40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.
Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.
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<< Mes bien chers frères... | Obama, et maintenant... |
Alors voilà, c'est fait, comme l'indiquaient tous les sondages depuis deux mois et nonobstant le fait que tout le monde a voulu se faire des films, Barack Obama est bel et bien président des Etats-Unis.
Passons rapidement sur l'irréalité de
De toute manière difficile de savoir ce que fera Barack Obama. Passés les discours de campagne à destination des électeurs américains (discours conservateurs dans les états conservateurs, progressistes dans les états progressistes, etc.), le plan d'ensemble de sa politique est pour le moment très largement une inconnue.
L'élection du sénateur de l'Illinois est une bonne chose sur de nombreux points : Barack Obama montre que l'Amérique a encore réussi à donner à l'un de ses fils l'opportunité de s'élever par son talent et sa force de caractère, ce dont il ne manque certainement pas. Son héritage familial en fait un trait d'union idéal entre communautés blanches et noires, un ciment symbolique fort de la nation, au moment où des relents de racisme (anti-asiatique il est vrai pour l'essentiel) pointent le bout de leur nez dans certaines zones de l'Amérique. Son image de marque à l'étranger augure bien de la restauration d'un réel Soft Power Américain dans les relations internationales. L'état de grâce a commencé, et Obama aura certainement une influence sur la scène internationale, en tant que force de proposition, bien supérieure à celle de son prédécesseur. Il est aussi, et surtout, un symbole de changement et d'espoir bien légitime après un second mandat de Georges Bush perçu quasi-unanimement comme désastreux.
Pourtant tout n'est pas rose, loin de là. L'élection d'un président métis mais perçu comme noir dans les medias et l'opinion publique risque de générer des attentes folles de la part des communautés, afro-américaines en particulier, avec des revendications sociales et politiques venant soudain avec force sur le devant de la scène, notamment d'un électorat noir dont on peut penser qu'il est en partie animé par le sentiment de l'éternelle revanche sur l'esclavage et la non moins éternelle attente d'une justice qui ne peut pas, se ce n'est dans la mémoire collective, lui être rendue. Comment Obama fera face à cette montée très probable de la question raciale et communautaire sur la scène politique américaine ? Comment empêchera-t-il les blancs de se sentir menacés si ces revendications atteignent une forte intensité ? Et les autres minorités ? Comment dira-t-il non, lorsque ce sera nécessaire, à ceux qui le voient comme leur messie à la fois rédempteur et justicier ?
Obama arrive à la tête d'une Amérique affaiblie, désindustrialisée, délégitimée, isolée, surendettée, paupérisée même en certains endroits. Aura-t-il les moyens du changement ? Si oui, saura-t-il le mener pour tous sans trop toucher à un modèle sociétal approuvé massivement par la nation américaine ? Saura-t-il le mener pour tous sans spolier des communautés au profit des autres ? Si non, sera-t-il surmonter l'inévitable déception que cela entraînera ? Saura-t-il montrer à ses partenaires à l'international que sa volonté de diplomatie n'est pas une faiblesse dont ils peuvent espérer profiter (je pense à l'Iran surtout, mais aussi à la Russie), sans retomber dans les travers de l'usage de la force ?
L'Amérique (et le Monde derrière elle) est passée de désillusions en désillusions depuis presque 20 ans. La fin de
La route est longue et votre bagage bien lourd de tous ces espoirs, Monsieur le Président. Je vous souhaite beaucoup de courage et bonne chance.
Publié par Apache à 13:30:06 dans Politique | Commentaires (0) | Permaliens
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