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Gargouilles

...et anges de pierre

Moi


40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.


Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.

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journalistes ? | 03 juillet 2008

La presse audiovisuelle a le don de m'énerver, ces temps. Beaucoup de monde a glosé, ces derniers jours, sur la prestation « off » de Nicolas Sarkozy sur le plateau de France Télévision : son vocabulaire, son offuscation qu'on ne réponde pas à son « bonjour ». Et tout le monde bien pensant d'une opposition devenue épidermique au personnage de monter en épingle une nouvelle preuve du manque d'envergure du personnage.
Que ce soit bien clair, je n'ai pas de tendresse particulière pour le Président de la République, et encore moins pour ses tentatives d'instrumentaliser les media, tentative qui tourne à l'affrontement de plus en plus ouvert avec eux d'ailleurs.

Mais ce n'est pas une raison pour fabriquer de toute pièce ces lynchages prémédités. Je pèse mes mots. Sur une chaîne publique, un opérateur enregistre ce qui se passe en off avant une émission (soit !), comme par hasard le président se trouve dans une situation qui le dérange et à laquelle il réagit, et le contenu de ce off se retrouve comme par hasard lui aussi sur l'Internet, avec une publicité énorme ?
Deux choses l'une : c'est un incident de la vie quotidienne comme il en survient à tout le monde tous les jours, et il n'y a pas de quoi en faire un plat. J'ajoute au passage que oui, c'est impoli de ne pas rendre le bonjour adressé par quelqu'un, même si ça peut arriver. Si on insistait un peu plus sur le savoir vivre nous en retrouverions pas aujourd'hui avec des gens qui se croient malin de se bourrer la gueule et d'hurler à tue-tête à deux heures du mat, de mettre de la musique nasillarde à fond dans les transports en communs, ou de tagger jusqu'aux bâtiments historiques parce que l'ignorance dans laquelle le monde se trouve de leur existence les chagrine.
Ou alors, c'est un coup monté, et le procédé n'est pas plus louable que le mépris manifesté par ce gouvernement pour des choses aussi anecdotiques que les droits de l'homme, la liberté de la presse ou les préoccupations de certaines professions. S'il s'agit de combattre la façon sarkozienne de faire de la politique, ce n'est pas avec ce genre de procédés qu'on va y arriver : on n'obtiendra au mieux que d'être dirigé par des gens qui auront réussis à devenir Sarkozy à la place de Sarkozy. La belle affaire...
Il n'y a pas que les politiques qu'on peut accuser aujourd'hui d'être coupés de la société : la presse audiovisuelle s'auto satisfait de son petit monde, de ses routines, de son vocabulaire préformaté. Elle s'inquiète plus de pouvoir continuer à ronronner avec sa bonne conscience que d'informer.
En témoigne la couverture hier soir de la libération d'Ingrid Bétancourt : 5 journalistes commentant l'information en se servant les uns les autres de sources d'information (comme dit mon collègue, qui dit comme son collègue, qui dit comme son collègue, qui a le seul mérite d'avoir été le premier à parler), en utilisant moult formules toutes faites (« les FARC à bout de souffle » : l'expression dite trois fois dans la même phrase !), glapissant comme des chiots en attente de la pâtée devant l'Elysée pour recevoir comme une hostie la parole du Président (qui les a fait mariner : petite revanche mesquine ?), en posant aux proches de Madame Bétancourt des questions aussi intéressantes pour éclairer l'actualité que « vous êtes content ? » (ben non, ducon...évidement).
Je passe sur Noël Mamère (« c'est une grande fierté et une grande joie pour les Verts du monde entier », je cite), comme si les verts étaient une espèce à part, un groupe religieux persévérant et minoritaire recevant confirmation de l'Archange Gabriel de son orthodoxie...
Bref, publicité ou pas, coupez la télé, et la radio aussi pendant que vous y êtes.
Regardez plutôt "Good Night and Good Luck".

Publié par Apache à 13:13:38 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Eugénisme | 26 avril 2007

L'optimisme scientiste du XIXème siècle a mené bien des savants et des penseurs de ce siècle et du suivant à rêver d'une humanité en bonne santé, débarrassée de ses tares et de ses déviances, unie dans les bienfaits de la civilisation occidentale triomphante et libératrice auprès des populations colonisées. Certains et non des moindres (Pearson, Galton, Shaw, Huxley, Richet, Papillaud, Trotsky, Coppens entre autres) en sont venus à rêver d'une humanité régénérée, élevée au sens agricole du terme en vue d'une perfection morale et physique.

