans sa direction. Un non-pas lent, presque immobile. Une vie entière au point de basculement. Un état de stase. Une seconde d'éternité.

Un regard. Pas pour voir bien sûr, un regard qui glisse, sans s'arrêter, sur la raison même qui l'a fait naître. Il regarde le Monde tout autour de l'Objet. Un regard vide sur un monde rendu gris par l'omniprésente absence de son objet.

Un pas immobile, un départ qui dit « viens ! », un regard aveugle, un mépris rien que pour Toi.

Timidité.

 

Publié par Apache à 20:44:04 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Gargoyle's overture | 23 novembre 2004


Certains d'entre vous se demanderont "mais pourquoi gargouilles ?". Ne dites pas non, c'est la question que je me pose la plupart du temps à propos des noms des blogs quand je les visite.

Et bien parce que les gargouilles regardent le monde d'en haut, immobiles, depuis bientôt mille ans, et leur immobilisme, leur indifférence aux pluies acides et aux crottes de pigeon en font l'incarnation d'une forme de sagesse à laquelle, sans fausse modestie, j'aspire.

Par ce que "gargouille", ça ressemble à "gargouillis", et que le monde dans lequel nous vivons à trop souvent de quoi me retourner l'estomac.

Ceci dit je ne me complais pas dans la contemplation de tout ce que notre univers a de sale, détestable, horrible ou méprisable. Il y a encore de la lumière et si nous y prêtions autant d'attention qu'à toutes ces choses qui légitiment notre démission face à notre responsabilité de citoyen du monde, nous aurions peut-être plus envie d'améliorer celui-ci.

Bonne lecture.

Et pensez à faire de temps en temps un petit coucou à nos petits démons des toits.

Publié par Apache à 13:24:43 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

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