40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.
Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.
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De qui se moque Monsieur Sarkozy, particulièrement au sujet de l'Europe ?
Au sujet du rejet par les irlandais du mini traité constitutionnel : les peuples ne sont pas à même de décider ce qui est bien pour eux quand il s'agit des intérêts supérieurs de l'Union Européenne. Merci de bien vouloir invalider le référendum et de ratifier le traité.
Par contre, lorsqu'il s'agit de l'entrée de la Turquie dans l'Europe, alors là il est primordial que ces mêmes peuples qui ne sont pas aptes à choisir leur destin donnent leur avis par référendum : c'est désormais inscrit dans la Constitution ! Bien entendu, on leur fait confiance pour choisir le jour venu en toute connaissance de cause, sans subir de préjugés, d'émotions ni de désinformation. Ben voyons...
Liez ceci à l'habitude du Président et des ministres actuels à manier sans précautions l'expression « les français veulent que... », Sondages officieux à l'appui, et vous comprendrez que dans la grande démocratie qui est la nôtre, vous avez tout à fait le droit d'avoir la même opinion que nos dirigeants, puisqu'en fait ce sont eux qui prétendent avoir les mêmes idées que vous. CQFD. C'est beau un tel consensus.
Bon alors, qui dirige ce pays, en définitive ? Le peuple ou les populistes ? Il y a du conducator dans cet homme là, qui sait visiblement mieux que tout le monde où il doit nous emmener. Et encore, ce serait un progrès s'il nous disait clairement où.
Publié par Apache à 10:47:26 dans Politique | Commentaires (0) | Permaliens
10 soldats français tués en Afghanistan, c'est triste, surtout pour eux et leur famille. Mais est-ce une raison pour avoir droit au déchaînement de bons sentiments et de désinformation dont nous sommes victimes depuis deux jours ?
L'Afghanistan est en guerre et, à tort ou à raison, nous y participons. Et dans une guerre, il ya des morts. Et en Afghanistan, ce sont plus souvent qu'à leur tour des civils.
Le plus énervant est le discours qu'on nous sert disant : « ils sont morts dans la lutte contre le terrorisme ». C'est radicalement faux et exclusivement destiné à légitimer la présence des troupes de l'OTAN là-bas. Les Talibans recourent certes aux attentats comme forme de combat (le terrorisme, ne l'oublions pas, est une technique de guérilla, pas la déviance pathologique d'une bande de tarés, et est et fut largement utilisé par tous les mouvements dits de résistance partout dans le monde), mais les talibans n'ont jamais à ma connaissance mené d'opération de terrorisme en dehors de leur zone d'influence (en gros : le nord-ouest du Pakistan, le nord-est de l'Iran et le sud de l'Afghanistan) :rien à voir avec Al Qaida, même s'ils ont sûrement eu le tort d'offrir l'asile à certains de ses combattants. C'est une guerre pour le contrôle d'un territoire et de ses ressources et populations, pas un conflit de civilisation. En fait je lis là une préargumentation en faveur d'un maintien de notre action là-bas.
Les troupes de l'OTAN sont en Afghanistan pour trois raisons principales :
La nécessité pour les USA de réagir aux attentats de 11 septembre, essentiellement à usage de leur opinion publique, bien que le choix de l'Afghanistan se justifie par son rôle de camp d'entraînement et de refuge de certains combattants djihadistes.
Le rejet de l'obscurantisme représenté par les Talibans, qui constituerait pour les populations afghanes un retour en arrière. C'est exact, mais il faut noter à ce sujet que les populations afghanes ne sont pas toutes très « modernes » dans leur conception de l'Islam et de la société non plus. La propagande occidentale a lié la lutte contre les talibans au symbole de la burka, signe de l'aliénation des femmes dans leur conception de la société. Les talibans l'ont certes voulue obligatoire, mais une bonne partie des femmes afghanes dans les zones non talibanes la portent encore aujourd'hui, et n'ont pas accès de par la pression de leurs clans familiaux à l'éducation et aux soins que se proposaient de défendre les occidentaux dans cette affaire.
L'ouverture de la route pétrolière entre les gisements d'Asie Centrale et le terminal pétrolier (en projet) de Gwadar au Pakistan, qui présente des intérêts stratégiques évidents tant pour les américains que pour les européens : gagner en indépendance par rapport aux pays du Golfe, priver les chinois et les russes du monopole d'exploitation de ces gisements, isoler un peu plus l'Iran, et surtout ne plus avoir à entrer dans le golfe persique pour charger les pétroliers. Le projet d'oléoduc est fixé depuis longtemps, et le président afghan est connu pour ses intérêts personnels dans l'activité des compagnies pétrolières américaines.
Alors arrêtez de nous bassiner avec les croisades vertueuses de la lutte mondiale contre le terrorisme, qui justifie l'oppression de la Tchétchénie, du Tibet, du Sinkiang, entre autre. Nous sommes là-bas non pour la seule morale, mais pour des raisons géopolitiques.