L'idée donne des frissons, et la plupart d'entre nous se sentent soulagés d'avoir laissé cette idéologie de la science dont la finalité serait l'homme parfait dans les limbes de notre réflexion philosophique.

Ca reste à voir...

Qu'est-ce que l'idée de base du Marxisme et néo-marxisme Laguillesque ? Des individus égaux plébiscitant le socialisme comme forme ultime d'organisation sociale, toute divergence étant anti révolutionnaire. Donc, un eugénisme.

Qu'est-ce que l'idée d'un Fukuyama, invoquant ce monde parfait mu par les seuls mécanismes unificateurs du marché, faisant des habitants de la planète toute entière des consommateurs anglo-saxons pacifistes (c'est presque un oxymore) formant une communauté universelle grâce aux vertus de l'Internet ? Sinon un eugénisme...

Qu'est-ce que le mythe de la pureté des uns, destinés de ce fait à dominer le monde dans l'adoration de la seule vraie foi, qu'elle soit chrétienne, musulmane, juive, ou autre ? Sinon un eugénisme...

Qu'est-ce que le discours de certains sur les origines pathologiques de certains comportements sinon de l'eugénisme ?

Qu'est-ce que cette volonté de faire de tous, si nous acceptons de sacrifier au dieu de la consommation des produits adéquats, de sempiternels jeunes, sportifs, dynamiques, adeptes des mêmes modes et des mêmes produits dérivés, dotés en définitive des mêmes formes, sinon une forme d'eugénisme ?

Qu'est-ce que ce vice qui nous pousse à définir certains parcours comme des réussites et tous les autres comme des échecs. De l'eugénisme.

L'égalitarisme supposé de nos sociétés se résume bien souvent à la jalousie des seconds envers les premiers, accompagné du dégoût des troisièmes. Chacun souhaite à son voisin d'être autant, sinon plus minable, que lui. Chacun veut ressembler, mais que personne ne lui ressemble, ne l'égale, ne le dépasse surtout.

Facile dès lors de jouer sur les frustrations, la peur des déviances, des altérités. Facile de nettoyer, à la javel, au zyklon B, à l'eau pressurisée, à la voiture piégée, à la bombe atomique, en masquant par un mur les déchets que sont à nos yeux les autres, en décrétant le grand soir, ou toute autre méthode résolument "efficace et radicale".

Soyez vous-mêmes, riches de vos différences et prêts à les partager, à les faire vivre, à vous émerveiller de leur complémentarité complice avec toutes les autres différences. Faites de votre vie une œuvre et pas une compétition, sauf si la compétition est votre nature, sans mépris et sans amertume.

Ne cherchez pas à vous réfugier auprès de ceux qui vous ressemblent, à vous faire dicter la bonne manière d'être, de penser ou de faire. Donnez-vous au monde, au lieu de vous garder pour vous-même et votre ego.

Refusez la logique de la frustration, de la peur, de l'orgueil qui ne réussit, finalement, qu'à perpétuer un système social et économique vide de sens. Refusez les sauveurs, les docteurs, les conducators.

En un mot, vivez. Et soyez responsables.

Sinon, vous serez toujours les bienvenus à Gathaca

Publié par Apache à 16:36:23 dans Politique | Commentaires (2) |

Attention | 20 avril 2007

Les élections, c'est dans deux jours et quelque chose me chagrine d'avance, à entendre les commentaires de l'homme de la rue, plus ou moins conscient des enjeux et des conséquences.

Personnellement, lors du référendum sur la constitution européenne, j'ai voté non, en partie parce que je ne supportais pas le discours faisant des crétins arriérés de ceux qui refuseraient cette avancée vers un avenir brillant qui nous était tout à la fois promis et présenté comme inéluctable.

Dans un peu plus de 15 jours, un nouveau président ou une nouvelle présidente sera élu(e). Ce ne sera peut-être pas celui ou celle de mon choix.

Ce ne sera même certainement pas celui ou celle préféré(e) par une majorité de Français (au mieux il ou elle représentera la population correspondant à son score du premier tour). Mais même si ce (cette) président(e) incarne un risque de sombrer pour notre nation, même si certains s'inquiètent tantôt d'un risque de perte de démocratie, tantôt d'un refus dangereux de changer les choses, il ou elle aura la même légitimité que ses prédécesseurs.

