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Gargouilles

...et anges de pierre

Moi


40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.


Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.

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Page blanche | 10 décembre 2005


Ce matin, je suis revenu sur mon blog après une longue période d'absence.

D'autres choses à faire, une vie un tantinet chaotique, vous savez ce que c'est, le temps passe et on n'arrive plus à écrire, à imaginer même écrire. Bref, pas d'auto-lamentation, j'arrête là.
Donc ce matin, je découvre que les statistiques marchent enfin. Joie! Je consulte lesdites statistiques, m'attendant à quelques centaines de visites datant d'un certain temps, et là, surprise !
Il y a encore des gens qui viennent sur mon blog. (c'est presque aussi surprenant que de surprendre mes étudiants en train de m'écouter en cours ! :-))
Ils ont raison c'est un excellent blog ! :-) Non je rigole, je fais ce que je peux.
Re-joie, en tout cas (mais 70 % des statistiques sont fausses comme dirait l'autre).
Et soudain l'angoisse.
La culpabilité m'étreint, le sens des responsabilités me rattrape.
Il faut que j'alimente mes lecteurs (même furtifs et occcasionnels). Arg, l'angoisse de la page blanche.
Alors vous me direz, c'est facile d'écrire sur le fait qu'on n'arrive pas à écrire. Oui, c'est vrai.
Mais je m'engage solennellement: je reprends mon blog, avec au moins un texte par semaine.
C'est une période de défi. Ca n'en fait qu'un de plus.
A bientôt donc.
Et, s'il vous plaît, laissez des commentaires...
P... de statistiques.

Publié par Apache à 12:11:03 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Quand l'Entropie nous gagne... | 13 juillet 2005




Je travaille dans une zone industrielle assez isolée.
Toutes les semaines, je trouve dans le hall une enveloppe kraft à l'adresse manuscrite, non affranchie, contenant un hebdomadaire destiné à une société qui n'est pas domiciliée dans ce bâtiment et n'y a jamais été.
Le destinataire, contacté, dit recevoir ce magazine normalement par la poste toutes les semaines.
L'exemplaire qui gît dans le hall est donc surnuméraire, et le destinataire n'en a cure.
L'éditeur n'est pas au courant d'un contrat de livraison de son magasine selon cette modalité.
Récapitulons.
Il y a un type qui se déplace dans cette zone perdue, toutes les semaines, pour apporter à la mauvaise adresse un magazine qui n'intéresse pas son destinataire, le tout sans qu'aucun abonnement n'ai été souscrit qui lui dise de le faire.
Il y a un truc qui ne doit pas fonctionner.
Dans notre société managériale, organisée, optimisée, efficiente, informatisée, il semblerait que l'Entropie ait encore de l'avenir.


Publié par Apache à 17:30:24 dans Vue d'en Haut | Commentaires (1) |

premier envol | 07 juillet 2005



Ce matin, les jeunes moineaux de l'année prennent leur premier envol, dans les arbres devant le bureau. Encore hésitants, sur leurs ailes un peu courtes et ébouriffés, ils découvrent le monde en dehors du nid, sans doute émerveillés et apeurés à la fois.

Et moi pendant ce temps, je fais de l'informatique.
Il paraît que c'est important.
J'ai un peu de mal à y croire, soudainement.

Publié par Apache à 17:37:16 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Tristesse contemporaine | 01 juillet 2005