Pendant ce temps, en Ouganda, 2,5 millions de personnes meurent dans des camps de réfugiés qui mériteraient plus le nom de camps de concentration, gardés par des soldats recrutés apparemment pour leur séropositivité, et tout le monde s'en fout. Mais il est vrai que l'Ouganda est un fief de mission des églises protestantes évangéliques américaines, et pas un sale pays islamiste pro-chinois...
Deux derniers mots : dans l'histoire guerrière hélas longue de ce pays, tous les envahisseurs (même les bien-intentionnés) ont fait une fixation sur Kaboul. Or Kaboul est une cuvette dans laquelle toutes ses forces se sont, immanquablement, trouvées prises au piège : le pot de miel attirant l'ours dans la trappe. La fixation que semble faire la presse sur la possession de Kaboul montre que les leçons n'ont pas été tirées. Ah ! La nostalgie de Dien Bien Phû...
Par ailleurs, certains journalistes insistent aujourd'hui sur l'internationalisation du conflit afghan, soulignant que de nombreux combattants talibans ne sont pas des pachtounes. Réveillez-vous messieurs les journalistes : il y a trois ans déjà, les militaires sur place notaient que les talibans envoyaient au front des Sri Lankais, Indiens, Philippins et autres, leurrés par les recruteurs, en interprétant cela comme la nécessité pour les responsables talibans de compenser les énormes pertes humaines de 2002. Là encore, on crée de toute pièce l'idée d'un empirement de la situation qui est hors de propos. Elle a toujours été grave.
Voilà, ce que vous voyez ces jours-ci dans les journaux est le mélange traditionnel d'horreur, de bons sentiments, et de menaces voilées qui feront qu'on ne changera rien à rien, mais que le peuple se sentira solidaire autour de ses troupes et de son président...
Publié par Apache à 10:15:32 dans Politique | Commentaires (0) | Permaliens
Pour une fois, je ne me moquerai pas d'une carte à pub. Bravo à l'agence Lowe Strateus pour son talent.
Publié par Apache à 10:41:54 dans Citations | Commentaires (0) | Permaliens
La presse audiovisuelle a le don de m'énerver, ces temps. Beaucoup de monde a glosé, ces derniers jours, sur la prestation « off » de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France Télévision : son vocabulaire, son offuscation qu'on ne réponde pas à son « bonjour ». Et tout le monde bien pensant d'une opposition devenue épidermique au personnage de monter en épingle une nouvelle preuve du manque d'envergure du personnage.
Que ce soit bien clair, je n'ai pas de tendresse particulière pour le Président de la République, et encore moins pour ses tentatives d'instrumentaliser les media, tentative qui tourne à l'affrontement de plus en plus ouvert avec eux d'ailleurs.
Mais ce n'est pas une raison pour fabriquer de toute pièce ces lynchages prémédités. Je pèse mes mots. Sur une chaîne publique, un opérateur enregistre ce qui se passe en off avant une émission (soit !), comme par hasard le président se trouve dans une situation qui le dérange et à laquelle il réagit, et le contenu de ce off se retrouve comme par hasard lui aussi sur l'Internet, avec une publicité énorme ?
Deux choses l'une : c'est un incident de la vie quotidienne comme il en survient à tout le monde tous les jours, et il n'y a pas de quoi en faire un plat. J'ajoute au passage que oui, c'est impoli de ne pas rendre le bonjour adressé par quelqu'un, même si ça peut arriver. Si on insistait un peu plus sur le savoir vivre nous en retrouverions pas aujourd'hui avec des gens qui se croient malin de se bourrer la gueule et d'hurler à tue-tête à deux heures du mat, de mettre de la musique nasillarde à fond dans les transports en communs, ou de tagger jusqu'aux bâtiments historiques parce que l'ignorance dans laquelle le monde se trouve de leur existence les chagrine.
Ou alors, c'est un coup monté, et le procédé n'est pas plus louable que le mépris manifesté par ce gouvernement pour des choses aussi anecdotiques que les droits de l'homme, la liberté de la presse ou les préoccupations de certaines professions. S'il s'agit de combattre la façon sarkozienne de faire de la politique, ce n'est pas avec ce genre de procédés qu'on va y arriver : on n'obtiendra au mieux que d'être dirigé par des gens qui auront réussis à devenir Sarkozy à la place de Sarkozy. La belle affaire...
Il n'y a pas que les politiques qu'on peut accuser aujourd'hui d'être coupés de la société : la presse audiovisuelle s'auto satisfait de son petit monde, de ses routines, de son vocabulaire préformaté. Elle s'inquiète plus de pouvoir continuer à ronronner avec sa bonne conscience que d'informer.