Alors même si ceux qui se sentiront lésés auront le droit de rester vigilants, je n'aimerais pas voir exploser une violence au nom de la soi-disant défense de la démocratie ou des droits.

Même si le choix est celui dont on pense qu'il puisse être un des pires, il ne faudra pas faire de délit de faciès, ni de procès d'intention. Le président ou la présidente qui sortira des urnes le sera de par le choix et la responsabilité d'une majorité de votants au deuxième tour.

Contester d'emblée ce choix serait les traiter de crétins eux aussi, serait considérer que "ces c... n'ont rien compris".

Alors parce que je me souviens ne pas avoir apprécié d'être traité de c... auparavant, je respecterai ce choix s'il ne me plaît pas, pour ne pas avoir à me dire que je n'accorde pas aux autres la liberté d'opinion que j'ai revendiquée précédemment.

Bien sûr je resterai vigilant.

Bien sûr je ne laisserai pas faire n'importe quoi, le cas échéant, dans la mesure de mes moyens.

Mais je sais aussi que si je manifeste ma colère et mon opposition le lendemain de l'élection, sur les présupposés que je peux avoir sur l'élu(e), je ne serai qu'un râleur n'acceptant pas le jeu démocratique, et je n'aurai dès lors plus aucune légitimité à m'insurger le jour où il le faudra vraiment.

J'espère que, si ceux qui ont dit non à la constitution européenne sont déçus ou inquiets à l'issue du second tour, ils auront le sang froid nécessaire pour ne pas s'insurger trop tôt. PS: ce texte est consécutif à un certain nombre de discours entendus ces jours-ci, de la part de gens d'opinions très diverses, mais généralement contestataires.

Publié par Apache à 19:54:50 dans Politique | Commentaires (0) |

Bimboland Telecom | 05 juin 2006

Ca faisait longtemps que je n'avais pas trouvé une carte à pub qui me fasse rigoler, mais celle-là est pas mal dans le genre.

Côté pile, une jolie blonde en tenue mi-fée clochette, mi-mariée prend son air le plus éthéré pour célébrer l'arrivée du Prince charmant, dont on ne connaît rien à ce stade.

Côté face, on apprend que le prince charmant en question est un téléphone (à quoi servons-nous, nous les hommes, on se le demande...)
Mais attention, ce n'est pas un téléphone, c'est LE téléphone.

Motorola Princesse L6 Pink, c'est son nom. Son slogan : le vrai mobile de fille.

Ouf, sauvés nous sommes, il ne s'agit pas d'une publicité pour les femmes, mais pour les filles !

Donc déjà, les plus de 15 ans d'âge mental sont priées de s'abstenir.

Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres, celui-là, de toute façon ?

Il a un immense écran couleur.

Enfin j'imagine que si on le regarde de près (pour refaire son mascara), il a l'air immense, parce que bon c'est un téléphone portable, pas un home cinéma non plus (ça doit être à cause des nano technologies, depuis qu'on les a inventées, tout ce qui est visible à l'œil nu est immense).

Il fait quoi dans le vie le L6 Pink ? Hum ?

Il fait des photos, des vidéos et du bluetooth. Trop classe, non ? On va pouvoir en échanger des conneries avec les copines... En plus c'est un super argument de vente pour celles qui ne s'étaient pas rendues compte que tous les téléphones faisaient la même chose.

C'est un concentré de technologie, qu'ils disent. Bon à part de suggérer que ça serait vraiment « in » d'en avoir un, cette phrase toute faite ne sert pas à grand-chose pour cerner la bête.

Mais surtout il est ultra fin, c'est-à-dire plat. Là on est en plein Bimboland. Jusqu'à présent la bimbo était priée d'être plate dans trois catégories : le ventre, la conversation et l'encéphalogramme. Maintenant en voilà un quatrième : le téléphone. Sans doute parce que les concepteurs ont l'idée préconçue que les sacs des filles manquent perpétuellement de place. Du coup ça va être facile de le perdre au fond du sac et de se livrer à l'une des activités favorite de la bimbo, à savoir fouiller ostensiblement dedans.

Mesdemoiselles, si vous voulez un truc plat qui téléphone, achetez une carte.

J'espère qu'il ne l'ont pas fait format carte de crédit...