Il y a un type, dans un bar. Il vient tous les jours ou presque boire son café. C'est son prétexte. Ce qu'il cherche ? Pas une dose d'excitant, encore que c'est peut-être ce qu'il est convaincu de faire. Alors quoi ? Personne ou presque ne le regarde, et presque toujours furtivement. Personne ne lui parle et lui n'ose pas, ou si peu.
Il regarde les gens, comme ils se comportent : l'assurance orgueilleuse des uns, l'aisance des autres. Pas avec jalousie, mais avec douleur. Et il regarde les femmes, furtivement. Pas avec concupiscence, avec envie, avec désespoir. Son regard ne s'attarde pas, non par négligence ou désintérêt, mais parce qu'il a peur. Peur qu'on le surprenne, qu'on le fusille d'un regard noir, ou pire, d'une remarque assassine.
Il a un regard doux. Et si triste.
Il vit dans un monde qui vend du plaisir, de la joie, la liberté. Un monde qui affiche le bonheur d'être jeune, libre, aisé, et beau. Un monde qui lui a promis la complicité d'une âme sœur, l'affirmation du couple comme normalité, l'amour et la séduction comme marque de succès social. Et qui lui vend sans cesse les recettes pour en faire partie.
Ce monde ne tient pas ses promesses envers lui.
Il le condamne à un éternel pourquoi ? Pourquoi pas lui ? Quel crime a-t-il commis, lui comme des millions d'autres, pour être dans cet enfer de solitude ?
Un seul.
Dans ce monde d'apparence, il est laid.
Pire, il le sait.
Perdu dans ton monde de sensualité exposée à toutes les devantures, packagée, institutionnalisée par les modes vestimentaires, décrétée comme norme psychologique et comportementale, promue signe extérieur de disposition à l'amour (physique à défaut de réel), regardes-le.
Tu sauras alors quel crime ce monde mercantile commet, lui, tous les jours, envers l'âme de cet homme.


Publié par Apache à 12:07:05 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

La Faim | 28 juin 2005



J'ai faim.
C'est une douleur obsédante. Je sens mon esprit qui risque de lâcher sous les coups de boutoir de cette douleur, vers la folie.
Dans la rue, c'est la loi du plus fort, et je n'en fait pas partie. Je dois me contenter des quelques restes oubliés par mes congénères, et encore faut-il souvent se battre pour ces quelques miettes, à peine à même de repousser la faim de quelques heures. Pas d'avenir que le prochain repas, et c'est un avenir incertain.
J'ai parcouru le territoire de long en large, évitant les lieux où la présence des plus forts d'entre nous est
manifeste. De toute façon, il n'y a certainement plus rien à manger dans ces zones là, et beaucoup de coups à recevoir.
Peut-être certains se sont-ils avilis, mais ils sont en bonne santé, n'ont pas à se battre pour manger, et il n'est parfois pas si simple de savoir qui est le maître et qui est l'esclave.
Ce soir je tente ma chance. Repérer un des grands êtres, le suivre. Le mettre devant le fait accompli en franchissant d'un bond le pas de sa porte quand elle s'ouvrira. Lui montrer que je suis son ami, que je l'accepte comme le mien.
Ca y est, l'occasion s'est présentée.
Ils sont deux. Ils n'ont pas eu le temps de choisir de me laisser entrer ou non. Je suis devant chez eux, je leur montre toutes les marques de soumission que je connais. Mon estomac crie de pousser l'avantage plus loin. Mon orgueil lui, se révolte un peu.
L'un d'eux se tourne vers moi. Il semble doux et bien intentionné à mon égard ; L'aurais-je déjà apprivoisé ? Le second ouvre une autre porte. Je vais bondir. Mais le premier m'en empêche. Mince, je ne vais pas rester coincé si prêt du but : la chaleur, la nourriture, la sécurité. Je ne sais que faire, alors je continue à me laisser apprivoiser par le deuxième grand être. On ne sait jamais, la porte va peut-être se rouvrir.
Ca y est elle se rouvre, mais se referme trop vite et le second être m'a encore empêché d'entrer. Mais je n'en
ai plus cure : une odeur m'envahit, fait vibrer chacune des fibres de mon corps épuisé de faim. Une odeur de viande.
Plus rien d'autre ne compte. Le grand être que j'ai apprivoisé me montre le chemin à suivre pour atteindre la
nourriture. Je le suis. Le sol est dur et froid, mais je ne pense qu'à la viande. Enfin elle est là devant moi, et je me jette dessus avec toute l'impatience de ces jours sans pitance.
Quand j'ai terminé, trop vite, l'être est parti. Je suis de nouveau seul, dehors. Il m'a entraîné dehors et a refermé la porte pendant que je subissais la dictature de mon ventre. Mon estomac a empêché mon cerveau de se rendre compte de la manœuvre.
Mais bon, j'ai pris un repas. Ma tactique doit être bonne. Je recommencerai demain. Avec un grand être moins malin, j'espère.
Je suis un chat des rues.

Publié par Apache à 15:47:19 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

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