En témoigne la couverture hier soir de la libération d'Ingrid Bétancourt : 5 journalistes commentant l'information en se servant les uns les autres de sources d'information (comme dit mon collègue, qui dit comme son collègue, qui dit comme son collègue, qui a le seul mérite d'avoir été le premier à parler), en utilisant moult formules toutes faites (« les FARC à bout de souffle » : l'expression dite trois fois dans la même phrase !), glapissant comme des chiots en attente de la pâtée devant l'Elysée pour recevoir comme une hostie la parole du Président (qui les a fait mariner : petite revanche mesquine ?), en posant aux proches de Madame Bétancourt des questions aussi intéressantes pour éclairer l'actualité que « vous êtes content ? » (ben non, ducon...évidement).
Je passe sur Noël Mamère (« c'est une grande fierté et une grande joie pour les Verts du monde entier », je cite), comme si les verts étaient une espèce à part, un groupe religieux persévérant et minoritaire recevant confirmation de l'Archange Gabriel de son orthodoxie...
Bref, publicité ou pas, coupez la télé, et la radio aussi pendant que vous y êtes.
Regardez plutôt "Good Night and Good Luck".
Publié par Apache à 13:13:38 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
L'optimisme scientiste du XIXème siècle a mené bien des savants et des penseurs de ce siècle et du suivant à rêver d'une humanité en bonne santé, débarrassée de ses tares et de ses déviances, unie dans les bienfaits de la civilisation occidentale triomphante et libératrice auprès des populations colonisées. Certains et non des moindres (Pearson, Galton, Shaw, Huxley, Richet, Papillaud, Trotsky, Coppens entre autres) en sont venus à rêver d'une humanité régénérée, élevée au sens agricole du terme en vue d'une perfection morale et physique.
L'idée donne des frissons, et la plupart d'entre nous se sentent soulagés d'avoir laissé cette idéologie de la science dont la finalité serait l'homme parfait dans les limbes de notre réflexion philosophique.
Ca reste à voir...
Qu'est-ce que l'idée de base du Marxisme et néo-marxisme Laguillesque ? Des individus égaux plébiscitant le socialisme comme forme ultime d'organisation sociale, toute divergence étant anti révolutionnaire. Donc, un eugénisme.
Qu'est-ce que l'idée d'un Fukuyama, invoquant ce monde parfait mu par les seuls mécanismes unificateurs du marché, faisant des habitants de la planète toute entière des consommateurs anglo-saxons pacifistes (c'est presque un oxymore) formant une communauté universelle grâce aux vertus de l'Internet ? Sinon un eugénisme...
Qu'est-ce que le mythe de la pureté des uns, destinés de ce fait à dominer le monde dans l'adoration de la seule vraie foi, qu'elle soit chrétienne, musulmane, juive, ou autre ? Sinon un eugénisme...
Qu'est-ce que le discours de certains sur les origines pathologiques de certains comportements sinon de l'eugénisme ?
Qu'est-ce que cette volonté de faire de tous, si nous acceptons de sacrifier au dieu de la consommation des produits adéquats, de sempiternels jeunes, sportifs, dynamiques, adeptes des mêmes modes et des mêmes produits dérivés, dotés en définitive des mêmes formes, sinon une forme d'eugénisme ?
Qu'est-ce que ce vice qui nous pousse à définir certains parcours comme des réussites et tous les autres comme des échecs. De l'eugénisme.
L'égalitarisme supposé de nos sociétés se résume bien souvent à la jalousie des seconds envers les premiers, accompagné du dégoût des troisièmes. Chacun souhaite à son voisin d'être autant, sinon plus minable, que lui. Chacun veut ressembler, mais que personne ne lui ressemble, ne l'égale, ne le dépasse surtout.
Facile dès lors de jouer sur les frustrations, la peur des déviances, des altérités. Facile de nettoyer, à la javel, au zyklon B, à l'eau pressurisée, à la voiture piégée, à la bombe atomique, en masquant par un mur les déchets que sont à nos yeux les autres, en décrétant le grand soir, ou toute autre méthode résolument "efficace et radicale".
Soyez vous-mêmes, riches de vos différences et prêts à les partager, à les faire vivre, à vous émerveiller de leur complémentarité complice avec toutes les autres différences. Faites de votre vie une œuvre et pas une compétition, sauf si la compétition est votre nature, sans mépris et sans amertume.
Ne cherchez pas à vous réfugier auprès de ceux qui vous ressemblent, à vous faire dicter la bonne manière d'être, de penser ou de faire. Donnez-vous au monde, au lieu de vous garder pour vous-même et votre ego.
Refusez la logique de la frustration, de la peur, de l'orgueil qui ne réussit, finalement, qu'à perpétuer un système social et économique vide de sens. Refusez les sauveurs, les docteurs, les conducators.
En un mot, vivez. Et soyez responsables.
Sinon, vous serez toujours les bienvenus à Gathaca
Publié par Apache à 16:36:23 dans Politique | Commentaires (2) | Permaliens
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