Enfin, dernière caractéristique, le L6 pink est, comme son nom l'indique, rose. Rose comme un bébé, alors adoptez-le, et n'ayez pas honte de l'appeler votre petit chéri d'amour, si du moins votre yorkshire n'est pas jaloux. En plus lui, contrairement à un vrai bébé, ne fait pas grossir.

Rose comme l'était sans doute votre première layette aussi, au cas où vous n'auriez pas compris qu'on veut absolument vous infantiliser.

Alors à moins que vous n'ayez le sens de l'humour, ce téléphone est réservé exclusivement à celles qui veulent faire durer leur adolescence et ne pas s'embarrasser avec toutes les choses tristes, sérieuses et ennuyeuses de la vie d'adulte.

A vous de voir.

Publié par Apache à 15:03:57 dans Vue d'en Haut | Commentaires (4) |

Marre... | 06 mai 2006

Ce que les français veulent...

Cette phrase est encore revenue cette semaine dans les interviews d'hommes politiques.

La scène : un homme ou une femme politique devant un ou plusieurs micros tenus par des journalistes. De la communication, donc. Avec tout ses attributs: on est propre sur soi, le sourire de la connivence aux lèvres, le contexte républicain (le perron de l'Elysée en arrière plan) ou "France profonde" (le salon de l'agriculture, la seule ferme au monde ou on peut marcher avec des chaussures en croco, à peu près aussi réaliste comme milieu rural que la ferme des célébrités) ou encore "révélation vague de fond qui va tout emporter" (la grande messe / kermesse du parti avec les figurants qui applaudissent).

La phrase aurait à la limite une légitimité s'il s'agissait d'un sociologue expliquant aux journalistes les conclusions qu'il tire d'une enquête approfondie sur le terrain.

Mais non, c'est la phrase d'un type qui explique aux français ce qu'ils veulent. C'est-à-dire que ce qu'il veulent, ce sont ses idées, celles que l'homme ou le femme politique ou son mouvement ont déjà élaborées de manière préconçue, dans leur coin, en écoutant leurs militants (et encore ce serait déjà bien), c'est-à-dire des gens d'ores et déjà d'accord philosophiquement avec eux. C'est pratique, il n'y a pas besoin de leur poser la question.

Avec des phrases comme ça, répétées des centaines de fois par an, pas étonnant que des idées comme « les Français veulent une société paternaliste » et « sont des assistés dans l'âme » soient si solidement ancrées.

Répétez un slogan assez longtemps et l'on croira à un phénomène sociologique, quand bien même il ne s'agit que d'un fait médiatique.
Je ne sais pas ce que les Français veulent. Je ne sais même pas si les Français existent sous la forme que les statistiques nous présentent.

Mais ce que je veux moi, en tant que citoyen, ce ne sont pas des grands agrégats (l'équilibre du budget, l'emploi, le niveau de vie, etc.) c'est qu'on arrête de me prendre pour un demeuré, qu'on ne décide pas à ma place ce qui est prioritaire et ce qui ne l'est pas dans ma vie, qu'on ne me dise pas qu'un problème n'existe pas alors que je le vis, qu'on ne me considère pas comme un numéro de dossier, que la personne au guichet ne me traite pas comme une merde, que mes initiatives ne se heurtent pas à des démarches à n'en plus finir, que mes impôts et mes taxes servent à quelque chose (que j'approuve tant qu'à faire), que l'état assume ses fonctions au lieu de se réfugier derrière le libéralisme et les privatisations, que l'on culpabilise autant les patrons délocalisateurs que les chômeurs peu motivés, qu'on arrête de tuer tout espoir à coup de « on n'y peut rien » et de statistiques, et surtout, surtout, qu'on arrête de nous infliger ces bourgeois hautains et leurs querelles de succession (il ne manque que les flingues pour avoir un bon vieux film mafieux), qu'on arrête de faire des hommes et femmes politiques des stars médiatiques et qu'on les mette un peu au pied du mur de leurs vacuité et de leurs contradictions.

S'ils doivent parler pour nous, s'ils en savent plus que nous, qu'ils énoncent un projet, et pas des
banalités apprises par cœur qu'ils ressortent du chapeau quand ils n'ont rien à dire (c'est à dire le plus souvent).

Publié par Apache à 09:31:30 dans Politique | Commentaires (0) |

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