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Gargouilles

...et anges de pierre

Moi


40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.


Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.

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Attention | 20 avril 2007

Les élections, c'est dans deux jours et quelque chose me chagrine d'avance, à entendre les commentaires de l'homme de la rue, plus ou moins conscient des enjeux et des conséquences.

Personnellement, lors du référendum sur la constitution européenne, j'ai voté non, en partie parce que je ne supportais pas le discours faisant des crétins arriérés de ceux qui refuseraient cette avancée vers un avenir brillant qui nous était tout à la fois promis et présenté comme inéluctable.

Dans un peu plus de 15 jours, un nouveau président ou une nouvelle présidente sera élu(e). Ce ne sera peut-être pas celui ou celle de mon choix.

Ce ne sera même certainement pas celui ou celle préféré(e) par une majorité de Français (au mieux il ou elle représentera la population correspondant à son score du premier tour). Mais même si ce (cette) président(e) incarne un risque de sombrer pour notre nation, même si certains s'inquiètent tantôt d'un risque de perte de démocratie, tantôt d'un refus dangereux de changer les choses, il ou elle aura la même légitimité que ses prédécesseurs.

Alors même si ceux qui se sentiront lésés auront le droit de rester vigilants, je n'aimerais pas voir exploser une violence au nom de la soi-disant défense de la démocratie ou des droits.

Même si le choix est celui dont on pense qu'il puisse être un des pires, il ne faudra pas faire de délit de faciès, ni de procès d'intention. Le président ou la présidente qui sortira des urnes le sera de par le choix et la responsabilité d'une majorité de votants au deuxième tour.

Contester d'emblée ce choix serait les traiter de crétins eux aussi, serait considérer que "ces c... n'ont rien compris".

Alors parce que je me souviens ne pas avoir apprécié d'être traité de c... auparavant, je respecterai ce choix s'il ne me plaît pas, pour ne pas avoir à me dire que je n'accorde pas aux autres la liberté d'opinion que j'ai revendiquée précédemment.

Bien sûr je resterai vigilant.

Bien sûr je ne laisserai pas faire n'importe quoi, le cas échéant, dans la mesure de mes moyens.

Mais je sais aussi que si je manifeste ma colère et mon opposition le lendemain de l'élection, sur les présupposés que je peux avoir sur l'élu(e), je ne serai qu'un râleur n'acceptant pas le jeu démocratique, et je n'aurai dès lors plus aucune légitimité à m'insurger le jour où il le faudra vraiment.

J'espère que, si ceux qui ont dit non à la constitution européenne sont déçus ou inquiets à l'issue du second tour, ils auront le sang froid nécessaire pour ne pas s'insurger trop tôt. PS: ce texte est consécutif à un certain nombre de discours entendus ces jours-ci, de la part de gens d'opinions très diverses, mais généralement contestataires.

Publié par Apache à 19:54:50 dans Politique | Commentaires (0) |

Bimboland Telecom | 05 juin 2006

Ca faisait longtemps que je n'avais pas trouvé une carte à pub qui me fasse rigoler, mais celle-là est pas mal dans le genre.

Côté pile, une jolie blonde en tenue mi-fée clochette, mi-mariée prend son air le plus éthéré pour célébrer l'arrivée du Prince charmant, dont on ne connaît rien à ce stade.

Côté face, on apprend que le prince charmant en question est un téléphone (à quoi servons-nous, nous les hommes, on se le demande...)
Mais attention, ce n'est pas un téléphone, c'est LE téléphone.

Motorola Princesse L6 Pink, c'est son nom. Son slogan : le vrai mobile de fille.

Ouf, sauvés nous sommes, il ne s'agit pas d'une publicité pour les femmes, mais pour les filles !

Donc déjà, les plus de 15 ans d'âge mental sont priées de s'abstenir.

Qu'est-ce qu'il a de plus que les autres, celui-là, de toute façon ?

Il a un immense écran couleur.

Enfin j'imagine que si on le regarde de près (pour refaire son mascara), il a l'air immense, parce que bon c'est un téléphone portable, pas un home cinéma non plus (ça doit être à cause des nano technologies, depuis qu'on les a inventées, tout ce qui est visible à l'œil nu est immense).

