40 ans
Bipède anthropomorphe doté d'un lobe frontal plus développé
que chez les autres grands singes, ainsi que de pouces opposables.
Pas toujours en phase avec lui-même.
Grenoblois d'adoption et haut-savoyard de naissance et de coeur.
Doctorant en relations internationales.
Lecteur, joueur de rôles et de wargames.
Apprentis theâtreux.
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S'il y a bien un groupe social qui incarne dans l'imaginaire collectif la paix, l'unité et la solidarité, l'engagement désintéressé de ses membres et l' « Amour », c'est bien l'idée de famille.
Quoi d'étonnant alors que dans le discours diplomatique, tout rapprochement entre deux nations provoque une surenchère de déclaration de Fraternité. Quoi d'étonnant alors que la paix sociale soit assuré au sein même d'une société par cette même Fraternité.
Et je passe la terminologie familiale du clergé (frère, sœur), le discours humanitaire sur nos frères humains, le « mes frères » des prédicateurs et des apôtres, etc.
Pourtant à bien y regarder, la familiarité a dans son discours quelque chose d'inquiétant.
On ne refuse rien à sa famille, et notamment à ses frères. La mère patrie ne se trahit pas, quelques soient les orientations prises par ses dirigeants. La père est la sagesse (le Saint Père notamment ?) incarné que l'on doit suivre, sous peine d'anathème teinté de (fausse) tristesse pour le fils dévoyé.
Liberté, Egalité, Fraternité : l'ordre est important : rejoignez-nous, vous serez libre, acceptez les règles, elles vous rendront égaux, et si nous échouons dans notre promesse, pas de révolte: nous sommes frères.
Que dire des pays frères de l'ancienne URSS ? (les Russes sont-ils nos amis ou nos frères, demandaient les Polonais ? Nos frères, car on choisit ses amis).
Que dire aussi de la puissance coercitive, de la capacité de légitimation de tous les sacrifices demandés à ses employés par des entreprises qui ont, depuis longtemps, valorisé leur propagande en termes de famille ? (le langage « corporate »).
Contredire sa famille, c'est trahir. C'est au-delà de la divergence d'opinion. C'est condamnable. Alors le cadre ou l'ouvrier qui fait ses heures (et pas plus) est un traître. Le « cousin » qui dans la rue (c'est étonnant comme la jeunesse de banlieue s'est découvert tout d'un coup une structure de famille) refuse le service, l'euro, le prêt de la voiture ou du téléphone portable, est un traitre. Le religieux qui met en doute le dogme de sa communauté est un hérétique.
C'est étonnant comme le tutoiement, loin d'être un signe de familiarité, est utilisé aujourd'hui dans des circonstances très diverses pour signifier l'obligation de l'autre envers soi (c'est au sein de la famille réelle ou de cœur que l'on se tutoie, au départ).
Le discours quotidien (hors contexte, je précise) sur la famille est un discours violent, fascisant et oppressant, pas du tout sécurisant. Il n'y a qu'à voir comment les obligations de familles poussent les individus au silence face aux agissements de leurs proches, comment elles génèrent les vendettas, comment le terrorisme même se nourrit de ses liens de famille fictifs ou réels, comment elle entraîne les guerres civiles. Il n'y a qu'à se souvenir que l'organisation familiale de pouvoir typique est la mafia, pour comprendre que la violence, la privation de liberté, la guerre quotidienne, psychologique voire économique, se cache sous les atours d'un discours pacifié, sécurisant, intégratif.
Publié par Apache à 16:24:43 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
(...) Tout ça (les prix de théâtre) c'est de
La plupart de ces pièces n'ont même pas besoin de vrais comédiens elles peuvent être réalisées avec les dilettantes les plus ordinaires, qui sont prêts à croire à ces concepts imbéciles.
Vous les pseudo-professionnels, vous avez cessé d'aimer honnêtement le théâtre, comme des enfants innocents, vous avez vendu votre âme à cinq metteurs en scène et à cinq critiques qui n'ont aucune idée de ce qu'est le vrai théâtre.
Vous avez renoncé aux bons textes et avez accepté des montages absurdes, vous avez renoncé au jeu d'acteur et avez accepté des « interprétations » idiotes qui chassent le public des théâtres. Vous avez accepté que d'autres vous expliquent ce qui est bon et ce qui est mauvais.
(...) Je suis pour un théâtre moderne, car chaque pièce moderne, chaque texte moderne, après seulement quelques années devient classique. Je suis contre le théâtre qui sacrifie à la mode, parce que les choses à la mode, si ce n'est pas tout de suite, se révèlent dénuées de sens en tous cas au bout de quelques années.
Je n'ai rien contre les pièces mauvaises ou médiocres. Selon les lois mathématiques, il doit y en avoir dans toutes les saisons et tous les théâtres, mais je suis contre les pièces sans sens, dont on sait d'avance qu'elles seront sans sens. Chez nous les gens ne savent pas différencier le moderne de ce qui est à la mode, car ces choses là ce ne sont pas les gens du métier qui arbitrent, mais des charlatans.
Miro Gavran
Quand un comédien meurt.
1994.
Publié par Apache à 10:26:33 dans Vue d'en Haut | Commentaires (0) | Permaliens
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