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Gargouilles

...et anges de pierre

Moi


40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.


Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.

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Dimanche Matin | 23 février 2005



Une tâche de sang sur la ligne de tram.
Une tâche de café dans le hall de la gare.
Un vendeur un brin misogyne sur le marché, et des commerçants qui accueillent leurs clients comme des voisins ou des amis revenus d'une absence.
Des couleurs, des odeurs, des mots, des rires...
Une femme, heureuse, qui marche dans le soleil.
Un homme passe, tranquille, sifflant des chants d'oiseaux au milieu du béton.
Un couple assez chic échange des plaisanteries avec un mendiant.
La vie.
Et toi, à qui je brûle de la raconter.
Un dimanche matin à Grenoble.

Publié par Apache à 16:56:13 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Requiem | 28 décembre 2004



Naître prématurément. Enfant précoce. Un an d'avance. En avance sur son temps.
Un temps d'avance.
Courir, sprinter.
Gagner du temps.
Jet, Bolide.
Flashs.
Carrière fulgurante.
Fastfood. Techno, trombo, fastbeat.
Speeddating.
Haut débit, voies rapides, chronoposts
Flux tendus,
RDV, TGV, THC
Speed à la coke.
Réflexes, anticipation, réactivité.
Go! Vite! Quick! Schnell! Prestissimo!
Mourir.
Déjà ?
Oui, au suivant...


Publié par Apache à 14:34:45 dans Vue d'en Haut | Commentaires (2) |

Rencontre - 2ème version | 17 décembre 2004




Bon faut que j'y aille. Pas que j'ai envie
remarquez : il n'y a pas plus là où je vais que là d'où je viens. Qu'elle
est lourde cette mallette ! Qu'est-ce que j'ai à faire, au bureau ?
J'en sais rien, mais je verrai bien une fois là-bas. Marrant comme les gens
semblent immobiles ! C'est moi qui dois aller vite, en fait !

Pénible cette lumière ! Pffff, je suis crevé.
Je vais encore traîner à rien faire au bureau jusqu'à 7 heures, j'irais bien me
coucher, non en fait, j'ai pas sommeil. Je suis vide c'est tout.

Bizarre comme les gens se ressemblent tous ici,
aussi anodins que des meubles. Ils ont besoin de vacances, ça se sent, ils
n'ont plus d'énergie. Tiens non, pas tous, elle sait où elle va, elle, et elle
y va vite. Et hop !

« Pardon ! Excusez-moi »

Et re-Hop.

« Pardon !Décidément ! »

Mmmmffff, c'est étrange...

Elle est douce cette lumière.

Je suis où, au fait ?

Publié par Apache à 15:28:30 dans Vue d'en Haut | Commentaires (13) |

Rencontre - 1ère Version | 17 décembre 2004



Le bras gauche tendu vers le bas, les muscles
rendus presque douloureux par la charge qu'il transporte, l'autre bras ballant,
attendant quoi faire, il marche. Pas de cette démarche allègre qui mène quelque
part, mais d'un pas qui indique le devoir de passer à l'étape suivante. Son
rythme rapide semble dicter aux secondes un rythme un peu plus rapide que la
normale : tic toc tic toc. En mode de pilotage automatique, rendu possible
par sa connaissance parfaite des lieux, il ne perçoit rien, ne dit rien, du
vide en déplacement.

Aux frontières de la conscience une étincelle, qui
devient un signe, puis un symptôme. Devant lui, l'obstacle se dresse sous la
forme d'un être aussi mobile que lui. Son œil évalue la distance, mesure
consciencieusement l'écart qui les sépare, estime la distance aux murs qui
l'entourent de gauche et de droite, entame un mouvement de contournement et...

Elle aussi. Une ultime correction avant la
collision le fait partir de l'autre et... Elle aussi. Freinage d'urgence,
mobilisation immédiate de la conscience pour réévaluer la situation, et les
secondes arrêtées qui attendent de repartir. Mais le moteur cale, noyé par un
regard, et le futur écrit, certain et gris s'éloigne en faisant de grands
signes : adieu et bon vent.

Publié par Apache à 15:26:48 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Fouines | 16 décembre 2004




Au milieu de ma ville natale coule une rivière,
comme dans beaucoup d'autres villes.

Un jour que je la longeais, pensif (comme souvent),
j'entendis de petits cris aigus venant de la berge en contrebas. A cet endroit
il y a des gravats et de la végétation assez épaisse. Me penchant en pensant
voir un petit chat perdu, j'aperçu deux fouines en train de se défier, sans
doute pour une question de territoire.

Deux fouines en pleine ville ! (En fait trois,
l'autre regardait de plus loin).

Deux jours après, l'une d'entre elles est même
entrée dans le bar que je fréquentais.

La beauté de la vie tient parfois à peu de chose.

Publié par Apache à 11:59:16 dans Vue d'en Haut | Commentaires (1) |

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