Il fait quoi dans le vie le L6 Pink ? Hum ?

Il fait des photos, des vidéos et du bluetooth. Trop classe, non ? On va pouvoir en échanger des conneries avec les copines... En plus c'est un super argument de vente pour celles qui ne s'étaient pas rendues compte que tous les téléphones faisaient la même chose.

C'est un concentré de technologie, qu'ils disent. Bon à part de suggérer que ça serait vraiment « in » d'en avoir un, cette phrase toute faite ne sert pas à grand-chose pour cerner la bête.

Mais surtout il est ultra fin, c'est-à-dire plat. Là on est en plein Bimboland. Jusqu'à présent la bimbo était priée d'être plate dans trois catégories : le ventre, la conversation et l'encéphalogramme. Maintenant en voilà un quatrième : le téléphone. Sans doute parce que les concepteurs ont l'idée préconçue que les sacs des filles manquent perpétuellement de place. Du coup ça va être facile de le perdre au fond du sac et de se livrer à l'une des activités favorite de la bimbo, à savoir fouiller ostensiblement dedans.

Mesdemoiselles, si vous voulez un truc plat qui téléphone, achetez une carte.

J'espère qu'il ne l'ont pas fait format carte de crédit...

Enfin, dernière caractéristique, le L6 pink est, comme son nom l'indique, rose. Rose comme un bébé, alors adoptez-le, et n'ayez pas honte de l'appeler votre petit chéri d'amour, si du moins votre yorkshire n'est pas jaloux. En plus lui, contrairement à un vrai bébé, ne fait pas grossir.

Rose comme l'était sans doute votre première layette aussi, au cas où vous n'auriez pas compris qu'on veut absolument vous infantiliser.

Alors à moins que vous n'ayez le sens de l'humour, ce téléphone est réservé exclusivement à celles qui veulent faire durer leur adolescence et ne pas s'embarrasser avec toutes les choses tristes, sérieuses et ennuyeuses de la vie d'adulte.

A vous de voir.

Publié par Apache à 15:03:57 dans Vue d'en Haut | Commentaires (4) |

Marre... | 06 mai 2006

Ce que les français veulent...

Cette phrase est encore revenue cette semaine dans les interviews d'hommes politiques.

La scène : un homme ou une femme politique devant un ou plusieurs micros tenus par des journalistes. De la communication, donc. Avec tout ses attributs: on est propre sur soi, le sourire de la connivence aux lèvres, le contexte républicain (le perron de l'Elysée en arrière plan) ou "France profonde" (le salon de l'agriculture, la seule ferme au monde ou on peut marcher avec des chaussures en croco, à peu près aussi réaliste comme milieu rural que la ferme des célébrités) ou encore "révélation vague de fond qui va tout emporter" (la grande messe / kermesse du parti avec les figurants qui applaudissent).

La phrase aurait à la limite une légitimité s'il s'agissait d'un sociologue expliquant aux journalistes les conclusions qu'il tire d'une enquête approfondie sur le terrain.

Mais non, c'est la phrase d'un type qui explique aux français ce qu'ils veulent. C'est-à-dire que ce qu'il veulent, ce sont ses idées, celles que l'homme ou le femme politique ou son mouvement ont déjà élaborées de manière préconçue, dans leur coin, en écoutant leurs militants (et encore ce serait déjà bien), c'est-à-dire des gens d'ores et déjà d'accord philosophiquement avec eux. C'est pratique, il n'y a pas besoin de leur poser la question.

Avec des phrases comme ça, répétées des centaines de fois par an, pas étonnant que des idées comme « les Français veulent une société paternaliste » et « sont des assistés dans l'âme » soient si solidement ancrées.

Répétez un slogan assez longtemps et l'on croira à un phénomène sociologique, quand bien même il ne s'agit que d'un fait médiatique.
Je ne sais pas ce que les Français veulent. Je ne sais même pas si les Français existent sous la forme que les statistiques nous présentent.

