40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.
Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.
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Bon faut que j'y aille. Pas que j'ai envie
remarquez : il n'y a pas plus là où je vais que là d'où je viens. Qu'elle
est lourde cette mallette ! Qu'est-ce que j'ai à faire, au bureau ?
J'en sais rien, mais je verrai bien une fois là-bas. Marrant comme les gens
semblent immobiles ! C'est moi qui dois aller vite, en fait !
Pénible cette lumière ! Pffff, je suis crevé.
Je vais encore traîner à rien faire au bureau jusqu'à 7 heures, j'irais bien me
coucher, non en fait, j'ai pas sommeil. Je suis vide c'est tout.
Bizarre comme les gens se ressemblent tous ici,
aussi anodins que des meubles. Ils ont besoin de vacances, ça se sent, ils
n'ont plus d'énergie. Tiens non, pas tous, elle sait où elle va, elle, et elle
y va vite. Et hop !
« Pardon ! Excusez-moi »
Et re-Hop.
« Pardon !Décidément ! »
Mmmmffff, c'est étrange...
Elle est douce cette lumière.
Je suis où, au fait ?
Publié par Apache à 15:28:30 dans Vue d'en Haut | Commentaires (13) | Permaliens
Le bras gauche tendu vers le bas, les muscles
rendus presque douloureux par la charge qu'il transporte, l'autre bras ballant,
attendant quoi faire, il marche. Pas de cette démarche allègre qui mène quelque
part, mais d'un pas qui indique le devoir de passer à l'étape suivante. Son
rythme rapide semble dicter aux secondes un rythme un peu plus rapide que la
normale : tic toc tic toc. En mode de pilotage automatique, rendu possible
par sa connaissance parfaite des lieux, il ne perçoit rien, ne dit rien, du
vide en déplacement.
Aux frontières de la conscience une étincelle, qui
devient un signe, puis un symptôme. Devant lui, l'obstacle se dresse sous la
forme d'un être aussi mobile que lui. Son œil évalue la distance, mesure
consciencieusement l'écart qui les sépare, estime la distance aux murs qui
l'entourent de gauche et de droite, entame un mouvement de contournement et...
Elle aussi. Une ultime correction avant la
collision le fait partir de l'autre et... Elle aussi. Freinage d'urgence,
mobilisation immédiate de la conscience pour réévaluer la situation, et les
secondes arrêtées qui attendent de repartir. Mais le moteur cale, noyé par un
regard, et le futur écrit, certain et gris s'éloigne en faisant de grands
signes : adieu et bon vent.
Publié par Apache à 15:26:48 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
Au milieu de ma ville natale coule une rivière,
comme dans beaucoup d'autres villes.
Un jour que je la longeais, pensif (comme souvent),
j'entendis de petits cris aigus venant de la berge en contrebas. A cet endroit
il y a des gravats et de la végétation assez épaisse. Me penchant en pensant
voir un petit chat perdu, j'aperçu deux fouines en train de se défier, sans
doute pour une question de territoire.
Deux fouines en pleine ville ! (En fait trois,
l'autre regardait de plus loin).
Deux jours après, l'une d'entre elles est même
entrée dans le bar que je fréquentais.
La beauté de la vie tient parfois à peu de chose.
Publié par Apache à 11:59:16 dans Vue d'en Haut | Commentaires (1) | Permaliens
Publié par Apache à 11:00:46 dans Politique | Commentaires (3) | Permaliens
Il y a dans la manière d'aborder le racisme dans la presse
et la politique quelque chose qui me dérange. Pas le principe bien sûr :
la pureté morale ou ethnique est une aberration éthique, biologique, politique,
économique et philosophique. C'est le plus sûr moyen de condamner une nation à
la disparition dans les brumes de l'histoire.
Non ce qui me dérange, ce sont les distinctions. Nos media
et nos hommes politiques ont progressivement développé un triptyque de notions
redondantes : antisémitisme, homophobie et racisme.
Pourquoi cette pléthore de vocabulaire pour un phénomène
bête et méchant au sens strict de l'expression? Je ne peux m'empêcher de penser
que cela crée une hiérarchie de l'abject. Il y aurait donc parmi les racismes
des cas particuliers lorsqu'ils touchent les juifs et les homosexuels. Youpin
et Pédé sont donc des injures différentes dans leur nature de Bougnoule ou
rital. Ah bon ? Pourquoi ? Clientélisme ? Fantôme de
l'Histoire ?
Pardonnez-moi mesdames et messieurs les victimes de ces
racismes qui se veulent particuliers, mais à laisser la démagogie et les
travers de langages journalistiques créer cette distinction, vous vous laissez
remettre sur la poitrine, à mon avis, des triangles roses et des étoiles
jaunes.
Distinguer les attaques dont vous êtes victimes de celles
contre les maghrébins, les africains, les asiatiques ou, parce que ça existe
aussi, les blancs, c'est vous positionner en supérieurs à ceux là. De quel
droit ? Et le discours revendicatif systématique légitimé par votre propre
exclusion n'est-il pas une accusation contre les « autres » ?
Donc du racisme latent.
Alors que vous devriez être solidaires de toutes les
victimes de la ségrégation pour que nous, tous ensemble, nous rendions le monde
meilleurs.
Vous ne lutterez pas, ni vous ni les autres, contre la
bêtise ambiante par des lois et des revendications identitaires et
particularistes, mais par la citoyenneté, le talent et l'intelligence.
Oui à la différence, non à la différenciation.
Continuons à laisser des communautés identitaires se
développer et un jour ou l'autre, elle se feront la guerre. Cela a d'ailleurs
déjà commencé.
Les enjeux politiques de quelques arrondissements parisiens
ne valent pas ça, mesdames et messieurs les politiques.
Publié par Apache à 16:05:28 dans Politique | Commentaires (5) | Permaliens
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