Mais ce que je veux moi, en tant que citoyen, ce ne sont pas des grands agrégats (l'équilibre du budget, l'emploi, le niveau de vie, etc.) c'est qu'on arrête de me prendre pour un demeuré, qu'on ne décide pas à ma place ce qui est prioritaire et ce qui ne l'est pas dans ma vie, qu'on ne me dise pas qu'un problème n'existe pas alors que je le vis, qu'on ne me considère pas comme un numéro de dossier, que la personne au guichet ne me traite pas comme une merde, que mes initiatives ne se heurtent pas à des démarches à n'en plus finir, que mes impôts et mes taxes servent à quelque chose (que j'approuve tant qu'à faire), que l'état assume ses fonctions au lieu de se réfugier derrière le libéralisme et les privatisations, que l'on culpabilise autant les patrons délocalisateurs que les chômeurs peu motivés, qu'on arrête de tuer tout espoir à coup de « on n'y peut rien » et de statistiques, et surtout, surtout, qu'on arrête de nous infliger ces bourgeois hautains et leurs querelles de succession (il ne manque que les flingues pour avoir un bon vieux film mafieux), qu'on arrête de faire des hommes et femmes politiques des stars médiatiques et qu'on les mette un peu au pied du mur de leurs vacuité et de leurs contradictions.

S'ils doivent parler pour nous, s'ils en savent plus que nous, qu'ils énoncent un projet, et pas des
banalités apprises par cœur qu'ils ressortent du chapeau quand ils n'ont rien à dire (c'est à dire le plus souvent).

Publié par Apache à 09:31:30 dans Politique | Commentaires (0) |

Bavardages | 21 avril 2006

Parler de la pluie et du beau temps : ne rien se dire, échanger des banalités.

Exemples.

« Les vacances ? 40° à l’ombre pendant un mois. GE-NIAL. Et vous ? La canicule ? Vous avez du souffrir ! »

Sous-titrage : pendant que des blaireaux dans ton genre marinaient dans leur jus, moi et mon ego étions loin du quotidien, à jouer à la pétanque avec d’autres blaireaux, mais d’ailleurs, des blaireaux exotiques, donc plus intéressants. J’ai les moyens, la belle vie, des projets. Je ne suis pas condamné à adresser la parole à Madame Gonzalez la concierge au mois d’août, moi !

Sous-titrage deuxième niveau : ça t’apprendra à faire l’intéressant quand on se croise dans les escaliers, que tu me tiens la jambe pendant des plombes pour me parler de toi.

Epilogue : faut qu’il abrège : rendez-vous chez le dermato pour ce coup de soleil géant qui le fait souffrir un martyr.


« Il va pleuvoir, mon dos me fait souffrir ».

Sous-titrage premier niveau : si vous voulez je vous raconte ma vie.

Sous-titrage premier niveau alternatif : je te vois venir, tu vas me demander de sortir les poubelles !

Sous-titrage deuxième niveau : faites attention à moi, moi aussi j’ai des problèmes mais les journalistes de voici ne sont pas intéressés !

Sous-titrage Troisième niveau : j’ai le droit d’être acariâtre, bête et méchant. De toute façon on ne tape pas sur un blessé ? Non ?

Epilogue : aller se plaindre au bar des anciens de la marine que les jeunes aujourd’hui ne font plus attention aux gens qui les entourent. Ca peut rapporter une tournée, ça.

 

Vous pensez toujours que c’est parler pour ne rien dire ?

Le bulletin météo est l’émission télé la plus regardée.

Publié par Apache à 08:27:44 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

Paradoxe moderne | 12 avril 2006

Pour relancer l’emploi, il faut de la croissance.
Pour avoir de la croissance, il faut que les gens consomment.
Les gens rêvent de consommer du loisir.

Donc,

Plus les gens consommeront de loisirs, plus ils travailleront,
N’ayant plus le temps pour leurs loisirs,
Donc la consommation s’effondrera,
Donc le chômage va monter…

 C’était juste un clin d’œil à certaines explications en apparence pleines de bon sens mais en définitive simplistes que nous assènent avec grand sérieux nos grands spécialistes de la conjoncture.

Publié par Apache à 21:23:55 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) |

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